Le mont Otemanu à Bora Bora, un sommet vaincu

    jeudi 7 janvier 2016

    Le projet de Rodolphe et Julien était de faire un saut en wingsuit, à Bora Bora, depuis le mont Otemanu (727 m). Mission accomplie, le vidéaste, Antoine Lemay va monter un film.  Ce saut était une première mais l’ascension également puisque personne n’avait réussi à vaincre le plus haut sommet de Bora Bora. Après une minutieuse préparation, Otemanu les a acceptés. Les paralpinistes ont été les bienvenus. Récit d’une aventure.

    Après leur saut en wingsuit du haur du mont Otemanu (lire La Dépêche du 30 décembre), lundi dernier, les paralpinistes, Rodolphe Cassan et Julien Millot, accompagnés du vidéaste, Antoine Lemay, ont raconté leur ascension au sommet du mont Otemanu que personne n’avait, jusque-là, pu atteindre.
    Après une semaine de travail dans la nature, la montagne a ouvert le passage
    Un gros travail, en amont, avait  été effectué : « L’an dernier, on a essayé d’approcher le mont Otemanu. Après l’étude des phases et des vidéos, la réflexion a porté sur le matériel d’escalade nécessaire pour être sûr de grimper en sécurité. »

    Six heures pour monter 40 mètres

    Autofinancé, le trio n’a pas fait de bruit. Préférant garder un profil bas, ils ont appréhendé la difficulté : « Ceux qui ont essayé n’étaient pas de vrais grimpeurs mais plus des randonneurs qui ont voulu escalader à mains nues et ça ne se fait pas. On a besoin de matériel technique d’escalade poussé et de grimpeurs qui s’y connaissent. Ce qui est extraordinaire est de trouver le chemin et d’arriver à faire une tranchée, de monter ensemble et d’avoir la bonne météo. »
    La plupart ont essayé l’ascension par la face Est car l’arrête, plus couchée, est attirante. Mais les découvreurs ont réfléchi différemment en essayant le rocher le plus compact, plus vertical et plus difficile mais plus solide, face Nord en plein milieu, partant du chemin pour aller à Pahia. À Hue, ils ont pris à gauche, sous Pahia, en direction de l’arrête et ont traversé pour arriver au pied de Otemanu. Une petite épaule mène au col entre le sommet ouest et l’est, le plus haut.
    Après deux heures de marche, une escalade très lente a commencé. Six heures pour grimper quarante mètres : « Le rocher étant mauvais, on a tenté de mettre les fixations, ça s’arrachait, on la mettait à un autre endroit… Il faut bricoler et trouver le meilleur compromis pour avancer sans difficulté sachant que les protections posées, si jamais on tombe, vont ralentir la chute. On ne connaît pas le basalte. Au niveau de l’attention, c’est intense. »

    Fenêtre sur le vide

    Munis de 220 m de corde et du matériel de progression, soit trois sacs de 25 kg chacun, les athlètes ont mis deux jours pour établir un camp de base, au pied de la falaise. Six heures après, c’était le début de la pente d’herbe pour arriver à la crête : « Depuis l’incendie, les pentes ne tiennent pas. C’est une partie dangereuse. On a usé de la machette pour faire la tranchée jusqu’au camp de base. On a trouvé une grotte avec un manguier, c’était la première belle surprise. Après, on a grimpé. »
    La question a été de savoir où attaquer la falaise. Un travail d’ouverture car une fois engagés, impossible de rebrousser chemin. Les discussions avaient déjà commencé en métropole. Sur place, d’un commun accord, le groupe a pris une décision qui s’est avérée positive : « On utilise les espaces naturels donnés par la roche pour installer des relais. Deux grosses marches nous permettaient d’installer des relais confortables pour monter jusqu’à la pente et terminer facilement, sans relais pendu. On a installé une corde fixe pour ne pas mettre six heures, à chaque fois. »
    Sur l’arrête, les hommes découvrent des murs de deux mètres  de haut, enchevêtrement de yucca, humus et autres végétations vierges, structure branlante et difficile d’accès : « Au bout de l’arrête, avec la machette, je n’en pouvais plus. J’ai coupé une fenêtre côté Est de la falaise. On a vu le lagon et les motu. On était au bord du vide. » Sur l’arrête de Otemanu,  les paralpinistes sont arrivés sur un petit sommet puis un bloc de rocher les a obligés à se faire la courte échelle pour atteindre le vrai sommet.
    Les conditions météo ont été idéales. Les sportifs ont déséquipé la voie en récupérant les cordes. Ils devaient sauter, les jours suivants, à Maupiti.

    De notre correspondante Françoise Buil
    Crédit photo en montagne : Antoine Lemay

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    Paralpinistes expérimentés

    Ces paralpinistes ne sont pas des têtes brûlées. Ancien directeur financier et ex-ingénieur, ils ont bien les pieds sur terre et savent calculer les risques dans les différentes disciplines tendant vers l’extrême. Rodolphe a écrit un essai sur les risques et les prises de décisions du paralpiniste volant. Julien est arrivé premier à un concours de paralpinisme à Passy près de Chamonix, consistant à grimper une montagne le plus rapidement possible et sauter. Un exercice très physique démontrant que les sportifs gardent la condition en s’entraînant toute l’année. Ils ont, à leur actif 2015, près de 400 sauts et plus de 200 randonnées soit 200 000 mètres de dénivelé par an. Pour Julien, faire les 600 mètres du Pahia, a été comme faire les 600 derniers mètres du Mont blanc, obligé de ralentir à cause de la chaleur.

    Maximilien orlamunder 2016-01-09 14:07:00
    Bravo, c''est le cas de le dire.. Votre prouesse est respectable dans un sens sportif.. Mais en vallait-elle la peine..? Ca j''en suis moins sûr.. S''il vous plaît, les ami, respectez Mère Nature.. L''usage de la machette est un désastre pour ce biotope.
    Christian PONS 2016-01-07 15:20:00
    BRAVO LES CHAMPIONS
    CHRISTIAN.
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