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Le sucre, notre ennemi

lundi 3 juillet 2017

Depistage Diabete

Simple et gratuit, le test ne prend que quelques secondes. (© Photo : Christophe Cozette)


Le Rotary a organisé, samedi dernier, un dépistage du diabète à l’entrée du magasin Carrefour, à Arue. Le fenua est particulièrement touché par le diabète et l’obésité. Le docteur Jean-Louis Boissin déplore l’arrêt des subventions publiques, qui permettaient d’effectuer des dépistages, notamment dans les îles.

“Contrôle de glycémie, s’il vous plaît.” Samedi dernier, de 8 à 16 heures, une poignée de bénévoles motivés du Rotary, sous la houlette du docteur Jean-Louis Boissin, ont procédé à une opération de dépistage, gratuite, à l’entrée du supermarché Carrefour de la côte est. Il s’agissait de dépister le taux de glycémie, indice d’obésité et de diabète, des domaines de santé publique où le fenua tient malheureusement le haut du pavé… mondial.

C’est grâce aux subventions du Rotary, que ces dépistages du diabète se réalisent, à intervalles réguliers (chaque dernier ou premier week-end du mois) car “depuis deux ans, nous n’avons plus de subventions publiques”, explique le docteur Jean-Louis Boissin, responsable, au niveau de l’académie nationale de médecine, de tout l’outre-mer.

Le taote regrette cette situation. “On est en train de perdre le combat. Avant nous avions 3 millions de francs de subventions, cela nous permettait d’aller dans les îles et les écoles. Aujourd’hui, ce n’est plus possible.”

Dès l’ouverture de la grande surface, femmes, hommes, enfants, jeunes et plus âgés ont accepté, la plupart sans hésitation, le test, simple et gratuit bien sûr, proposé par les bénévoles, partagés en trois tables distinctes. Et aux portes de l’ascenseur, c’est la mesure du poids et de la taille, avant la prise de tension permettant, entre autres, le calcul de l’indice de masse corporelle (IMC), avant la prise de goutte de sang, nécessaire au calcul du taux de glycémie. Et au-delà d’un taux de 1,4 g/litre, c’est l’alerte… multiple.

“Les chiffres sont toujours à peu près les mêmes, soit 30 % d’obésité, 35 % d’hypertension et environ 5 à 6 % de diabète, mais ce sont des personnes qui ne prennent pas leurs médicaments, en général”, explique le médecin, pour qui l’ennemi est le sucre (lire ci-dessous).

 

20 % d’obèses d’ici 2025

 

Heureusement, les temps ont changé. “Il y a 20 ans, quand on nous voyait là, les gens passaient par les sous-sols pour nous éviter et nous étions obligés d’aller les chercher”, se souvient le docteur Boissin.

Comme Liliane Tepa, jeune vahine venue faire ses courses aux alentours de midi, samedi dernier, “pour rester en bonne santé, il faut faire des tests” (lire ci-dessous). Avec un taux dans la norme, la jeune femme réfléchira néanmoins à faire des courses plus saines, après son test.

Et Liliane Tepa a raison, le fenua est malade. Comme La Dépêche de Tahiti l’écrivait dans son édition du 2 avril 2016, (“La Polynésie sur le podium de l’obésité”), selon une étude publiée dans la revue médicale britannique The Lancet parue à l’époque, “la Polynésie figure en bonne place dans le classement du plus grand nombre d’obèses par habitant”. Au fenua et en Micronésie, “38 % des hommes et la moitié des femmes adultes sont en surcharge pondérale”, selon la publication.
Et si l’on se réfère aux données plus détaillées fournies par l’organisme NCD Risk Factor, les hommes de Polynésie montent même sur la première marche du podium, 48,7 % d’entre eux étant aujourd’hui en surcharge pondérale. Les femmes, elles, occupent la sixième place du classement mondial avec un taux supérieur, de l’ordre de 55,2 %.

Globalement, nombre d’îles de la zone Pacifique sont également concernées. En comparaison, “à l’échelle de la planète, 13 % de la population est aujourd’hui obèse, selon les auteurs de l’étude, et ce chiffre pourrait passer à 20 % d’ici 2025”.

Et la conclusion n’a guère changé, depuis avril 2016. “En 2012, au fenua, 53 milliards de francs étaient consacrés aux dépenses de santé et la moitié de cette somme était rattachée aux maladies liées à la surcharge pondérale (maladies cardio-vasculaires pour 37 %, diabète et ses complications pour 15 %).”
Prochaine opération de dépistage du diabète, le mois prochain, au magasin Carrefour Punaauia, cette fois. 

 

Christophe Cozette

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