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Le réveillon des sans-logis

mercredi 3 janvier 2018

Réveillon de la Saint-Sylvestre au centre d’hébergement d’urgence Te ha’apura’a de Tipaerui. (© Benoît Buquet)

Réveillon de la Saint-Sylvestre au centre d’hébergement d’urgence Te ha’apura’a de Tipaerui. (© Benoît Buquet)


Dimanche dernier, à l’heure du réveillon, La Dépêche de Tahiti est allée à la rencontre de ceux qui n’ont pas de foyer où célébrer la nouvelle année. Au moins 300 personnes sont privées de logement et de sécurité dans la zone urbaine de Papeete. Reportage sur un soir de fête au centre d’hébergement d’urgence Te ha’apura’a, tout au fond de la vallée de Tipaerui.

Dans la vallée de Tipaerui, à Papeete, à deux kilomètres au fond de la zone industrielle plongée dans le noir et le silence en ce soir de Saint-Sylvestre, de la lumière et de la musique s’échappent d’un hangar. À l’intérieur, une sono, des guirlandes, un sapin de Noël et une grande table couverte d’une nappe noire joliment décorée autour de laquelle une trentaine de personnes s’apprêtent à dîner.

C’est le réveillon de la Saint-Sylvestre au centre d’hébergement d’urgence (CHU) Te ha’apura’a, un entrepôt de l’équipement transformé en 2013 en lieu d’accueil de nuit pour les personnes à la rue. Des 300 personnes sans domicile fixe invitées au Noël de la présidence le 22 décembre, cinquante sont “résidentes” au CHU Te ha’apura’a, géré par l’association Te torea. “Trente personnes sont là pour le réveillon et une vingtaine de résidents sont rentrés dans leurs familles dans les îles pour les fêtes”, explique le responsable du centre, Denis Hoata.

Pour ces gens qui vivent dans la rue, la nuit du nouvel an ressemble à toutes les autres. À 17 heures, les deux minibus du centre Te ha’apura’a font des allers-retours entre le marché de Papeete et le hangar de Tipaerui. Les “résidents‘” y trouvent un endroit sécurisé pour dormir, se doucher, prendre un repas le soir et un petit déjeuner le lendemain matin. Vers 6 heures du matin, les minibus font le chemin inverse.

Des activités pendant les fêtes

Pour casser la routine, le centre de Tipaerui a mis les petits plats dans les grands pendant les fêtes. “Pour Noël, nous avons organisé des activités : décorations, danses et orchestre. Un veau a été préparé par le “public” du centre”, raconte Heiti Coppenrath, une éducatrice. Pour la Saint-Sylvestre, c’est un traiteur qui a préparé le repas. Les décorations de Noël sont restées en place et la salle a été réorganisée pour réunir tout le monde autour d’une grande tablée.

“On a organisé des jeux de mots et des devinettes. Ce n’est pas habituel. On ne savait pas trop ce que ça allait donner. Finalement, ça se passe bien”, glisse Sylvain, un autre éducateur.

Denis Hoata, le responsable du centre, baisse la sono pour demander si un volontaire accepte de témoigner dans La Dépêche de Tahiti. Une jeune femme lève aussitôt la main. Tenue de fête et paillettes autour des yeux, Poerava raconte avec un grand sourire pourquoi cette soirée est importante pour elle : “Ça marque un événement spécial, avec de la convivialité, de beaux habits et des préparations particulières.”

“Avec ces activités pendant les fêtes, on a constaté moins de violence et plus d’écoute de la part des résidents”, assure Heiti, l’éducatrice. L’équipe du centre Te ha’apura’a – six éducateurs, deux agents polyvalents et le responsable du site – “cherche à rompre l’isolement, l’exclusion et la passivité par le biais de la vie en collectivité et le réapprentissage de la vie au quotidien, explique-t-elle. On accompagne les gens dans la recherche de logement et d’emploi. On croit en l’éducabilité des personnes. Et on y arrive.”

Benoît Buquet

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