Le musée de Tahiti met le nez dans ses réserves

dimanche 1 février 2015

Le récolement a commencé au musée de Tahiti et des îles courant 2004. Mais le chantier n’a pas été mené à son terme. Il a donc repris en 2013, sous la direction de Theano Jaillet. “Nous l’avons relancé pour vérifier que tous les objets de la collection sont bien là où ils doivent être”, explique la directrice de l’établissement. Récoler est une opération qui consiste à “contrôler la présence de documents et d’objets dans une collection, telle qu’un dépôt d’archives, une bibliothèque, un centre de documentation ou un musée”. En France, cette opération est encadrée par la loi n°2002-5 du 4 janvier 2002. En Polynésie, le récolement n’est, en revanche, pas obligatoire. Il a été voulu par la direction car il offre aussi l’opportunité de “vérifier l’état de conservation des objets, de les mesurer ou les remesurer, les pièces que nous recevons étant parfois enregistrées à la va-vite et leur fiche descriptive pas complètes”, ajoute Theano Jaillet. Autrement dit, le récolement permet la mise à jour de la carte d’identité de tous les objets de l’ensemble des collections du musée.
Les personnes en charge de l’opération vérifient tout d’abord la numérotation des pièces et, lorsque celle-ci fait défaut, attribuent un numéro. Elles vérifient également les mesures ou les prennent. “Le poids et les mensurations ont grand intérêt” , souligne la directrice.
En cas de vol ou de perte, un signalement est fait. Lorsque l’objet est retrouvé, ces éléments permettent de s’assurer qu’il s’agit bien de l’original et non d’une copie. Le travail de gestion des expositions est, en outre, facilité. “Nous  pouvons savoir quel type d’étagère prendre en fonction des poids, quelles dimensions de vitrine utiliser en fonction de la taille. Nous n’avons pas besoin de sortir les pièces pour faire des tests.” Les “récoleurs” ou “récoleuses” prennent aussi des clichés de différentes pièces. Photos qui sont ensuite ajoutées aux descriptions informatiques (les registres du musée sont désormais informatisés, Ndlr).
Ils procèdent, enfin, au nettoyage mais aussi à la restauration des objets si besoin.
Il existe deux méthodes de récolement. La première consiste à s’appuyer sur les registres. Les personnels vont consulter les cahiers ou les fichiers informatiques pour rechercher des objets dans les réserves. Ce qui relève, parfois, de la partie de cache-cache. L’autre technique est la démarche inverse. Les “récoleurs” récupèrent les pièces, étagère par étagère, dans les réserves et se reportent ensuite aux registres. C’est cette méthode qui a été et qui est encore utilisée au musée de Tahiti et des îles.
Depuis que le récolement a repris à Punaauia, près de 4 000 pièces sur les 17 817 répertoriées sont passées entre les mains d’agents qualifiés. Theano Jaillet leur prête main-forte dès qu’elle en a l’occasion, de même que Tara Hiquily, chargée des collections du musée. En 2013, dans le cadre d’un échange avec l’Ecole du Louvre, une étudiante de cet établissement renommé, Anne-Louise Amarieu, a passé six mois à Tahiti pour y effectuer du récolement. Entre octobre et décembre 2014, une équipe de trois personnes a également œuvré dans les réserves.
“Dans l’idéal, il faudrait deux équipes de deux à trois personnes qui y passeraient tout leur temps”, souligne Theano Jaillet qui espère néanmoins pouvoir effectuer un recrutement cette année et terminer l’opération fin 2015. “Si nous y parvenons, nous ne serions pas de mauvais élèves car la plupart des musées de France qui devaient finir leur récolement fin 2014 ont finalement jusqu’à la fin de cette année pour le faire.”
 
Delphine Barrais
 
Lire l’intégralité de l’article dans La Dépêche du 1er février ou au feuilletage numérique.
 

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