Le Porteur d’histoire : une pièce vertigineuse entre réalité et fiction

    jeudi 12 mars 2015

    “Nous allons vous raconter une histoire. Mais auparavant, nous allons nous interroger un instant sur le fait même de raconter une histoire, sur l’importance qu’on accorde à un récit, et sur les frontières qui séparent la réalité de la fiction. D’abord qu’est-ce que l’Histoire ? Avec un grand H ? L’Histoire, c’est notre mémoire commune, notre identité. C’est ce qui nous définit en tant qu’êtres humains. (…) C’est un fait divers, daté du 14 juin 2001, dans un grand quotidien algérien. Une mère et sa fille disparaissent mystérieusement à Mechta Layadat. Dans ce petit village du nord, c’est la perplexité qui règne.”
    Ainsi commence le Porteur d’histoire. Des petites histoires, des anecdotes, presque banales, sont racontées par cinq acteurs qui changent de rôles comme de chemises (car seul le vêtement fait le personnage dans un décor épuré).
    Au départ insignifiantes, elles finissent par avoir une résonance fabuleuse. Le lien entre elles s’établit petit à petit, mais ce n’est qu’à la fin que tout devient clair. Le Porteur d’histoire est une épopée à travers les siècles, à travers les livres et les gens.
    “J’ai pris un livre, machinalement. Je l’ai ouvert, au milieu. Ce n’était pas un livre, c’était un carnet. Et là, je suis rentré dans l’Histoire”, raconte le narrateur, qui va se lancer à la recherche d’une héroïne et rencontrer l’aventure. Quelle est la part de la réalité et celle de la fiction ? Difficile à dire car cette héroïne est pour certains un personnage historique et pour d’autres une simple légende. Aux spectateurs de choisir d’y croire ou non, mais quoi qu’il en soit, on est embarqué.
    “Le Porteur d’histoire est une réflexion sur la part du récit dans nos vies et sur son importance”, explique Alexis Michalik, le metteur en scène et créateur de la pièce.
    On part sur les traces d’Alexandre Dumas, de la colonisation de l’Algérie par la France, des Lysistrates, ces femmes qui ont refusé la société patriarcale, de l’édification du Palais des papes, de la famille maudite des Saxe de Bourville, d’un trésor, et d’Alia Ben Mahmoud et de sa fille Jeanne qui ont disparu… Ce n’est que lorsque les lumières s’éteignent que l’on reprend son souffle.
    On en ressort ébloui, rempli d’une furieuse envie de lecture et de découverte. C’est intelligent et beau, plein de références historiques et littéraires qui donnent envie de revoir cette pièce pour retenir ce qui aurait pu nous échapper la première fois.
    La pièce a obtenu le Molière de la meilleure mise en scène et celui du meilleur auteur en 2014.

    L.R.

    Pratique

    Au petit théâtre de la Maison de la culture, les 13 et 14 mars à 19 h 30, le 15 mars à 18 heures et les 19, 20 et 21 mars à 19 h 30. Les billets sont en vente à Carrefour Arue, Carrefour Punaauia, à Radio 1. Tarifs : de 2 500 à 4 000 F. Une garderie au théâtre est mise en place pour les enfants de plus d’un an, sous conditions.

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