Le synode sur la famille se clôt sans consensus sur divorcés et homosexuels

samedi 18 octobre 2014

Le synode sur la famille a approuvé aujourd’hui son rapport final, mais sans parvenir à un consensus sur les points délicats de l’accueil dans l’Eglise des divorcés remariés et des homosexuels, laissant une assemblée très divisée à l’issue de deux semaines de débats mouvementés. Ce document a montré que le langage nouveau prônant la « miséricorde », autrement dit la bienveillance, à l’égard de l’union libre, des divorcés remariés et de l’homosexualité, qui imprégnait fortement une première synthèse des débats publiée lundi, ne fait pas l’unanimité.
Trois paragraphes –proposant un « approfondissement » sur l’accès aux sacrements, dans des conditions strictes, de certains divorcés remariés, et recommandant une « attention pastorale » pour les gays, tout en récusant toute « analogie » entre leurs couples et le mariage traditionnel– n’ont pas atteint les deux tiers requis.
Mais cela ne veut pas dire que leur contenu soit totalement rejeté et évacué du débat, a insisté le Vatican. Même si ce rejet vient probablement surtout du camp conservateur.
Les 183 pères synodaux présents ont voté paragraphe par paragraphe: « placet » ou « non placet ». Le texte a été publié aussitôt, à la demande de François.
Le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, a résumé devant des journalistes le changement intervenu en six jours dans les groupes de travail qui ont étudié des centaines d’amendements: « ce texte est nettement plus réservé » que celui de lundi, notamment sur les homosexuels, en tenant compte notamment des oppositions des évêques de « pays de cultures très différentes », a-t-il reconnu.
Dans la matinée, le synode avait rendu public un message aux familles dans le monde entier, insistant sur « l’amour conjugal indissoluble », et affirmant que « l’Eglise doit être une maison avec la porte toujours ouverte et accueillante, sans exclure personne ».
Avant la clôture des travaux, François a pris la parole, se déclarant confiant que l’année à venir permettrait de « faire murir, avec un vrai discernement spirituel, les idées proposées et trouver des solutions concrètes à tant de difficultés et innombrables défis ».
Le cardinal américain Raymond Leo Burke, un des chefs de file de l’opposition conservatrice au pape François, avait affirmé jeudi que le texte pourrait être rejeté si les affirmations « inacceptables sur les rapports sexuels hors mariage et entre personnes de même sexe » n’étaient pas retirées.
Critiques contre les médias : dans le premier document de lundi, la reconnaissance d' »aspects positifs » dans les unions stables hors mariage et chez les homosexuels, avait suscité une avalanche de réactions inquiètes de prélats, des Etats-Unis à l’Afrique. Tous dénonçaient le fait que ces thèmes aient été mis en avant alors qu’ils avaient été peu abordés. Ils n’ont pas été repris sous cette forme dans le texte final.
La médiatisation du synode a été aussi jugée responsable des tensions. « Ce qui a été publié par les médias sur les unions homosexuelles, est une tentative pour pousser l’Eglise à changer sa doctrine », a ainsi jugé le cardinal guinéen Robert Sarah.
L’archevêque de Malines-Bruxelles André Léonard avait de son côté déploré « l’incident » qu’a représenté, selon lui, la décision de rendre public lundi ce texte provisoire. « On a dû alors se focaliser sur les questions qui intéressent la presse au lieu de travailler sur celles qui intéressent les familles », avait-il dit à Radio Vatican.  
François avait convoqué dès 2013 ce synode dit « extraordinaire » (réunissant les présidents de conférences épiscopales) pour sonder les évêques sur les réponses à apporter aux défis de la famille, sans rompre avec l’indissolubilité du mariage.
L’approbation du document final montre que la ligne réaliste du pape est assez largement suivie. Elle lui a permis, paragraphe par paragraphe, de voir la force des camps en présence, partisans et adversaires de ses réformes.
Ce synode agité, le premier convoqué par François, est la première phase d’un long processus de consultations. Un deuxième synode « ordinaire », chargé d’élaborer des propositions, est prévu pour octobre 2015. Ses conclusions seront remises à François, qui aura le dernier mot.
Certains cardinaux craignent que l’édifice de l’Eglise ne s’écroule tout entier en cas d’ouvertures majeures sur le divorce, l’union libre ou l’homosexualité.  
Les évêques du Sud ont critiqué le conditionnement des aides par certaines ONG, l’Union européenne ou l’ONU à l’acceptation de programmes contraires à leur conception des moeurs et de la vie comme la contraception et l’homosexualité.
 
AFP
 
 

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