Le Trou du souffleur rouvre lundi, les Trois cascades début 2016

    samedi 10 octobre 2015

    Au gré des budgets, des permis de construire et des intempéries, le service du tourisme réhabilite les points d’intérêt de Tahiti pour en faire de nouveaux “lieux de vie”, à l’heure où les croisiéristes se multiplient.  Les visiteurs pourront bientôt redécouvrir
    le Trou du souffleur et les Trois cascades, tandis que des travaux sont prévus aux PK 18 et PK 19, au début de l’année prochaine. Les aménageurs espèrent plus de moyens pour mettre en place la stratégie de développement touristique 2015-2020, mais aussi pour couvrir les actes de vandalisme qui amputent leur budget de fonctionnement.

    Les Polynésiens et les touristes de passage à Tahiti vont bientôt pouvoir réécouter les impressionnants grondements du Trou du souffleur. Le premier tronçon du site, en travaux depuis le début de l’année, aurait été réceptionné hier par la direction de l’équipement, selon le service du tourisme, maître d’ouvrage délégué. Des filets ont été posés contre les éboulements, un petit parc paysager et un chemin planté ont fleuri à la place de l’ancienne route… Dès ce lundi, les visiteurs devraient donc pouvoir emprunter le nouveau dallage imprimé pour observer les vagues s’engouffrer sous la côte rocheuse et, par temps de houle, être recrachées en un puissant souffle.
    En 2016, les sanitaires devraient être réhabilités et un fare vente installé pour “créer une activité touristique”. D’ici à 2017, l’aménagement du second tronçon (jusqu’au bout de l’ancienne route) devrait permettre d’achever la réhabilitation du site.
    Celle-ci aura coûté la rondelette somme de 170 millions de francs, un mal nécessaire pour redorer le blason de la principale curiosité géologique de Tahiti, surtout à l’heure où les offres “tour de l’île” se multiplient pour les croisiéristes.

    Les Trois cascades fermées jusqu’en janvier

    “Une partie de la stratégie de développement touristique 2015-2020 est consacrée à la valorisation des sites touristiques”, rappelle Bruno Jordan, chef du service du tourisme. “Lorsque l’on fait un tour de l’île, on souhaite qu’il y ait des points d’arrêt, et qu’ils soient vraiment valorisés, dynamisés. On veut en faire des lieux de vie, avec des animations, autant pour la population que pour les touristes”, explique-t-il.  Plusieurs projets sont donc engagés ou encore à l’étude sur les spots emblématiques de Tahiti : à la pointe Vénus, à PK18 et PK 19 (lire les encadrés), etc. Le Pays a également acquis le site des Trois cascades, pour le sécuriser. “Il y avait énormément de chutes de pierres”, raconte Bertrand Marcillat, au département aménagement du service du tourisme. Cinquante millions de francs ont été investis pour poser des filets qui devraient être rapidement recouverts par la végétation. Le site ne rouvrira pas avant début janvier, au plus tôt. “Mais c’est un mal pour un bien, parce que si une pierre déboulait au milieu d’un groupe de randonneurs, ce serait comme un éléphant dans un jeu de quilles…”, prévient-il, en montrant des photos de touristes avançant à la queue leu leu vers les cascades.
    Avec l’arrimage de paquebots toujours plus gros, la fréquentation des “sites remarquables” de l’île capitale augmente. “Soyez conscients que si, un jour, il y avait trois morts, ce serait fini.”

    Marie Guitton

    Bruno Jordan, chef du service du tourisme : “On veut en faire des lieux de vie”

    Quelle est votre vision globale pour Tahiti ?
    L’idée, c’est d’aménager au maximum les sites remarquables, les points de vue, etc. Lorsque l’on fait un tour de l’île, on souhaite qu’il y ait des points d’arrêt, et qu’ils soient vraiment valorisés, dynamisés.
    On veut en faire des lieux de vie autant pour les touristes que pour les populations, avec des animations et l’embauche de patentés du coin pour l’entretien.
    Que ce soit à Mahina, à Punauuia, etc., on ne fait aucun aménagement sans l’accord du maire et sans en avertir le conseil municipal, puisque ce sont eux qui connaissent les besoins.

