Le salon Made in fenua surveille son taux de “local”

    mardi 26 avril 2016

    De jeudi à dimanche, le salon Made in fenua revient place To’ata, à Papeete. Une centaine d’artisans exposeront 2 500 produits à “forte valeur ajoutée polynésienne”, c’est-à-dire fabriqués ou transformés “majoritairement” en Polynésie française. Car un rapide tour dans les magasins de vêtements ou de souvenirs “typés polynésiens” le montre :
    le 100 % local est rare… Agroalimentaire, artisanat, bijouterie, cosmétique, littérature, mobilier, plantes, textile… Le salon Made in fenua investira la place To’ata de jeudi à dimanche. Avec une centaine d’artisans,
    2 500 produits, 12 000 visiteurs attendus et un chiffre d’affaires qui avait atteint l’année dernière entre 60 et 80 millions de francs, le succès est quasiment garanti. Car le “local” plaît.

    “C’est la multitude des savoir-faire du Pays, c’est sa richesse”, explique Stéphane Chin Loy, le président de la Chambre de commerce, d’industrie, des services et des métiers (CCISM).
    Du 28 avril au 1er mai, même les à-côtés du salon misent sur “l’authenticité”, affirme-t-il, des dégustations de ‘uru aux démonstrations de tatouage ou de massage polynésiens.

    Dans le fond pourtant, au-delà de la cuisine et du bien-être, qu’est-il matériellement possible de fabriquer ici, avec les moyens du bord ?
    Un rapide tour dans les boutiques de vêtements estampillés “Tahiti” montre par exemple que, dans cette branche, le “made in fenua” n’existe à peu près pas. Car même pour les tee-shirts ou les pareu typés polynésiens, impossible de se passer, en amont, des tissus importés d’Indonésie, du Mexique, du Honduras ou de Chine.

    Pour imprimer les motifs, des entreprises locales font très bien l’affaire de certaines marques, mais là encore, d’autres font tourner des ateliers à Bali ou aux États-Unis.
    Quant aux dessins eux-mêmes, si la plupart sont le fruit de créateurs de Tahiti et des îles, les étiquettes d’une marque pourtant emblématique du fenua vont jusqu’à afficher, elles, “designed in the USA”.

    Au marché de Papeete aussi, ce que l’on prend pour de l’artisanat local ne l’est pas toujours.
    “Les cosmétiques, la vanille et les confitures sont de chez nous”, indique une vendeuse. En revanche, colliers de coquillage importés de Hawaii et paniers tressés venus d’on ne sait où complètent les étals, afin de grossir les stocks à des prix concurrentiels.
    En principe, les étiquettes le précisent, comme les certificats délivrés par les vendeurs de perles attestent de leur origine.
    Le client n’est donc pas trompé, mais ces étals sont symptomatiques de la difficulté des commerçants de Polynésie à se passer de l’import.

    “La main-d’œuvre ici est trop chère et on n’a pas de moyens de production industrielle”, souligne tout simplement une caissière, elle-même créatrice.
    Alors, finalement, que trouverez-vous au salon Made in fenua en fin de semaine ? Des produits à “forte valeur ajoutée polynésienne”, c’est-à-dire fabriqués ou transformés “majoritairement” en Polynésie française, souvent sous la houlette de petits artisans, répondent les organisateurs.

    Suite à certains “constats lors des éditions précédentes”, il existe désormais des “règles du jeu”, indiquent-ils.
    “Pour lutter contre les produits d’importation, nous avons mis en place cette année une sorte de sélection des artisans par une commission indépendante, composée d’agents de la CCISM, de la direction générale des affaires économiques (DGAE) et du Syndicat des industriels de Polynésie française (Sipof).”

    “Il faut qu’il y ait, au niveau local, une partie transformation suffisante”, précise Stéphane Chin Loy. “Si c’est juste une fleur de tiare apposée sur une étiquette, on estime que ce n’est pas le cas.” Trois produits ont ainsi été privés de salon, avant tout pour “respecter les attentes du consommateur”.

    Marie Guitton

    Salon Made in fenua Place To’ata, Papeete

    Du 28 avril au 1er mai, tous les jours,
    de 9h-9h30 à 19h
    Services : garderie pour les enfants et cinq espaces de restauration
    Informations sur Facebook : Salon Made in fenua

    – Jeudi 28 avril
    10h-11h : inauguration officielle
    13h30-15h : animations sur le thème du ‘uru
    16h-16h30 : démonstration de tatouage poly-nésien
        
    – Vendredi 29 avril
    10h-10h30 : démonstration du “taviri coco”
    15h30-17h : animation musicale de Guy Laurens, Pone & Vaitiare Tuhoe
    16h-17h : séance de dédicaces avec Miss Tahiti, ses dauphines et Mister Tahiti
    17h-19h : défilé de mode “made in fenua”

    – Samedi 30 avril
    10h-11h : replay ‘ori Tahiti
    13h30-14h30 : démonstration de jardinage
    15h30-18h : animation musicale avec Kaloo
    & Gilbert
    17h-18h : animation CrossFit

    – Dimanche 1er mai
    10h-10h30 : démonstration de massage poly-nésien
    11h-11h30 : démonstration du “taviri coco”
    13h-14h30 : défilé canin
    13h-15h : simultanée géante de jeux d’échecs
    15h30-17h : dégustation de produits locaux, démonstration d’attache de pareu, confection de colliers de fleurs, démonstration de découpe de coco, tableau vivant

    Pito 2016-04-26 21:32:00
    Il faut protéger notre artisanat cela est sûr.......mais avec intelligence. En effet je connais un ami qui produit des montres de très grande qualité, avec des bracelets en nacre, elles sont superbes. Pour cela il utilise des montres françaises, en effet au Fenua nous n'avons pas de fabrique de montres. La valeur ajouté de ces montres est le travail de la nacre pour les support du bracelet, voir le bracelet dans son intégralité, ce travail est fait au Fenua. Alors pourquoi refuser un tel article. Portant moi même ce bijou, énormément de personnes souhaitent pouvoir acquérir un tel objet unique pour notre pays. Il y a vraiment un problème que les personnes responsables de ce salon doivent résoudre.
    ldpdt 2016-04-26 17:50:00
    Bravo bonne initiative ; enfin
    Par contre au marché de Papeete certains s'enrichissent avec le "made in étranger" au dépend du made in fenua , leurs stands débordent de produits importés aussi appelés "curios".
    Sur les étales, il n'y a plus de place pour le vrai local, en plus faut voire la marge appliquée pour des produits qui ne viennent pas par avion pour certains revendeurs
    La CCISM et les affaires économiques, voir même le ministère de l'atisanat devraient limiter la quantité de ces produits nuisiblent aux artisans locaux
        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete