Le manque de prévention santé a fait débat au CESC

    vendredi 20 novembre 2015

     La santé a été au cœur des débats du Conseil économique, social et culturel, hier matin.  Le CESC a formulé deux avis favorables aux projets de délibération portant sur les orientations stratégiques 2015-2024 de la politique de santé, et sur le schéma d’organisation sanitaire 2015-2020. Le manque de prévention a été souligné par la commission santé-société.

    Après une minute de silence en mémoire des victimes des attentats de Paris du vendredi 13 novembre, les membres du conseil économique, social et culturel (CESC) ont examiné, hier matin, le premier avis concernant les orientations stratégiques 2015-2024 de la politique de santé.
    Ce projet de loi du Pays “a pour ambition de formaliser les fondements stratégiques qui constitueront le socle de la politique de santé dans le cadre d’une vision partagée à 10 ans”.
    Ce document sert donc de base pour bâtir les schémas sectoriels de la politique de santé, au premier rang duquel on retrouve le schéma d’organisation sanitaire (SOS), soumis également à l’avis du CESC, et la réforme de la protection sociale généralisée (PSG) en cours de construction. Les orientations stratégiques reposent ainsi sur quatre axes, dont le premier concerne la modernisation et l’optimisation de la gouvernance du système sanitaire et médico-social.
    L’axe 2 porte quant à lui sur l’amélioration du dispositif de PSG pour une couverture optimale des besoins sanitaires et sociaux, dont la réforme est actuellement en construction.
    L’axe 3 porte sur la politique de prévention et la promotion de la santé, avec en ligne de mire la prévention et l’engagement prioritaire du Pays de réduire le surpoids et la prévalence des maladies évitables.
    Quant à l’axe 4, celui-ci porte sur la garantie d’un système de santé de qualité qui passe par la promotion et le développement du travail en réseau, l’évaluation des pratiques professionnelles, l’organisation du parcours des usagers, les démarches de management de la qualité et de la sécurité dans les structures sanitaires et médico-sociales, et l’implication des usagers dans la gestion de l’offre et de la qualité.

    Schéma d’organisation sanitaire 2015-2020

    Dans son avis, le CESC n’a pas manqué de souligner que l’approche “purement curative” d’une politique de santé “n’était pas suffisante” et que des actions de prévention et de promotion de la santé étaient “nécessaires pour répondre aux enjeux sanitaires à venir”.
    Le CESC a également souhaité que ces actions “s’inscrivent dans le cadre d’une véritable interministérialité”.
    Le CESC a émis un avis favorable au projet de délibération par 36 voix pour, zéro contre et deux abstentions.
    Le deuxième avis examiné par les membres du CESC hier matin concernait le schéma d’organisation sanitaire 2015-2020.
    Ce dernier répond à la volonté du Pays d’avoir une vision d’ensemble du système de santé tout en répondant aux enjeux de santé publique dans les prochaines années.
    Le SOS 2015-2020 est donc un outil de planification sanitaire et de régulation de l’offre de soins. Il a pour objet de proposer une organisation rationnelle de l’offre de soins pour satisfaire aux besoins sanitaires de la population.
    Le SOS 2015-2020 se décline en six axes majeurs : restauration de l’autorité du Pays par la mise en place d’une autorité de régulation de la santé et de la protection sociale, amélioration de la santé primaire dans les archipels, adaptation de l’offre de santé à l’évolution des besoins, prévention du surpoids, défi du bien vieillir et soutien à l’ensemble des efforts par la constitution d’un espace numérique de santé polynésien.
    En préalable à l’examen du projet d’avis, les membres du CESC ont relevé que l’élaboration du SOS à échéance fixée “était liée aux engagements de la Polynésie française vis-à-vis de l’État afin que celui-ci participe à nouveau au financement de la PSG par l’attribution d’une dotation annuelle de 1,4 milliard de francs destinée au RST (régime de solidarité territoriale, NDLR)”.
    Dans son avis, le CESC “convient de la nécessité pour le Pays de disposer d’un SOS aux ambitions révisées afin qu’elles soient réalisables sur les cinq années à venir”, tout en soulignant que “le SOS doit être accompagné de réglementations, dont certaines n’ont pas encore été adoptées”.
    Le CESC approuve par ailleurs “le caractère opposable du SOS” et précise qu’il “compte sur tous les acteurs de santé pour que son adoption par l’assemblée soit un gage de respect de ses orientations”.
    Le CESC a voté en faveur de ce projet de délibération portant sur le schéma d’organisation sanitaire 2015-2020 par 37 voix pour, une contre et zéro abstention.

