Le Pays prête un de ses bateaux à la FEPSM

    vendredi 1 avril 2016

    “Même si c’est une compétence régalienne, la vie humaine ne dépend pas simplement de l’État, mais de nous tous, et ensemble. La fédération n’a rien inventé, ce qui en fait sa force première, c’est la solidarité des gens de mer de Polynésie”, explique Stanley Ellaccott, le président de la Fédération d’entraide polynésienne de sauvetage en mer (FEPSM).
    “La vie humaine n’a rien à voir avec la répartition des compétences au sein de la loi organique. Nous sommes tous contents de retrouver nos amis qui se perdent en mer, et pour cela la fédération a besoin d’aide”, complète Teva Rohfritsch, le ministre de l’Économie bleue, qui a donc apporté le soutien du gouvernement en signant hier une convention pour le prêt d’un bateau, utilisé jusque-là par la direction des ressources marines pour contrôler les dispositifs de concentration de poissons.
    Lorsqu’elle sera rénovée grâce aux 4,7 millions de francs accordés par l’État, cette coque alu de 24 pieds, de construction locale, équipés de deux moteurs hors-bord de 215 chevaux, sera affectée à la station de sauvetage de Vaitupa.
    “C’est une zone de Punaauia à Moorea qui est accidentogène. Il va venir en appui de la flotte auxiliaire de nos bénévoles et adhérents, surtout des poti marara. Cela va combler le manque de moyen que nous avons la nuit ou le week-end. C’est ce qui a beaucoup pêché dans notre organisation, car normalement, dans tous les postes de secours, il y a des moyens dédiés”, confie ainsi Stanley Ellacott, conscient des améliorations qui doivent être encore apportées à la fédération.

    Il manque encore des bateaux

    “Le territoire a déjà mis deux bateaux à notre disposition et une grande action a été menée sur la détaxe du matériel de sécurité et les balises de détresse. C’est important. J’aime rappeler que la Nouvelle-Calédonie bénéficie de gros moyens avec 800 millions, ils vont recevoir un bateau de 17 mètres”, explique-t-il.
    Aujourd’hui la FEPSM ne vit qu’avec le financement de mécènes et l’aide de l’État, à hauteur de 1,5 million de francs et 60 % du budget de la fédération est consacré au remboursement de l’essence des bateaux partis en opération de sauvetage.
    Le renfort de ce bateau, destiné à être vendu aux enchères, est donc le bienvenu, tout comme celui remis l’an dernier par le service de développement rural. Malgré ses 200 bénévoles et la présence d’un bateau aux Marquises Sud, il en manque encore au moins un aux Marquises Nord et un aux Tuamotu .
    “L’État a de gros moyens aériens, cependant derrière, il faut toujours un gros bateau pour aller récupérer. Les naufragés, on peut les hélitreuiller, mais les navires, il faut les remorquer”, commente le président de la FEPSM.
    “Il y aura toujours des infortunes de mer. Mais, depuis quelques années, avec la collaboration de l’État et du Pays, à chaque fois que nous sommes engagés, et je touche du bois, il n’y a eu aucun disparu.”
    Mais ce satisfecit se double quelquefois de situations qui provoquent parfois des sueurs froides. “Lorsqu’il est 21 heures ou
    23 heures et qu’on demande à un bénévole de Nukutavake de sortir porter assistance en mer, sans équipement, sans moyen de communication, c’est l’inquiétude jusqu’à ce qu’il rentre à quai.”
    La FEPSM peut tout de même s’enorgueillir de faire école.
    Contacté par un député du Finistère, dans le cadre de la réorganisation du sauvetage maritime, Stanley Ellacott évoquera ce concept en visioconférence avec les élus chargés de ce dossier “parce que c’est le plus économique”. “Il manque encore quelques moyens, mais ça avance.” 

    F.C.

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