Le succès des sculpteurs marquisiens en Nouvelle-Calédonie

    mercredi 18 novembre 2015

     Deux sculpteurs marquisiens ont passé deux semaines à Mont-Dore pour participer au festival Sculpture en image.
    Ils ont notamment travaillé sur l’un des six poteaux de trois mètres de haut du futur marché couvert, tout comme les autres artisans océaniens.  Leur stand a été le plus visité de tous et les commandes ont abondé, si bien qu’ils ont dû en refuser certaines.

    Après deux semaines dans la ville de Mont-Dore, en Nouvelle-Calédonie, où ils ont représenté la Polynésie française à l’occasion du festival Sculpture en partage, Fara Taupotini et Kohu Tamarii, deux sculpteurs sur bois de Taiohae, sont de retour à Nuku Hiva avec, plus que jamais, l’envie de faire d’autres voyages dans le but de partager leur savoir-faire en matière de sculpture marquisienne.
    “Ce séjour en Nouvelle-Calédonie a été très formateur”, explique Fara Taupotini. “Nous étions conviés à ce festival de sculpture aux côtés d’artistes calédoniens, australiens, ou encore de Tokelau et du Vanuatu. Cependant, la première surprise culturelle a été celle de la cérémonie coutumière, qui a eu lieu lors de l’ouverture officielle du festival. Nous avions été informés de la marche à suivre par un adjoint au maire de Mont-Dore, donc nous savions à quoi nous attendre. Nous devions offrir au chef coutumier un morceau de tissu puis un billet de 1 000 F. Je dois dire que même en étant préparés, nous avons trouvé très impressionnant le moment où le chef a retourné notre cadeau, signe que nous étions acceptés dans sa tribu.”
    Une fois les festivités d’ouverture du festival passées, les deux artisans marquisiens ont eu pour mission de sculpter un des six poteaux du futur marché couvert de la ville de Mont-Dore, qui devrait ouvrir au public au mois de décembre.
    “Nous avions choisi de travailler sur le thème du tiki voyageur”, précise Fara Taupotini. “L’idée était de sculpter un grand tiki puis des motifs marquisiens retraçant notre périple jusqu’en Nouvelle-Calédonie, mais aussi de graver les liens qui unissent la ville de Mont-Dore à l’île de Nuku Hiva, qui sont jumelées depuis près de 15 ans.”

    Nombreuses commandes de particuliers

    Ainsi, en l’espace d’une dizaine de jours, les deux Marquisiens se sont affairés à travailler sur le poteau de trois mètres sur quinze centimètres de diamètre, fournis par la commune calédonienne aux côtés des autres artisans océaniens.
    “Au fil du temps, il était intéressant de voir l’avancée de chaque poteau et les différences de sculpture des peuples voisins. Les Calédoniens, par exemple, ont une sculpture très figurative, plus adaptée à des supports plats comme des panneaux muraux. La sculpture australienne est très axée sur les animaux comme les serpents, les kangourous ou encore les crocodiles. Nous avons beaucoup aimé ce travail.
    Mais c’est sans comparaison avec le travail de Vanuatu qui nous a le plus plu. Leur sculpture représente des tranches de vie quotidienne autour du foyer, de la famille et des animaux domestiques. C’est très impressionnant et très codifié, un peu comme la sculpture marquisienne, même si les deux sont très différentes au final”, explique Fara Taupotini.
    Cependant, c’est bel et bien le stand de Fara Taupotini et de Kohu Tamarii qui a été le plus visité par les touristes et les habitants de Mont-Dore pendant le festival.
    À tel point que les deux artisans marquisiens ont dû décaler leur retour afin de réaliser d’autres sculptures ornementales pour des particuliers.
    “Nous n’avions pas prévu un tel succès. Chaque jour, les visiteurs du festival nous passaient des commandes que nous étions obligés de refuser par manque de temps. C’était d’ailleurs impressionnant de voir l’enthousiasme provoqué par notre travail hors de Polynésie”, poursuit Fara Taupotini.
    Un succès qui a interpellé les organisateurs du festival Sculpture en partage, qui ont d’ores et déjà prévu d’accueillir une délégation marquisienne plus importante lors de la prochaine édition (dans deux ans).
    En plus de sculpteurs sur bois, il serait question de faire venir des sculpteurs sur pierre, des tatoueurs et un groupe de danse marquisienne.

    De notre correspondante Marie Edragas

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