    Pascal Martin

     

    Patrick Howell, ministre de la Santé : “L’éducation sanitaire est indispensable”

    À l’issue de la séance, le ministre a tenu à exprimer sa satisfaction après le vote favorable du CESC sur les deux projets de loi présentés. “J’ai été agréablement surpris des deux avis favorables du CESC. En ce qui concerne les remarques portant sur la prévention et l’obésité, il faut savoir qu’il est difficile d’obtenir un 20/20 sur un projet de loi de cette nature. L’important est que le CESC ait compris la nécessité de s’organiser pour que le système de santé puisse continuer à vivre.”
    En ce qui concerne la fermeture de la Maison du diabétique, Patrick Howell précise que le sujet n’est pas clos : “Le problème s’est posé d’une telle façon qu’il nous fallait prendre la décision de la fermer, ce qui ne veut pas dire que nous ne pouvons pas rebondir, le diabète étant surtout un problème de comportement, comme le surpoids ou l’obésité, et l’éducation sanitaire est donc indispensable.”
    Patrick Howell s’est également exprimé sur la prévention et notamment la disparition de l’établissement public en charge des actions de prévention (EPAP) : “Cet outil nous permettait d’aller plus loin dans la prévention, mais dans le contexte économique actuel, mon principal interlocuteur est le ministre des Finances, qui a beaucoup de problèmes à gérer. Si les indicateurs économiques s’arrangent, j’espère que nous pourrons créer quelque chose qui se rapprocherait de l’EPAP.”
    Concernant la problématique des roulottes à proximité des écoles, le ministre précise sa position : “Peut-être un jour faudra-t-il voter un texte de loi pour que les roulottes respectent une certaine façon de préparer les aliments, qui va dans le sens d’une meilleure santé des plus jeunes.”
    Le ministre a également répondu à la problématique des aliments fabriqués de manière industrielle et dans lesquels sucre et sel sont parfois en abondance : “C’est un aspect que nous ne pouvons pas maîtriser. Les aliments en provenance de métropole sont plus sucrés que ceux destinés aux consommateurs métropolitains. Je ne vais pas être le croisé qui se bat face à ceux qui fabriquent des aliments néfastes pour la santé. Mais je me permets de rappeler à la population qu’elle est le seul juge de ses décisions.”

    Jean-François Wiart Médecin retraité et membre du CESC : “La prévention est une nécessité vitale pour le système de santé”

    “Le système de santé est malade de l’obésité de la population. La prévention est une nécessité vitale pour le système de santé. Il faut que la population se rende compte qu’elle ne peut pas manger un steak-frites tous les midis et un café-pain-beurre tous les soirs sans que cela n’ait de conséquences à terme sur sa santé et celle de ses enfants. Il faut donc éduquer dès le plus jeune âge, prendre des décisions difficiles comme interdire les roulottes à proximité des écoles, taxer certains pots de mayonnaise, dont ceux de 5 kilos en vente libre. L’obésité est responsable du diabète de type 2 et si on ne fait rien en matière de prévention, on court à la catastrophe, non seulement en matière de santé, mais aussi en ce qui concerne le financement de la santé. Le curatif va coûter de plus en plus cher, c’est pour cela que la prévention est indispensable à la survie du système de santé. Ce qui m’a stupéfait, c’est l’augmentation du nombre d’amputations dues au diabète. Il faudrait un service qui soit spécialement dédié au traitement du diabète au sein de l’hôpital. Il faut également créer un organisme dédié à la prévention comme l’était à l’époque l’EPAP, et avoir un côté opposable de la prévention qui interdise de prendre des décisions contraires à celles déjà prises.”

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