Le patron du Medef-Pf : « Je suis fiu ! »

    mercredi 17 décembre 2014

    C’est sous la forme d’une lettre au Père Noël qu’Olivier Kressmann, président du Medef-Pf, a voulu traduire le sentiment de ses adhérents en cette fin d’année.  Un texte au ton doux-amer, qui touche du doigt non seulement les problèmes économiques que rencontre le fenua, mais aussi les comportements qui les font perdurer.
     
    « Mon message, c’est : on ne veut plus de tout ça, ne recommençons pas à faire les mêmes erreurs, » confie Olivier Kressmann. « Le plus urgent, c’est de vraiment mettre en route les projets. Et il ne s’agit pas uniquement de la commande publique dans le BTP, mais aussi des secteurs dans lesquels le Pays donne le « la, » comme le numérique tributaire de l’opérateur public. Il ne s’agit pas que d’argent, il s’agit aussi de volonté politique. »
     
    Olivier Kressmann ne croit plus au Père Noël, et il le lui dit dans sa lettre, publiée hier sur le site du Medef : « J’ai été bien sage et poli, courageux et tenace. J’ai beaucoup écouté les uns et les autres, participé à des réflexions sans compter mon temps, pris des initiatives pour redonner de l’élan. J’ai félicité quand il le fallait et me suis tu ou ai fait le dos rond par solidarité ou pour ne pas blesser. J’ai aussi été très patient et compréhensif pour contribuer positivement aux esprits de changement ou de refondation… mais cela, vois-tu, sans ressentir forcément en retour la considération minimum attendue ou une vraie écoute active. Alors à l’aube de cette nouvelle année, cher Père Noël, je vais te faire une confidence : JE SUIS FIU ! »
     
    Et il énumère, renvoyant politiques et partenaires sociaux à leurs responsabilités : « FIU de voir tous ces entrepreneurs (…) déployer tant d’énergie et finir par s’épuiser. FIU de cette obstination de certains à n’accepter aucune reconsidération des acquis (…). FIU de voir tant de nouveaux jeunes entrepreneurs originaires du pays perdre patience et finir par aller réaliser leurs projets innovants ailleurs (…). FIU de cette insupportable politique politicienne totalement en contradiction avec la mission de « gestion de la cité » confiée par les électeurs. FIU de ces discours hypocrites ou dogmatiques qui annihilent ou excusent chez certains leur devoir prioritaire de civisme économique et social. »
     
    Viennent ensuite les souhaits : « Moi ce que je veux, parce que l’heure n’est définitivement plus aux vœux pieux et inutiles, c’est qu’il soit affirmé que tout cela n’est plus seulement une question de subsides de l’État ou de pouvoir. Moi ce que je veux, c’est la démonstration d’une volonté politique, le courage d’une parole et d’une action de nos responsables, relayés par l’imagination et le profond désir de la société.
    Moi ce que je veux, c’est la conjugaison de tout cela pour rapidement redonner à chacun de la visibilité, de la confiance, de la perspective, de l’ambition. » Au téléphone, Olivier Kressmann n’est pas dans l’esprit de Noël : « Quand on voit le nombre de redressements judiciaires, qui concernent même de grandes sociétés, on se rend compte que le passif est énorme, et que ça menace aussi les entreprises qui traitent avec ces sociétés. Et pendant ce temps-là, il faut supporter le numéro de l’assemblée et leurs discours dogmatiques… » La conclusion, pessimiste, de sa lettre :  » Sois convaincu que je ne pourrai pas attendre un Noël de plus. Je te laisse Père Noël. La cloche vient de sonner. Pour nous, la récré est déjà terminée… »
     
    Caroline Perdrix
     

    Louis B 2014-12-17 11:49:00
    Excellent!... mais le Père Noël aimerait sans doute en savoir un peu plus sur qu'attend le petit Olivier.
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