Le made in fenua, “un devoir” pour Teva Rohfritsch

    vendredi 29 avril 2016

    Le ministre de l’Économie, Teva Rohfritsch, a inauguré hier le salon Made in fenua, qui se tiendra jusqu’à dimanche soir, à To’ata.
    Trois candidats n’ont pas été autorisés à y participer, la “valeur ajoutée polynésienne” de leurs produits n’étant pas suffisamment démontrée.
    Dans La Dépêche du 26 avril, nous vous rappelions, en effet, que, bien souvent, les produits présentés comme “typiques” sont en grande partie fabriqués et transformés à l’étranger, en Asie du Sud-est ou en Amérique.

    Au-delà de l’argument de vente, le made in fenua est pourtant “un devoir”, selon le ministre, qui n’exclut pas de lancer une réflexion avec les professionnels pour encadrer le label encore plus strictement.
    “C’est vrai que nous manquons de matières premières, donc, il faut bien les importer, concède Teva Rohfritsch. Mais ce qui est important, c’est de créer de la valeur ajoutée en Polynésie, ce qui revient à créer de l’emploi et faire en sorte qu’un maximum de marges puisse se faire sur le territoire.”

    De nombreux efforts seraient réalisés actuellement, notamment dans les domaines de l’agroalimentaire et du forestier.
    “On soutient le fret des fruits qui arrivent des Australes et des Marquises sur Tahiti, rappelle par exemple le ministre. Nous avons bien sûr la valorisation sous la forme de jus, mais j’ai d’autres projets qui sont à l’examen en ce moment. Sur le bois, c’est l’exploitation de notre pin qui arrive maintenant à maturité. Une industrie est en train de s’installer depuis Tubuai et les Marquises, de sorte qu’on puisse gagner des parts de marché sur le bois importé. On commence donc à pouvoir valoriser ce type de produits locaux.”

    Reste que d’autres entreprises, dans le textile notamment, gagnent parfois encore à s’approvisionner en 100 % “made in l’étranger”.
    “Il faut voir, à l’échelle industrielle, de quelle manière on peut les accompagner. Ça fait partie des discussions que je souhaite engager avec le Syndicat des industriels de Polynésie Française (Sipof), explique Teva Rohfritsch. Mais je crois aussi qu’il est important qu’il y ait une prise de conscience collective sur le fait que chaque franc investi doit d’abord bénéficier à l’emploi local, surtout en cette période de crise.”

    Cela vaut d’autant plus pour l’argent public. Le ministre aurait participé à une commission sur la défiscalisation mercredi.
    “Nous souhaitons désormais demander aux entreprises qui importent des meubles de vérifier systématiquement qu’il est impossible de faire ces meubles localement. Si c’est bien le cas, nous les défiscaliserons.”
    Pour soutenir les artisans et autres petits producteurs locaux, Teva Rohfritsch a également annoncé la création prochaine de “Polynésie initiatives”, un dispositif d’accompagnement des entrepreneurs qui pourra intervenir au-dessus des seuils de l’Association pour le droit à l’initiative économique (Adie).

    De soixante l’année dernière, le nombre d’exposants au salon Made in fenua est passé à une centaine en 2016.
    “Cela souligne le dynamisme de la création par les Polynésiens et pour les Polynésiens, a souligné le ministre. Mais aussi pour les touristes, et j’espère qu’à l’avenir, cela pourra nous ouvrir des filières à l’export.”
    Selon lui, la bijouterie et l’artisanat d’art, qui commenceraient à se positionner “sur du quasi-luxe”, seraient sur la bonne voie.
    Leur donner un petit coup de pouce est aussi l’objectif du salon Made in fenua, puisque l’exposant du “meilleur produit” remportera un déplacement professionnel à Paris, afin d’examiner ses chances à l’export.
    Le Sipof offrira également à un exposant une aide à l’industrialisation de ses produits.

    Marie Guitton

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