Le RSMA, “un tremplin ou un coup de pied aux fesses”

    jeudi 8 octobre 2015

    “Est-ce qu’une fille peut devenir pilote ? Peut-on cacher une maladie pour être incorporé ?” Hier, à la mairie de Papeete, près de 40 jeunes des quartiers ont questionné le major Bach sur les perspectives offertes par le RSMA, le régiment du service militaire adapté.
    La plupart d’entre eux, âgés de 15 à 17 ans, sont scolarisés au centre de jeunes adolescents (CJA) de Papeete. “Ils seront sur le marché du travail dès l’année prochaine. Le but est de leur trouver une place”, explique Rodolphe Tutairi, le directeur de la cellule emploi, formation et insertion, mise en place par le maire en 2008. D’autres, un peu plus âgés, ont été repérés dans les quartiers par la commune. “Ce sont des jeunes qui ne savent pas trop quoi faire de leur avenir. Beaucoup disent : ‘Je veux n’importe quel boulot’, mais lorsqu’ils se retrouvent sur le marché de l’emploi, ça ne marche pas. Il faut cibler un métier.”
    Travaux publics, aide à la personne, magasinier, soudeur… En près d’un an, le RSMA permet aux non-diplômés d’en apprendre un et de passer le permis de conduire. Pour postuler, rien de très compliqué, a rappelé hier le major Bach, en charge du recrutement.
    Être âgé de 18 à 25 ans, remplir un dossier, passer un entretien, et “réussir” sa visite médicale : “Il faut que vous soyez aptes physiquement. On ne cherche pas des champions olympiques, mais des gens capables d’avoir l’hygiène de vie qui correspond à ce qu’ils veulent faire demain. Il faudra arrêter le paka.”
    Le militaire a insisté sur la volonté des candidats : “On aide le jeune qui veut s’en sortir. S’il est tout le temps fiu, la casquette de travers, on ne pourra rien faire pour lui…”, a-t-il prévenu. “Les garçons et les filles, c’est maintenant qu’il faut penser à votre avenir. Demain, ce sera peut-être déjà trop tard…”, a répété Rodolphe Tutairi.
    Mille huit cents dossiers de candidature sont actuellement à l’étude au RSMA, pour environ 500 places par an, dont 30 % minimum sont réservés aux femmes, 60 % aux jeunes des quartiers prioritaires du contrat de ville et 90 % aux non-diplômés. Les titulaires d’un CAP, d’un BEP ou d’un bac pro, comme Jean-Noël (lire ci-contre), peuvent quant à eux acquérir en six mois l’expérience professionnelle qui leur manque pour trouver du travail.
    Trois cursus leur sont réservés : tourisme, secrétariat et monteur-dépanneur en froid et climatisation. Pour eux, “c’est une seconde chance. Sinon, il y aurait le risque qu’ils vivent de la délinquance, de l’argent facile…”, estime Rodolphe Tutairi. “Le RSMA est soit un tremplin, soit un coup de pied aux fesses”, sourit le major Bach, qui se félicite d’un taux d’insertion de plus de 85 %.
    Marie Guitton

    Major Bach, en charge du recrutement au RSMA : “On a plus de 85 % d’insertion les deux dernières années”

    Comment le RSMA prépare-t-il jeunes au monde du travail ?
    On travaille d’abord sur leur comportement. On essaye de leur faire reprendre confiance en eux, au travers d’activités militaires. Ils vont réapprendre à faire du sport, à se lever le matin, à dire bonjour, à respecter des règles de vie en collectivité… Ensuite, on leur apporte des atouts concurrentiels sur le marché de l’emploi, comme le permis de conduire. Puis débute la formation professionnelle proprement dite, à Arue, à Hiva Oa ou à Tubuai. On a 19 filières qui durent de dix à douze mois pour apprendre un métier aux non-diplômés et trois filières de six mois pour permettre aux titulaires d’un CAP, d’un BEP ou d’un bac pro par exemple d’acquérir de l’expérience.

    Et après ?
    On a plus de 85 % d’insertion les deux dernières années. Il y a ceux qui vont passer les concours de la fonction publique : les armées, la police, la gendarmerie… Le reste, ça va être des CDD, des CDI ou de la reprise de cursus.

    Jean-Noël 22 ans, de Sainte-Amélie : “J’espère que le RSMA me donnera plus d’expérience”

    “Je reste à la maison, je ne travaille pas. Après mon CAP électricité, j’avais fait des démarches pour travailler, mais on m’a dit que je n’avais pas assez d’expérience. Les gens de la mairie m’ont conseillé de venir ici. J’espère que le RSMA me donnera plus d’expérience. Je vais m’inscrire dans la filière clim et froid. Je suis intéressé par ces métiers, et puis passer le permis, c’est un plus aussi. Je ne fume pas de paka, je suis en bonne santé. On verra si c’est bon ou pas !”

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