Le projet de mosquée n’est plus d’actualité

    samedi 5 septembre 2015

    C’était il y a un peu plus d’un an. En juillet 2014, plus de 1 000 personnes défilaient dans les rues de Papeete pour manifester leur opposition au projet de mosquée et demander le départ d’Hicham El-Barkani, présenté comme l’imam de la communauté musulmane du pays. Un cortège d’où émergeaient des banderoles pas toujours du meilleur goût. 
    “Oui aux ‘porcinets’, oui aux vahine”, “La charia faut pas charrier” ou “Islam incitation à la haine” pouvait-on, entre autres, lire. 
    Treize mois plus tard, la tension est retombée mais le braquage soudain des projecteurs sur les musulmans du fenua a “laissé des traces et créé des tensions”, dixit un membre influent de la communauté. 
    Avec le recul, celui-ci explique qu’il ne s’attendait pas à la tournure qu’ont prise les événements : “On ne pensait aucunement tomber dans ce nid de guêpes. Cela partait de quelque chose de bon enfant. Nous étions un peu naïfs. On voulait faire ça discrètement car cela ne regardait que la communauté musulmane. Quant à la manifestation, pour nous, c’était du vent. De la récupération. La plupart des gens étaient téléguidés notamment par une paroisse de Faa’a et son curé un peu remonté”. 
    Aujourd’hui, le projet de mosquée, piloté par le CIT, a pourtant été rangé dans les cartons. Pas uniquement du fait de l’opposition d’une frange de la population. 
    La levée de bouclier de la commune de Papeete ainsi que le nombre limité de pratiquants a aussi conduit à la mise en sommeil du projet. 
    “Il faut déjà avoir une communauté qui se justifie par le nombre. Or, nous ne sommes qu’à un embryon aujourd’hui et nous n’avons pas de but expansionniste”, ajoute notre interlocuteur, qui chiffre tout de même à environ 2 000, les musulmans du fenua. 

    “Sa tête est mise à prix”

    Deux tiers d’entre eux seraient, selon lui, des expatriés, le reste regroupant des personnes installées de longue date en Polynésie ou des natifs du pays. Mais tous ne sont pas pratiquants. Pour ce qui est d’Hicham El-Barkani, il a, depuis plusieurs mois, regagné la métropole. 
    Notre interlocuteur affirme cependant que le religieux ne prônait en rien un islam radical bien que sa tenue vestimentaire austère a pu laisser penser le contraire : “Il n’a jamais eu la volonté de rester ici. Il s’est contenté d’amorcer les choses. Hicham vient d’une famille berbère du nord du Maroc. C’est quelqu’un de ‘soft’. Il a fait ses études au Moyen-Orient dans des centres qui n’ont rien à voir avec le salafisme comme cela a été dit”. 
    Pour appuyer son propos, celui-ci assure même que l’imam controversé (d’ailleurs interdit de fouler le sol américain) 
    est aujourd’hui convié dans des mosquées de métropole pour, dans ses prêches, dissuader d’éventuels candidats au jihad de rejoindre l’Irak ou la Syrie. 
    “Sa tête est mise à prix par les recruteurs intégristes”, croit-il d’ailleurs savoir. Il n’en demeure pas moins que la personnalité de l’imam n’a “pas fait l’unanimité” chez les musulmans de Polynésie, même si ceux-ci, volontairement discrets, ne l’ont pas montré. 
    “Vous verrez rarement un pratiquant musulman dire du mal de son voisin. Mais ne rien dire ne signifie pas forcément que l’on consent. Chez nous, on lave le linge sale en famille”. 
    Pour l’heure, il n’est pas non plus question de faire venir un nouvel imam. Et si tel était le cas, précise un autre membre de la communauté, le religieux serait employé par le CIT, une association de loi 1901, avec un “contrat de travail” susceptible d’être “révoqué”. 

    “Le pire ennemi vient de l’intérieur”

    Désormais, les locaux du CIT ne servent plus de lieu de prière (voir encadré). Et ses membres affirment se donner pour unique mission de venir en aide à leurs coreligionnaires et de répondre aux questions de ceux qui s’interrogent sur l’islam. 
    Ils disent ainsi lutter à leur échelle contre les dérives fondamentalistes en montrant un aspect ouvert et tolérant de leur religion : “Sur Internet, n’importe qui peut se faire embrigader par des gens malintentionnés. Entre musulmans, on se le dit tous : le pire ennemi vient de l’intérieur”. 
    Le mois prochain, les musulmans du pays, comme leurs pairs dans le monde, célébreront l’Aid el Kebir, l’une des fêtes les plus importantes de leur calendrier religieux. 
    Mais aucune manifestation publique n’est prévue localement. “Tout se fera dans le cadre familial ou dans le cercle des connaissances”, souligne un pratiquant. 
    Les projecteurs se sont aujourd’hui éteints. Ce qui, au fond, convient bien à une communauté à qui la surexposition médiatique de l’année dernière a posé problème. Mais celle-ci aspire à terme à “s’intégrer” et à se faire accepter du reste de la population. 

    J-B. Calvas
     

    MOMOMO 2015-09-06 20:03:00
    religion qui hait les femmes les homos les autres religions qui permet le vol et le crime tant que c'est en dehors de la communauté musulmane.
    pat 2015-09-06 09:49:00
    "tous les musulmans ne sont pas terroristes, mais tous les terroristes sont musulmans" Alors svp pas d'amalgames!!
    LEPETANT 2015-09-06 06:50:00
    Apparemment, les fantasmes islamophobes fleurissent en Polynésie.
    MOOREA56 2015-09-05 20:30:00
    les musulmans du pays aspirent à terme à “s’intégrer” et à se faire accepter du reste de la population. Voilà la phrase qui tue. Allez en Europe et apparemment nous n'avions pas vu le " cheval de Troie " . Bien sur comme on dit " Tous ne sont pas mauvais " mais le danger de cette religion est plus que réel. Cette religion ne gère pas le fanatisme et laisse faire.
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