Le gouvernement dévoile vendredi ses pistes contre l' »apartheid » des quartiers sensibles

mercredi 4 mars 2015

Deux mois après les attentats de janvier, le gouvernement dévoile vendredi de premières pistes pour lutter contre l' »apartheid » des quartiers sensibles, un chantier titanesque suscitant des attentes très fortes.
Annoncé début février, le conseil interministériel sur « l’égalité et la citoyenneté » de vendredi veut « lancer une dynamique » autour des principaux maux des quartiers sensibles : logement, développement économique, éducation et citoyenneté, assure-t-on au ministère de la Ville.
En visite à Courcouronnes (Essonne) mi-février, Manuel Valls avait réemployé le terme d' »apartheid » qu’il avait utilisé « à dessein » après les attentats de janvier pour décrire la situation de ces quartiers, « éveiller les consciences et parler des sujets que certains ne veulent pas voir ». « Un grand nombre de citoyens ont le sentiment d’être des citoyens de seconde zone », avait-il ajouté.
Les derniers arbitrages devaient être rendus mercredi soir, mais « il ne s’agit surtout pas d’un énième plan banlieues », assure-t-on de source proche du dossier. Du Développement social des quartiers en 1982 au plan Espoir banlieues en 2008, les programmes se sont en effet succédé sans parvenir à résorber les « ghettos » urbains, qui se concentrent aujourd’hui sur une centaine de quartiers en très grande difficulté.
Sur le logement, gros morceau attendu du programme, il s’agit de trouver les moyens d’améliorer la mixité sociale dans les quartiers difficiles – serpent de mer de la politique de la Ville, et revenu sous le nom de « peuplement » dans le contexte post-attentats.
Le principal outil à la disposition des pouvoirs publics est la loi SRU (Solidarité et rénovation urbaine), qui impose la construction de 25% de logements sociaux aux communes de plus de 3 500 habitants.
Selon un rapport provisoire publié en février, deux-tiers des communes ont rempli leurs objectifs sur la période 2011-2013 (le plafond n’était alors que de 20%). Mais cela masque une forte concentration de populations pauvres dans certaines villes. Surtout, il reste des communes récalcitrantes, dont 215 ont fait l’objet d’un « arrêté de carence » de la part du préfet.
Chacun s’accorde sur l’idée qu’il faut plus effectivement sanctionner. « Le préfet va devoir montrer les dents » assure-t-on au ministère de la Ville, et avoir une lecture moins bienveillante des circonstances exceptionnelles permettant d’échapper aux sanctions financières.

AFP

      Edition abonnés
      Le vote

      Le Kitesurf :

      Loading ... Loading ...
      www.my-meteo.fr
      Météo Tahiti Papeete