Le livre océanien encore trop méconnu

    mercredi 25 mars 2015

    La crise est bien là avec une surface d’exposants au Salon du livre de Paris qui accuse le coup, une nocturne – pourtant fort appréciée – annulée en dépit d’auteurs tout aussi nombreux et des éditeurs un peu moins ou bien plus frileux. Cependant, le choix des éditions papier reste vaste face à l’électronique qui peine quelque peu à percer. 
    Quant à l’outre-mer, le catalogue reste très complet et s’offre quelques nouveautés. Pour la Polynésie française, si seuls Flora Devatine et Teheiura Teahui signaient leurs œuvres api, ils ont été entourés de visiteurs fidèles comme Michèle de Chazeaux, Chantal Spitz, Paule Laudon, Dominique Morvan ou encore Wallès Kotra, Antoine Kombouaré, Nicolas Kurtovitch et Frédéric Angleviel pour les Néo-calédoniens.
    François Hollande, Manuel Valls, Fleur Pellerin (Culture), Annick Girardin (Francophonie), Anne Hidalgo (maire de Paris) ont frôlé voire même traversé les stands ultramarins sans s’y arrêter. Seule George Pau-Langevin s’est accordée une longue visite pour dialoguer avec auteurs et éditeurs. 
    Le président de l’association des éditeurs de Tahiti et ses îles, Christian Robert, s’est entretenu avec la ministre, qui a salué Teheiura, Kombouaré et Kurtovitch. “Dans les îles, les librairies vont mal, a constaté la ministre. Déjà le marché est étroit et les gens ne lisent pas énormément. Il faut peut-être qu’on réfléchisse sur ce qu’est le livre numérique et il faut qu’on travaille sur les dépôts car y expédier des livres de et vers l’outre-mer, ça coûte très cher. Fleur Pellerin doit passer et l’on va la sensibiliser à ces questions. C’est vrai que nos auteurs n’ont pas le retentissement qu’ils pourraient avoir.” 
    S’agissant de l’Océanie, George Pau-Langevin remarque : “Je me rends compte que la production du Pacifique est importante et c’est dommage parce qu’on ne la connaît pas suffisamment. Là, je viens de prendre des livres, cela me donne envie de mieux connaître. Et pour connaître un pays il faut le comprendre à travers sa littérature ou sa poésie”.

    La cuisine qui rapproche

    De son côté, Flora Devatine a sensibilisé la ministre de l’Outre-mer sur le fait que, dans certaines universités, il semble qu’il y ait une baisse des crédits d’enseignement de la littérature française comparée.
    Pour sa part, Christian Robert reconnaît que si l’inspiration ne manque pas à de nombreux auteurs qui sollicitent les éditeurs polynésiens, ces derniers ne peuvent actuellement choisir que ceux qui permettront un équilibre économique. 
    À Paris, sa maison d’édition alignait six nouveautés, dont Aventure culinaire, le livre de recettes de notre chef vedette Teheiura Teahu, qui a attiré nombre de visiteurs enthousiastes. Teheiura a d’ailleurs participé à une table ronde consacrée à la cuisine ultramarine avec Sophie Gastrin (La Réunion) et Suzy Palatin (Antilles). Il en a profité pour vanter son approche culinaire qui marie tradition polynésienne et inspiration méditerranéenne, puisqu’il habite en Languedoc. Alors, certes, la cuisine est devenue à la mode sur les chaînes de télévision et de fait, les suites en termes de livres de recettes sont conséquentes. 
    Toutefois, si la vraie littérature du Pacifique est d’une belle richesse, elle demeure trop souvent cachée, en dépit des efforts de diffusion très importants que ses éditeurs ont déjà faits. Puissent-ils être vraiment entendus par la ministre.  

    De notre correspondant à Paris, Philippe Binet

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