Le retour du boomerang pour l’opposition

    mardi 19 avril 2016

    L’assemblée s’est réunie, hier, afin de poursuivre ses travaux sur la modification du règlement intérieur de l’hémicycle.  Toutes les demandes, ou presque, ont été rejetées par la nouvelle majorité RMA, alors que nombre des élus du rassemblement avaient eux-mêmes demandé leur mise en place par le passé.  Marcel Tuihani, président de l’assemblée, avait précédemment organisé un petit déjeuner de presse, se disant d’ores et déjà déçu et inquiet de l’attitude de la majorité.

    Hier, l’assemblée de la Polynésie française a repris ses travaux après une suspension de séance provoquée jeudi dernier en fin d’après-midi. Les débats se sont centrés sur la modification du règlement intérieur de l’assemblée. Toute la matinée, Marcel Tuihani, Sandra Levy-Agami et Tony Géros se sont unis pour faire passer de nombreux points que la nouvelle majorité  Rassemblement pour une majorité autonomiste (RMA) ne voulait pas voir : la mise en place de la proportionnelle dans la répartition des présidences de commission, le droit à l’information des élus et la mise en place d’une commission d’évaluation des politiques publiques.

    Trois dossiers que la majorité a combattus, en commission des institutions comme en séance, alors que nombre des élus qui la composent ont un jour demandé la mise en place de ces mesures… Mais c’était au temps où ils étaient eux-mêmes dans l’opposition. Aujourd’hui, Tahoera’a et UPLD se prennent le retour du boomerang lancé par les deux groupes l’année dernière, au temps de l’absence de majorité à l’assemblée.

    Rejets en masse

    Ainsi, toutes les demandes, ou presque, ont été rejetées. Marcel Tuihani souhaitait que les élus puissent demander à travailler avec certains organismes du Pays, la majorité lui rétorque que “la proposition porte atteinte au principe de séparation des pouvoirs” et que c’est le président du Pays qui est “chef de l’administration du Pays”.

    Même fin de non-recevoir pour les présidences de commission. La majorité dans un amendement explique que “l’élection à la présidence d’une commission ne doit être conditionnée à l’appartenance à la majorité ou à l’opposition, mais être uniquement guidée par la compétence que doit avoir le président de la commission”. À plusieurs reprises, les élus de la majorité demanderont à Marcel Tuihani de démissionner du perchoir pour se mettre en conformité avec sa demande et que la présidence de l’assemblée soit elle aussi le reflet de la répartition des groupes.
    Même chose pour la répartition des temps de parole. La majorité était d’accord pour la cession des temps de parole d’un groupe à un autre, mais pas de cumuler les temps de parole sur une journée, pour finalement s’abstenir d’intervenir sur des dossiers et tout garder pour d’autres.

    La création de la commission d’évaluation des politiques publiques a elle aussi été retoquée, malgré l’avis favorable du RMA. “Il est préférable de suspendre la création d’une commission dédiée à cette mission”, a expliqué hier Gaston Tong Sang, rapporteur de l’amendement. “Il est nécessaire que les conclusions de l’audit externe sur l’organisation et le fonctionnement des services administratifs de l’assemblée, réalisé en 2014, soit présentées à l’ensemble de la représentation”, a poursuivi le maire de Bora Bora.
    Enfin, dernier point de désaccord, le contrôle du travail effectif des collaborateurs recrutés par les élus. Marcel Tuihani voulait instituer un contrôle renforcé du travail des collaborateurs, étant lui-même le signataire de leurs contrats, mais la majorité s’y est opposée au motif que “chaque représentant doit assumer la pleine responsabilité des missions qu’il leur confie”.

    À l’assemblée, ce sont quelque 130 collaborateurs pour un budget de 445 millions de francs par an qui sont comptabilisés.
    La session administrative a replongé les élus en quelques jours dans les tensions qui les ont vus se quitter en fin de session budgétaire en décembre dernier. Les problèmes de commissions, de répartition et de contrôle passés, il restera encore à épurer quelques contentieux, comme la mise à mort de la commission d’enquête créée par le Tahoera’a et l’UPLD en fin d’année dernière. Peut-être alors le travail de réforme de l’économie polynésienne pourra commencer.

    Bertrand Prévost

     

    Marcel Tuihani très remonté contre la majorité

    En guise de petit déjeuner, hier matin, Marcel Tuihani, le président de l’assemblée de la Polynésie française, avait tenu à rencontrer la presse. Ne se faisant aucune illusion sur l’avenir des propositions qu’il avait faites dans le cadre de la modification du règlement intérieur, il était particulièrement remonté contre l’attitude de la majorité. Grands gestes. Grandes phrases. Loin du style posé qu’il arbore en temps normal.
    Le président délégué du Tahoera’a s’est emporté contre l’attitude de la majorité. “J’ai de fortes inquiétudes quant à leurs motivations”, expliquait-il hier. “Que veulent-ils vraiment ?”, s’interrogeait-il face caméra. “Neutraliser l’action de l’assemblée ? Que l’on ne devienne plus qu’une simple chambre d’enregistrement ?”

    Sur le sujet du contrôle des collaborateurs, Marcel Tuihani sera encore plus direct. “Si la majorité refuse le contrôle des collaborateurs, j’informerai la chambre territoriale des comptes”, ignorant que ces derniers temps, c’était son parti politique qui avait été surtout pointé du doigt pour l’embauche de certains collaborateurs.

    “Ma déception est réelle”, a-t-il poursuivi. “On veut neutraliser le travail du législatif (…) on veut kidnapper une partie de la démocratie.”
    Entre un micro et un café, le président de l’assemblée de la Polynésie française refusait de voir hier encore que les refus de la majorité concernant ses propositions étaient aussi les conséquences de la création d’enquête a priori sur l’action du gouvernement et la réforme de la protection sociale généralisée. “C’est l’assemblée qui est pénalisée aujourd’hui”, répond Marcel Tuihani. “C’est elle que je défends.” Et de conclure : “J’espère que ce n’est pas pour entraver l’action du président de l’assemblée.”

     

    Évidemment, RMA répond

    En fin d’après-midi hier, le groupe majoritaire répondait à la conférence de presse tenue le matin même par Marcel Tuihani.
    “Accuser le Rassemblement pour une majorité autonomiste de chercher à “neutraliser l’action de l’assemblée” ou encore à “kidnapper une partie de la démocratie”, nous considérons que Marcel Tuihani troque son apparente neutralité au perchoir pour redevenir le fidèle porte-voix du 58e représentant (Gaston Flosse, NDLR)”, était-il écrit dans le communiqué.
    Sur la question du contrôle de l’action des collaborateurs, le communiqué poursuit : “Ce n’est pas le groupe RMA qui aujourd’hui doit faire face à une enquête pour suspicion d’emplois fictifs mais le président de l’assemblée de la Polynésie français
    e.”

    LEGION 2016-04-21 00:27:00
    ddrriiiinnnnggg,"" bonjour les enfants, bonjour monsieur. Aujourd'hui interro surprise sur le règlement intérieur... Qui n'a pas révisé son cours? attention il y aura des punitions... ""
    Mathius 2016-04-20 14:02:00
    Oyė, oyé braves gens, Marcel Tuhani avatar du repris justice Gaston Flosse ã fait son caca nerveux sur son siège présidentiel.mais grâce ã pampers muoillé il reste au sec. Vive le tahoeraa.
    Manhattan 2016-04-19 18:46:00
    Medor tais-toi, à la niche, de suite!!!
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