Le Pays n’interviendra pas dans le conflit à Air Tahiti

    vendredi 27 mai 2016

    Interrogé sur plusieurs sujets, hier matin, à l’assemblée de la Polynésie française, dans le cadre de la quatrième séance de la session administrative, avant l’étude des textes à l’ordre du jour, le gouvernement, en l’absence du président Édouard Fritch et du vice-président Nuihau Laurey, n’a pas donné de grandes réponses détaillées sur les projets et sujets d’actualité.

    Albert Solia, interrogé lors de la séance de questions orales sur la mise en place des nouveaux feux de l’ex rond-point du Pacifique, sur la grève à Air Tahiti ou encore sur la route du sud reliant Punaauia à Taravao, a donné quelques éléments de réponses, alors que Teva Rohfritsch, questionné sur le financement du grand projet du gouvernement de 60 milliards de francs sur trois ans, n’a pu que relancer les mêmes réponses en l’absence du ministre des Finances.

    Sur la grève à Air Tahiti, Albert Solia a tenu à redire que le gouvernement n’interviendra pas dans les négociations entre la direction et les syndicats, même si une délégation de service publique lie le Pays à la compagnie aérienne, et même si 14 % de la société sont détenus par la Polynésie française.

    “Pas question que le gouvernement s’implique”

    “Il n’est pas question que le gouvernement s’implique”, a répété Albert Solia, ministre en charge des Transports.
    Il est par ailleurs revenu brièvement sur les conséquences de cette grève. “75 à 80 % des vols restent maintenus”, a-t-il expliqué. “En revanche, les réservations à courte échéance se sont effondrées. Je souhaite que le conflit se règle le plus rapidement possible et nous soutenons la société dans sa volonté de réduire les déficits.”

    Sur la route du Sud, questionné par Tonio Perez, qui en a fait son cheval de bataille depuis de longues années maintenant, Albert Solia a annoncé que les travaux allaient s’enchaîner pour les dix ans à venir.
    “Notre route de ceinture ne répond plus au besoin de désenclavement du sud de Tahiti”, a-t-il expliqué.
    Alors que le gouvernement veut relancer l’activité sur le golf de Atimaono et essaie toujours de créer quelque chose sur le terrain vague de Faratea, l’heure est à la volonté de désenclavement.

    “Il faut relier le nord de Tahiti à son sud. (…) Nous ferons ça par tronçon entre Papara et Taravao sur les 5 à 7 années à venir. Le coût sera d’environ 15 à 20 milliards de francs.”
    Pour le tracé entre Punaauia et Papara, le Pays devra passer par des appels d’offres internationaux avec concession routière. Est-ce cela l’annonce de la mise en place d’un péage pour utiliser la route ?

    Difficile à dire, mais les premiers chiffres avancés pour ce tronçon sont de 60 milliards de francs pour cinq à six années de travaux. Un tiers de Mahana Beach tout en goudron que le Pays ne peut se payer seul.
    Enfin, Teva Rohfritsch n’a que très peu levé le voile en l’absence de Nuihau Laurey sur les 60 milliards d’investissements que le gouvernement veut lancer sur trois ans.
    “Le Pays va participer à hauteur de 22 milliards”, a-t-il expliqué. “Nous ne ferons pas appel au contrat de projets, ni au troisième instrument financier, mais plutôt appel à l’emprunt.”

    Bertrand Prévost

    Les textes du jour

    Sur cette séance, plusieurs textes ont été adoptés :

    – Projet de loi de Pays portant dérogation, à titre exceptionnel à la durée maximale de recrutement des agents non titulaires dans le cadre de recrutement ouvert en 2016. Une disposition qui permet aux employés non titulaires qui occupent des postes de rester trois mois de plus pour former leurs remplaçants qui, pour leur part, auront été nommés suite à l’organisation de concours. L’UPLD s’est abstenu sur le sujet.

    – Loi de Pays portant intégration des personnels de la Délégation de la Polynésie française dans la fonction publique. Un texte voté à l’unanimité afin que ces agents travaillant en France puissent intégrer la fonction publique. Une fonction publique dont ils sont souvent originaires et qu’ils ont dû quitter lors d’une mise à disposition. Ce texte était accompagné d’un second texte sur le régime applicable aux agents affectés à Paris.

    – Enfin, le texte relatif à la protection de l’entrepreneur individuel et du conjoint a lui aussi été voté. Le but de ce texte garantie l’insaisissabilité de la résidence principale de l’entrepreneur individuel face à ses créanciers.

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