Le groupe mexicain Aquakita prêt à investir au fenua

    vendredi 22 mai 2015

    C’est pour Jean-Louis Grégori, promoteur et propriétaire en difficulté du golf de Moora, un grand “ouf” de soulagement. Les rencontres, les propositions diverses d’Américains ou de Chinois, dont la dernière visite en date remonte à moins d’une semaine, tout cela est balayé pour être concrètement remplacé par la SAS locale Paradise Parks. Il s’agit d’une nouvelle filiale de Aquakita, premier leader mondial des parcs aquatiques, et qui a également des activités dans l’immobilier et l’hôtellerie, ainsi que des relations étroites avec compagnies aériennes et tour-opérateurs. Aquakita fait également partie du pool d’investisseurs du Mahana Beach, où la société doit construire un “village polynésien”.

    Excellente nouvelle  pour la population de Moorea

    Javier Perez, P-DG d’Aquakita, et son bras droit, Rody Sanchez de Miguel, directeur du développement international, ont fait le déplacement. Arrivés mercredi soir au fenua, les deux hommes, accompagnés du responsable de Paradise Parks, Patrick Genet, qui est sur le point de devenir de fait le nouveau patron du golf de Temae, ainsi que de l’avocat Arcus Usang et de l’architecte Mathieu Ambert, étaient, hier matin, au club house du golf pour signer avec Jean-Louis Grégori une convention de partenariat et d’investissement.
    Une excellente nouvelle pour tous les golfeurs, certes, mais aussi pour la population de Moorea et surtout pour l’économie du Pays, alors qu’il y a encore quelques jours, la mise en liquidation paraissait la seule issue possible.

    Et il était temps. La South Pacific Golf Resort and Développement (SPGRD, société gérante du golf de Temae) est en redressement judiciaire depuis le 23 février 2013. Le tribunal de commerce avait fixé la date butoir pour la liquidation du golf au 6 juillet.
    Le 8 avril, Jean-Louis Grégori avait même réuni ses 25 employés pour leur indiquer que le plan de continuité qu’il avait présenté au tribunal de commerce serait refusé et qu’il cessait le paiement des salaires et de l’entretien. Les employés du golf avaient décidé d’attendre en espérant une reprise par un investisseur extérieur.

    Ainsi, l’accord passé hier prévoit que Jean-Louis Gregori conserve 49 % des parts et prenne une participation dans un autre projet de Paradise Parks à Mahina ; le groupe mexicain, dont les fonds pour ce projet proviennent d’investisseurs russes, prend 51 % et cautionne les dettes du golf de Moorea.
    Il a d’ailleurs déjà versé des fonds pour garantir la transaction, sur laquelle le pool bancaire qui détient la dette du golf, mené par la Banque de Tahiti, a donné son accord de principe. De fait, la convention intègre ainsi les nouveaux investisseurs et leur argent frais dans le plan de continuation, qui doit être homologué le 6 juillet par le tribunal de commerce.
    Malgré la visite d’investisseurs chinois sur le site, la semaine dernière, l’affaire est en réalité faite depuis le 30 avril, lorsque Jean-Louis Gregori et Javier Perez se sont rencontrés à Toulouse, siège de la société de Jean-Louis Gregori.

    Plus de sept milliards d’investissement

    “Ils ont entendu parler du produit, ils sont venus me voir, ils m’ont dit qu’ils étaient intéressés, et puis c’est tout. Le rendez-vous a été pris tout récemment pour une signature”, raconte-t-il.
    Rody Sanchez de Miguel évoque un investissement global d’environ 60 millions d’euros (7,14 milliards de francs). Les dépenses seront engagées pour, en premier lieu, le maintien de l’activité du golf, et rapidement la construction de l’hôtel sur la base du projet d’hôtel Warwick, déjà envisagé dès les premiers coups de pelleteuse sur le golf dans les années 2000, et d’un permis de construire déjà
    délivré.

    “Le projet sera réadapté aux nécessités d’aujourd’hui. Mais sans hôtel, ce n’est pas un business”, assène Rody Sanchez.
    Il s’agirait de 153 chambres, semblables, mais qui proposeraient deux niveaux de service : cinq étoiles pour la clientèle “golf” internationale, ou trois étoiles pour une clientèle plus locale.

    S’ajouteraient à ce complexe hôtelier de condominiums, côté montagne au-dessus du golf, et des villas, sur la lagune de Temae. Naturellement, le complexe inclurait aussi un centre aquatique spécifique, style “parcours de santé”.
    À quand le démarrage de ces travaux ? “Le plus rapidement possible”, répond Rody Sanchez de Miguel. “Moorea, comme notre projet de Mahina, est un dossier prioritaire. Celui du Mahana Beach, qui n’est pas encore tout à fait prêt, viendra en troisième position.”
    Hier matin, après avoir obtenu quelques explications des projets signés par Jean-Louis Grégori, le groupe a effectué une visite de terrain avant la signature officielle du protocole d’accord.
    De retour à Tahiti, les représentants de Aquakita et Paradise Parks ont rencontré Michel Monvoisin, P-DG d’Air Tahiti Nui et PCA de Tahiti Tourisme. Ils ont ensuite rendu une visite de courtoisie au président du Pays Édouard Fritch en fin d’après-midi. Ce dernier leur a exprimé son soutien et son accord pour repousser à 2017 la validité de l’agrément de défiscalisation locale, qui arrive normalement à échéance au 31 décembre de cette année ; dans ces conditions, l’agrément concernant la défiscalisation nationale devrait également être acquis.
    Rody Sanchez de Miguel et Patrick Genet espèrent maintenant le dénouement des procédures administratives et bancaires. Prochaine étape le 6 juillet, où le tribunal de commerce doit statuer sur le nouveau plan de continuation.

    De notre correspondant Jeannot Rey avec Caroline Perdrix à Papeete

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