Le plus grand simulateur d’ouragan du monde à Miami

lundi 11 mai 2015

Quand Brian Haus, le principal responsable scientifique de Sustain, met en marche le moteur de 1 700 chevaux, un rugissement se fait entendre et des pagaies commencent à agiter les 144 000 litres d’eau du simulateur. Des vagues de couleur bleu-vert viennent mourir doucement sur les vitres du réservoir. Ensuite elles grossissent progressivement avant de se déchaîner alors que les vents de la soufflerie atteignent la force d’un ouragan de catégorie maximale (catégorie 5), avec une vitesse maximum de 251 km/heure. Peu après, des embruns apparaissent sur les parois latérales du réservoir au cadre d’acier, qui mesure 23 mètres de long sur 6 mètres de large et près de 2 mètres de profondeur.
Une maison miniature verte et blanche est frappée par ces énormes vagues pour simuler les dégâts subis grandeur nature par les constructions le long des côtes.
“Au cours des vingt dernières années nos prévisions n’ont cessé de s’améliorer, à l’exception de celles sur la puissance des cyclones”, explique Brian Haus, qui souligne que ce sera “un élément clé du nouveau simulateur”.

L’exemple peut-être le plus frappant de l’ouragan qui a fait mentir les meilleurs météorologues a été Wilma en 2005, au Mexique. Son intensité est passée de la catégorie deux à cinq en quelques heures. “C’est vraiment ce qui effraie les météorologues car cette incertitude rend leur travail difficile”, poursuit le scientifique.

Normes de construction

Wilma reste le plus puissant ouragan de l’Atlantique dans les annales. Il avait fait des dizaines de morts et provoqué des dizaines de milliards de dollars de dégâts. Ayant vécu Wilma et l’ouragan Katrina la même année, qui a été encore plus dévastateur en Louisiane et dans le Golfe du Mexique, Brian Haus s’est juré de trouver les moyens de mieux comprendre la physique de la puissance des cyclones, et comment notamment la chaleur accumulée dans les océans peut alimenter l’énergie des tempêtes.
Les chercheurs espèrent également utiliser le simulateur Sustain pour comprendre comment les tempêtes endommagent les habitations et les immeubles le long des côtes.

“C’est un aspect important de la recherche car la plupart des normes de construction et des modèles informatiques utilisés ne sont pas basés sur des données correspondant à ce qui se passe dans la réalité au moment d’un ouragan”, souligne Brian Haus.

D’autres groupes, comme l’Institut des assurances des entreprises et de sécurité des habitations (IIBHS), basé en Caroline du Sud, recréent des vents très forts, des tempêtes de grêle et même des incendies en utilisant des maisons grandeur nature comme modèles. Mais le fait de placer des capteurs sur des maisons miniatures dans le simulateur Sustain pour étudier comment ces constructions sont affectées par des tempêtes et des ouragans va aussi pouvoir aider les scientifiques, selon Paul Wilson, responsable de la modélisation dans la firme Risk Management Solutions à Londres.

“Ce sont des projets très utiles pour comprendre comment des immeubles réagissent à des phénomènes météorologiques extrêmes car ils contribuent aux connaissances sur lesquelles sont élaborés nos modèles”, explique-t-il.

Miami est une ville où travaillent de nombreux scientifiques spécialisés dans la recherche sur les tempêtes et cyclones. La ville abrite le Centre national des ouragans (NHC) et la division des ouragans de l’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA). La NOAA et l’Armée de l’Air américaine envoient régulièrement des avions bourrés d’instruments dans l’œil des ouragans, où les pilotes larguent aussi des sondes attachées à de petits parachutes pour mesurer les mouvements des vents juste au-dessus de la surface de l’océan.

AFP

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