Le manque d’eau à Eiao, cause de la disparition de sa population

    jeudi 5 novembre 2015

    L’île aujourd’hui déserte de Eiao possède l’un des deux plus importants gisements de basalte à grain fin du Pacifique Sud-Oriental, l’autre étant celui de Taurama, sur l’île Pitcairn. Dès la fin du Xe ou le début du XIe siècle, les Marquisiens ont découvert et exploité cette précieuse ressource géologique, allant jusqu’à déplacer plusieurs milliers de mètres cubes, dont témoignent deux gigantesques fosses-carrières. 
    Ils ont utilisé ce basalte pour façonner des milliers de lames d’herminettes, dont la réputation de qualité avait largement dépassé les limites de l’archipel, mais également d’autres outils originaux, inconnus dans les autres îles marquisiennes. 
    Cette activité, dont les traces sont innombrables encore aujourd’hui, se poursuivit jusque vers le milieu du XVIIIe siècle. Les basaltes issus d’un volcan ont des caractéristiques géochimiques propres à ce volcan. 
    Ainsi, les analyses géochimiques sous EDRXF de 250 échantillons géolocalisés recueillis in situ sur toute l’île, ont permis, grâce aux éléments-traces, d’identifier deux types de basalte et d’établir une solide base de données avec les caractéristiques propres à Eiao. 
    Ces analyses géochimiques constituent l’outil essentiel pour retracer des échanges interinsulaires pro-européens, dont Eiao a été le point de départ. 
    Du fait de la taille de l’île et de l’extrême abondance des sites, il a été jugé préférable de concentrer les investigations et fouilles sur la dalle kilométrique MEI.D6, qui englobe très exactement la haute vallée Hanataaitoki entre 430 et 550 m d’altitude. 
    Plus de 80 sites divers y ont été inventoriés: ateliers, paepae, structures construites diverses, zone d’extraction du basalte, etc… 
    La distribution spatiale et temporelle des sites sur la haute-vallée, l’importance de certains d’entre-eux, permettent de répondre à la question d’une occupation temporaire ou permanente. Plus de 60 m2 de fouilles ponctuelles ont été conduits sur des structures sélectionnées pour leur intérêt potentiel. 
    Ces fouilles ont permis de mettre au jour, outre un important outillage lithique, un volumineux matériel osseux et coquiller, dont l’identification éclaire significativement la consommation des ressources naturelles, tant terrestres que marines, par le groupe humain de la vallée considérée. 
    Dans le même temps, grâce aux nombreux charbons de bois recueillis au cours de ces fouilles, nous disposons maintenant de près de 80 datations, les toutes premières pour Eiao. 

    Population aujourd’hui disparue

    “La population qui résidait sur Eiao semble avoir “disparu”. Quelle(s) cause(s) pourrai(en)t expliquer ce soudain dépeuplement vers le milieu du XVIIIe siècle ? Les hypothèses sont multiples, mais un manque sévère d’eau paraît fort plausible”. 
    L’eau, aujourd’hui absente du plateau Tohuanui, devait déjà être assez rare et précieuse pour que le groupe humain soit soumis à une gestion stricte et rigoureuse de son utilisation. 
    Une longue et dramatique période de sécheresse et une famine, comme en rapportent les textes ethno-historiques et les études paléo-climatiques récentes, pourraient bien expliquer cette disparition de la population assez soudaine et précoce. 

    De notre correspondant Jeannot Rey 

    Punu 2015-11-12 04:39:00
    EIAO deviendra rapidement un caillou entièrement stérile si l'on ne réduit pas sévèrement le cheptel de moutons et de chèvres qui détruit tout le couvert végétal.
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