Le gouvernement dévoile ses mesures contre l' »apartheid social », logement en tête

vendredi 6 mars 2015

Deux mois après les attentats de janvier, le gouvernement a dévoilé vendredi ses pistes pour raviver le lien à la République dans les quartiers sensibles, en s’appuyant sur l’éducation et surtout le logement pour casser l’effet ghetto. Après le volet justice/sécurité et la citoyenneté à l’école, et avant un comité interministériel le 13 mars centré sur les zones rurales, le gouvernement poursuit sa campagne pour l’égalité et la citoyenneté, thème du comité interministériel de vendredi. « La France fait face à un profond malaise social et démocratique », a affirmé le Premier ministre Manuel Valls, en réemployant le terme d' »apartheid » qu’il avait déjà utilisé pour décrire la situation dans les quartiers sensibles.
Sur le logement, l’idée est de casser les ghettos en obligeant d’une part les villes récalcitrantes à respecter leurs obligations de logements sociaux, et d’autre part à ne pas concentrer les pauvres dans les quartiers sensibles. 
Les préfets devront ainsi monter au créneau pour faire respecter la loi SRU (Solidarité et rénovation urbaine), qui impose la construction de 25% de logements sociaux aux communes de plus de 3.500 habitants. Hors près de 220 ne la respectent pas.
Au-delà des sanctions déjà prévues par la loi, ils seront incités à se substituer à la commune pour la délivrance de permis de construire ou à la préemption d’immeubles ou de logements existants dans le but d’en faire des logements sociaux. « Il faut arrêter d’ajouter de la pauvreté à la pauvreté », a fait valoir le Premier ministre.
A tout ce qui renforce l’effet ghetto devra être évité: dans ce domaine, la mesure phare concerne les bénéficiaires du Droit au logement opposable (Dalo), puisque les plus modestes d’entre eux ne pourront plus être relogés dans les 1.500 quartiers concernés pas la politique de la Ville.
Dans la même logique, les logements détruits dans le cadre de la rénovation urbaine devront être reconstruits en priorité dans d’autres quartiers.
 
« Pas un énième ‘plan Marshall’ »
 
D’autres pistes sont lancées: permettre aux bailleurs sociaux de moduler les loyers afin de loger des ménages modestes en zone aisée, ou faire remonter le pilotage du logement social au niveau du regroupement de communes. « Tout se tient », fait-on valoir à Matignon, en soulignant qu’il fallait que tous les acteurs du logement social jouent le jeu.
Manuel Valls a chiffré « autour d’un milliard d’euros » pour les trois prochaines années le coût des mesures annoncées vendredi, mais hors emploi et éducation. 
Mais il ne s’agit pas d’un énième « nouveau plan » ou « plan Marshall » pour les banlieues, a-t-il insisté. Du « Développement social des quartiers » en 1982 au plan « Espoir banlieues » en 2008, les programmes se sont en effet succédé sans parvenir à résorber les « ghettos » urbains.
« Tout ne se règlera pas à coup de millions supplémentaires », a fait valoir Manuel Valls, affirmant qu’il fallait surtout « de la volonté, de la détermination, de l’opiniâtreté ».
Dans le détail, 100 millions d’euros seront débloqués pour les associations intervenant dans les quartiers sensibles. L’agence de rénovation urbaine verra une partie de ses financements (1 milliard sur 5) débloquée plus rapidement.
Sur le volet éducatif, le comité a dévoilé une série de mesures dont beaucoup s’inscrivent dans une dynamique déjà connue: modification de la carte de recrutement scolaire pour les collèges, scolarisation accrue des moins de trois ans dans les zones très prioritaires (50% d’ici 2017, avec la mobilisation de 800 enseignants), incitation à l’avancement des enseignants après un passage en établissement difficile…
Dans chaque collège REP+, un poste d’infirmier et un poste d’assistant social seront prévus, et l’apprentissage du français sera renforcé à la maternelle.
Un volet numérique est également prévu, avec une offre de formations courtes dans les quartiers sensibles et une certification « grande école du numérique ».
 
AFP

lebororo 2015-03-06 13:17:00
Pourquoi on ne dit pas en français "développement séparé" au lieu de "apartheid"?
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