Le Pays emprunte un milliard sur dix ans à 2,30 %

    samedi 16 janvier 2016

    “C’est un très bon taux, 2,30 %.” Nuihau Laurey, vice-président de la Polynésie française et ministre du Budget et des Finances, a signé, hier, un emprunt sur dix ans d’un milliard de francs auprès de la banque Socredo, représentée par son directeur général délégué Matahiarii Brothers. Ce prêt, qui permettra notamment de mener à bien les opérations de constructions de logements sociaux programmées au budget de l’année dernière, finalise le plan de financement par emprunt de la collectivité pour l’exercice 2015, réalisé à 98,39 % pour un montant total emprunté de 7,87 milliards de francs.
    Surtout, son taux témoigne d’un regain de confiance des prêteurs envers le fenua. C’est, en tout cas, l’analyse qu’en font le vice-président, qui a “remercié” la Socredo, et la directrice du budget et des finances, Sandra Shan-Sei-Fan, qui rappelle, qu’entre 2010 et 2013, “le taux moyen des prêts était très élevé, à 4,10 %. Cette année, on est bien en deçà”. En mai 2014 encore, le Pays avait emprunté sur douze ans 1,8 milliard de francs à la Banque populaire Caisses d’épargne (BPCE, maison mère de la Banque de Tahiti), à un taux de 4,75 %. En août 2015, la Banque de Polynésie lui avait consenti un prêt de 1,5 milliard de francs sur dix ans au taux de 3,41 %.

    Des efforts d’assainissement “remarqués”

    Certes, les taux accusent ces derniers temps une baisse globale sur les marchés, mais l’explication tiendrait aussi dans les efforts d’assainissement “remarqués” des comptes publics du Pays. Entre 2013 et 2014, l’encours de la dette avait augmenté de 5,6 %.
    Aujourd’hui, “on n’emprunte pas plus que ce dont nous avons besoin”, explique Sandra Shan-Sei-Fan. L’encours de la dette du Pays atteignait 92 milliards de francs fin 2015, soit une baisse de deux milliards par rapport à l’année précédente.
    “Il y a un peu plus de deux ans, personne ne se pressait pour financer nos investissements”, rappelle la direction du Budget. “Désormais, on commence à avoir plus de propositions et, bien évidemment, on va faire jouer la concurrence sur les taux”, souligne Nuihau Laurey. Le ministre serait en train de “finaliser” des discussions avec la Caisse des dépôts et des consignations, qui pourrait financer spécifiquement des programmes de logements sociaux dans le cadre du contrat de ville, et qui prêterait à des taux inférieurs à 1 % sur des durées “beaucoup plus longues” que dix ans.
    Il devrait également rencontrer prochainement le président de l’Agence France Locale pour “examiner” l’adhésion de la Polynésie française à ce groupe, détenu par les collectivités locales qui le composent, et capable, via sa filiale bancaire (noté AA3 stable par l’agence  de notation Moody’s), de lever des fonds sur le marché obligataire “à des taux très bas, voire négatifs” pour les financer.
    La Socredo, quant à elle, se félicite de “revenir à la table” des bailleurs de fonds. En raison de “contraintes réglementaires, qui ont été desserrées depuis”, elle n’était plus intervenue seule depuis 2010 pour prêter au Pays ou à ses établissements “satellites”. La dégradation de la note de la Polynésie et le fait qu’elle détienne 50 % de la banque l’en empêchaient. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

    M.G.

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