Le sentiment d’insécurité gagne du terrain dans la zone urbaine

mercredi 29 juillet 2015

“Nous restons toujours à deux pour fermer le magasin. Surtout en ce moment, car la nuit tombe vite”. Comme la plupart de ses collègues du centre-ville de Papeete, cette vendeuse d’une boutique de surfwear est aujourd’hui plus méfiante, quand elle quitte son travail, qu’elle ne l’était il y a encore quelques années. Les rues désertes de la capitale en fin de journée, les “bandes de jeunes” qui sont les rares à y déambuler à cette heure, font craindre pour la sécurité. Des commerçants comme des particuliers. 
Les faits divers de ces derniers mois et semaines : agressions de noctambules et/ou vols avec violences, renforcent en outre ce sentiment. 
Cette année, le haut-commissariat n’a pas rendu public les chiffres de la délinquance au fenua pour l’exercice 2014. 
Non pas par volonté de masquer de mauvaises statistiques, mais en raison du changement d’un logiciel informatique de la police et de la gendarmerie, qui a contraint les autorités à reporter la présentation des résultats à l’année prochaine. 
Pour autant, une tendance se dessine. À l’occasion de l’audience solennelle de rentrée au palais de justice, en février, le procureur de la République annonçait une hausse de 9 % des violences volontaires comparativement à 2013 pour l’ensemble de la Polynésie. 
Le magistrat voyait dans ces chiffres inquiétants, la résultante d’une “crispation sociale et économique (…), conséquence négative de la crise de l’emploi et du manque de ressources des individus”. 

“Jeunesse désœuvrée”

Un constat que dressent, sur le terrain, les commerçants de la zone urbaine. “Avant, lorsque je fermais la porte, je ne faisais pas attention. Les choses ont changé depuis huit ou dix ans. Aujourd’hui, je ne suis pas vraiment tranquille. D’ailleurs, je ferme un peu plus tôt pour éviter tous les ‘traîne-savates’ du quartier. Cette jeunesse désœuvrée devient vraiment inquiétante”, témoigne la gérante d’un kiosque, installée depuis 26 ans à Papeete. Cyril, qui dirige le cybercafé du centre Vaima, a quant à lui été victime du vol de sa recette, il y a quelques mois. Avec l’aide d’un complice, qui détournait l’attention de la salariée présente dans l’établissement, un individu s’est jeté sur la caisse avant de prendre ses jambes à son cou. Depuis, elle est scellée au comptoir. 
“On voit régulièrement des jeunes qui traînent et observent attentivement ce qui se passe. Mais entre commerçants, on se surveille et on s’entraide”, ajoute celui-ci. 
Outre, les voleurs à la sauvette, les “bandes” qui les soirs de week-end guettent le mauvais coup, restent aussi les nombreux sans domicile fixe (SDF) qui sollicitent les passants. Et pas toujours de la meilleure des manières : “Certains ont un comportement vraiment agressif et peuvent faire peur”, déplore un commerçant. Un autre ajoute : “samedi dernier, nous avons dû appeler un agent de sécurité car un SDF ennuyait un groupe de touristes japonais. C’est navrant”. Les professionnels ne font pourtant aucun reproche aux agents des forces de l’ordre : “Les policiers ne peuvent pas être partout”. 

J-B.C. 

lebororo 2015-07-29 13:56:00
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