Le pollueur de Moorea condamné à un an ferme

    mercredi 1 octobre 2014

    “Il y a des algues qui laissent échapper des bulles de gaz, le sol est visqueux”. Ce que décrit le juge du tribunal correctionnel ne concerne pas Fukushima ou Tchernobyl, mais une plage de Haapiti, haut lieu du tourisme de Moorea, au PK 29 exactement. La partie immergée de l’iceberg est côté mer, où les traces de pollution décrites par le juge pourraient presque passer inaperçues. Ce n’est pas le cas côté montagne, où le terrain a pendant longtemps fait office de décharge, alors qu’aucune demande d’exploitation d’un site classé n’a été faite. Et pour cause, le plan général d’aménagement de la commune interdit ce genre d’installation sur cette zone, et celui qui s’occupe de ce terrain n’en possède pas les titres de propriété. Et pourtant, selon les rapports d’enquête lus à l’audience se trouve pêle-mêle une zone d’extraction de pierres de Moorea et de sable. Dans les carrières ainsi créées, ici, des fûts d’huile de vidange de la société Aremiti Ferry ont été stockés, là, des substances fécales venues d’entreprises chargées de vider les fosses septiques et pour couronner le tout, des carcasses de voitures.
    La mairie de Moorea, à l’origine de la première plainte, y en a d’ailleurs entreposé quelques-unes. C’est d’ailleurs l’un des arguments de défense du prévenu, absent de l’audience hier, durant l’enquête. “Ce n’est pas une excuse”, a répondu hier le procureur. “Des communes ont été poursuivies pour des décharges sauvages, comme cela a été récemment le cas avec Papara”.
    Comme l’a expliqué un représentant de la Direction de l’environnement (Diren), le pollueur en question “n’a que faire des institutions”, “pour nous, cette affaire est une véritable tâche, nous ne savons plus comment nous y prendre”.

    6 000 m2 sous scellés

    En février 2008, il lui avait déjà été demandé de remettre le site en l’état. Sans effet. En 2010, c’est suite à une demande du président de la Polynésie que le site est fermé, 6 000 m2 sont ainsi mis sous scellés. Mais le prévenu contourne une nouvelle fois la loi et entrepose des déchets verts en dehors des limites où il élève également des porcs et des chèvres. Ajouté à cela, le prévenu s’est également opposé au contrôle d’un agent de la Diren, qui a dû appeler en renfort un policier municipal. Une obstruction à un agent assermenté qui s’ajoute aux cinq autres délits pour lequel il était jugé hier. De quoi susciter la sévérité du procureur qui, en fonction du code de l’environnement, a requis un an de prison, dont six mois avec sursis, l’obligation d’indemniser le Pays qui s’est porté partie civile, une amende de 4,5 millions de Fcfp, et surtout, l’interdiction de séjourner sur l’île Sœur. “Peu importe jusqu’où remonte sa lignée à Moorea, il a sali la terre de ses ancêtres, de ses enfants, et petits-enfants”. Il ne sera pas suivi, même si la peine de prison est plus lourde, 18 mois, dont six mois de sursis, il est également interdit d’exercer toutes les activités qu’il pratiquait sur ce terrain. Quant aux intérêts civils, le tribunal statuera le 18 février 2015, cela laisse cinq mois pour évaluer le préjudice, mais comme l’a évoqué le représentant de la Diren, “il est possible que les dégâts soient irrémédiables”.

    FC

    Neo neo 2014-10-01 14:45:00
    Et Oscar Temaru, c'est quant qu'il passe en jugement pour sa décharge illégale de saint hilaire?
    Au vue des millions de tonnes de déchet dans sa décharge, il devrai prendre perpétuité.
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