Le Solar Impulse 2 vole au dessus du Pacifique, un « défi » technique

    vendredi 22 avril 2016

    L’avion solaire Solar Impulse 2 naviguait vendredi au dessus du Pacifique, quasiment à mi-chemin de son étape entre Hawaï et la côte Ouest américaine, avec à son bord Bertrand Piccard qui a souligné le défi technique que représente un tel vol.

    « Je suis tellement heureux, c’est juste fantastique, je réalise mon rêve de voler au dessus du Pacifique », s’est enthousiasmé le pilote suisse qui s’exprimait dans une retransmission en direct sur Facebook 26 heures après avoir décollé d’Honolulu.

    Le SI2, appareil expérimental révolutionnaire fonctionnant avec des batteries qui se rechargent grâce à l’énergie solaire, a repris jeudi son tour du monde après une longue escale technique de 293 jours et se dirige vers Mountain View, au sud-est de San Francisco en Californie.

    Opérer ce vol, qui doit durer 59 heures, représente un « défi » technique, a affirmé le pilote, car l’appareil dont les ailes sont très amples et dont le poids n’est que celui d’une fourgonnette « est très sensible aux turbulences ».

    « Donc il faut rester vraiment à plat », la plupart du temps et les changements de direction sont toujours périlleux, assure le médecin-psychiatre de métier.

    « Nous devons garder beaucoup de distances avec les autres avions » pour éviter ces turbulences qui pourraient avoir des conséquences « terribles », ajoute-t-il.

    L’avion doit toutefois changer régulièrement de trajectoire, en prenant des « angles d’attaque », notamment lorsqu’il s’agit de « faire un demi-tour » pour « tourner le dos au soleil et ainsi prendre davantage de son énergie », raconte Bertrand Piccard en réponse à des questions d’internautes sur le réseau social.

    Les ailes de l’avion sont couvertes de plus de 17.000 cellules photovoltaïques, qui chargent les batteries la journée.

    « En journée, lorsque j’ai l’énergie du soleil, l’avion peut monter à 9.000 mètres d’altitude », souligne le pilote qui se relaye avec son compatriote André Borschberg pour chaque étape depuis mars 2015.

    Il en a également profité pour présenter, dans son étroit cockpit, les équipements de survie à sa disposition, dont les bouteilles et masque à oxygène et le gilet de sauvetage qu’il porte « tout le temps » même s’il est « lourd sur les épaules et quelque peu inconfortable ».

    Bertrand Piccard a expliqué pratiquer l’hypnose, notamment pour se reposer et avoir recours à une application pour surveiller son rythme cardiaque, « un mélange de technologie et de méditation ».

    Il en a profité pour souligner, à l’occasion de la journée de la Terre, l’importance de la transition énergétique.

    Le SI2 est « propre et silencieux », s’est-il enorgueilli. « C’est l’avenir ».

     Agence France-Presse

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