Le mono’i gagne à être (encore plus) connu, selon l’IEOM

    mardi 22 décembre 2015

    Bien mais peut encore mieux faire. L’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM) a publié hier une note expresse sur la filière mono’i de Tahiti, fort intéressante, “à plus d’un titre”. 
    “En valorisant deux produits locaux, le mono’i de Tahiti parvient à placer la plus grande partie de sa production sur le marché international. Par  ailleurs, la filière est structurée de manière cohérente et durable autour d’une  appellation d’origine et d’un groupement professionnel qui s’autofinance par le biais d’une taxe parafiscale”. “À ce jour, c’est encore le seul produit polynésien dont l’appellation d’origine est reconnue à l’international”, note l’IEOM.
    Mais – car il y a des mais – “malgré sa notoriété et son développement régulier, la filière mono’i pèse d’un poids limité dans l’économie polynésienne, générant à peine 2 % du total des recettes d’exportations”. “C’est l’un des paradoxes du succès “de niche” de cette filière, par ailleurs attentive à maintenir pour les prochaines années un approvisionnement de qualité pour ses deux intrants traditionnels (le coprah et le tiare Tahiti)”. 
    Le coprah est aidé par le Pays, mais le Pays ne produit pas assez de tiare Tahiti (lire encadré), c’est ce qui ressort de cette note expresse de l’Institut. 
    Mais le mono’i se porte bien, mauruuru. “En  dépit  d’une  économie  mondiale  affectée  par  la  récente crise économique et d’un marché local fragilisé par plusieurs années de récession”, écrit l’IEOM, “le chiffre d’affaires de la filière progresse régulièrement depuis dix ans (+42 % sur la période) pour s’établir à 550 millions de francs en 2014”. “En 2014, 305 tonnes de mono’i ont été produites. Au total, les exportations de mono’i atteignent 256 millions de francs en 2014 et devraient afficher une nouvelle progression en 2015 : sur les huit premiers mois de l’année, elles s’élèvent à 174 millions de francs, contre 141 millions de francs en 2014 sur la même période, soit +23 %.” 
    On devrait dépasser les 400 tonnes produites et le chiffre d’affaires total devrait avoisiner les 580 millions de francs, cette année. 
    “En 2014, l’export représente 97 % des ventes en volume (296 tonnes), pour 46 % du chiffre d’affaires. Relativement stable sur la décennie (57 % en moyenne), la part du marché local dans le chiffre d’affaires est donc significativement supérieure à celle de l’export”, précise la note expresse. 
    “Le nombre de marques utilisant du mono’i de Tahiti dans leurs produits  cosmétiques a fortement augmenté (de 200/250 marques en 2005 à 400/450 en 2015) et elles comptent les plus grands noms de ce secteur”, relève l’IEOM. 
    Enfin, “selon  le  GIMT (groupement interprofessionnel du monoi de Tahiti, NDLR) et après réexport de France, le marché européen concentre 70 % des débouchés, suivi par l’Amérique du Nord (15 %), l’Asie (10 %) et, dans  une moindre mesure, l’Amérique latine et du Sud (4 %)”. 
    La conquête du monde (du cosmétique) ne fait que commencer. 

    Christophe Cozette

    Tiare Tahiti, attention à la filière !

    “Même si la filière mono’i ne consomme qu’une faible part de la production de fleurs de tiare Tahiti (moins de 10 % du total coupé chaque année), un approvisionnement régulier avec l’impératif de fraîcheur requis est essentiel pour la filière”, 
    écrit l’IEOM, dans sa note expresse.
    Cette production agricole a montré un fort recul entre les deux derniers recensements : la surface consacrée au tiare Tahiti a chuté de 19 % entre 1995 et 2012 et le nombre d’exploitants s’est replié de 9 %. Les îles du Vent sont particulièrement affectées, avec la perte de 17 hectares (soit la moitié de la surface) et de 100 exploitants en moins de 20 ans.

    Le mono’i en volumes

    – Le mono’i ne représente, en 2014, que 2 % du total des recettes d’exportations polynésiennes (un chiffre globalement stable depuis 20 ans) et 1 % de celles de produits agroalimentaires (part qui s’est nettement réduite depuis 1998, avec l’essor du marché du noni). 
    La grande majorité du mono’i de Tahiti est exportée sous sa forme brute à destination de la France (6 % de la valeur totale des exportations en 2014 et  91 % du vrac).

    Le mono’i dans l’économie polynésienne

    La place du mono’i de Tahiti dans l’économie polynésienne reste faible, selon l’Institut. Il se situe au 7e rang des exportations de la Polynésie française,  derrière  la perle – première ressource à l’exportation de la Polynésie française avec 69 % des recettes (contre 90 % il y a 20 ans) –, les produits de la pêche (10 % des recettes, à 1,2 milliard de francs), le noni (4 %), l’huile (4 %), la  vanille (3 %) et la nacre (2 %). 

    La promotion du mono’i

    “La filière assure sa promotion grâce à une taxe parafiscale”, met en exergue l’Institut d’émission d’outre-mer. “Afin d’assurer le financement du groupement, l’assemblée de la Polynésie française crée en 1992, par voie de délibération et sur la proposition des producteurs, une taxe parafiscale spécifique, assise sur les exportations de mono’i et d’huile de coprah raffinée (délibération n° 92-127 du 20 août 1992)”, rappelle l’IEOM dans sa note expresse. “Depuis la fin 2012, son taux est de 150 F par litre de mono’i expédié en vrac. Le produit de cette taxe, encaissée par le Trésor public, est reversé intégralement au groupement  interprofessionnel du mono’i de  Tahiti, afin qu’il mène à bien ses missions. En 2014, cette  recette a représenté 40,4 millions de francs, soit 94 % du budget du groupement (42,9 millions de francs).” “Ce système original pour la Polynésie française assure à la filière stabilité et pérennité : elle s’autofinance et n’a pas recours aux subventions publiques”, note l’IEOM.

    Le mono’i et l’emploi

    Le Territoire compte, en 2015, huit producteurs de mono’i de Tahiti, situés à Tahiti et Moorea, qui emploient quatre salariés. La concentration du secteur est élevée : trois entreprises regroupent, à elles seules, les deux tiers des emplois salariés. Compte tenu des emplois indirects, on estime à environ 160 à 200 le nombre de personnes qui travaillent pour la filière.

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