    Diriez-vous qu’un grand retard a été pris ?
    Il y avait plutôt un problème de communication sur ce qui était entrepris. Mais les politiques, aujourd’hui, sont de plus en plus sensibles au développement des sites touristiques. Il y a quelques mois, on a fait le tour de l’île avec des membres de la commission tourisme de l’assemblée.
    Cette visite a permis aux représentants de voir, lorsqu’on leur demande des crédits supplémentaires, où ceux-ci sont affectés.

    Par la suite, votre budget sera-t-il augmenté ?
    La stratégie de développement (2015-2020) place le tourisme au centre de l’activité économique. L’idée, c’est que tous les autres secteurs gravitent autour, que ce soit la pêche, les transports, etc.
    Donc pour mettre en place cette stratégie, il nous faut les moyens, budgétaires et humains. Aujourd’hui, on est en attente du budget 2016 pour voir si on les aura. Mais au-delà du Pays, il y a d’autres leviers financiers comme le contrat de projets, le fonds de développement européen, etc.

     

    Un budget amputé par le vandalisme

    “Le vandalisme, c’est un truc de dingue ! On nous pique même les rouleaux de papier toilette.” Le 8 août, entre Mahina et Papenoo, les panneaux explicatifs installés par le service du tourisme à la pointe Tapahi étaient arrachés. “Ce triptyque en tahitien-français-anglais vaut à lui seul 150 000 F…”, s’agace l’un des contrôleurs du département aménagement, en faisant défiler les photos sur son ordinateur.
    Tables de pique-nique taguées, cordes de randonnée découpées, panneaux directionnels arrachés… Les plaintes contre X déposées par le service du tourisme se multiplient. L’année dernière, la vidéo d’un jeune alcoolisé en train d’arracher des panneaux et des piquets dans les jardins d’eau de Vaipahi avait tourné sur les réseaux. Identifié, il a été condamné à 15 000 F d’amende.
    Afin de prévenir les actes de vandalisme, le service du tourisme tente, au maximum, d’y installer des exploitants, “comme des roulottes”. “Ça limite les dégâts”, assure le contrôleur. Mais lorsque les auteurs ne sont pas pris en flagrant délit, ni retrouvés, le service du tourisme doit mettre la main à la poche. À Vaipahi, un million de francs avait été investi pour installer des cordages de sécurité sur les sentiers de randonnée. “On a dû en rajouter 500 000 pour remplacer toutes les cordes qui ont été tranchées, juste pour le plaisir. C’est malheureux de voir ça. C’est ça de moins qu’on peut investir sur d’autres sites…”

    PK 18 : des travaux après le cyclone et les fêtes de Noël

    Le service du tourisme a hérité du spot incontournable de PK 18, en 2014, avec la ferme intention d’y construire un “parking paysager”. Pour un montant de près de 31 millions de francs, “on va complètement restructurer le site, avec des plantations, des virages, des places réservées aux bus, scooters et personnes handicapées”, explique Bertrand Marcillat, adjoint du département aménagement.
    Initialement prévus autour du mois de mai, les travaux n’ont toujours pas débuté. Seul un terrain vague cabossé accueille les automobilistes. “On pourrait commencer dès demain, assure aujourd’hui le service du tourisme, mais on a pris le parti de reporter les travaux à janvier pour ne pas fermer le site pendant les vacances.” Et pour laisser le temps à l’éventuel “cyclone du mois de novembre” de faire son œuvre.
    L’opération devrait donc être lancée l’année prochaine et durer environ deux mois, pendant lesquels la plage sera toujours accessible aux piétons. Les voitures, en revanche, devront être garées plus loin. Une habitude que les automobilistes feraient bien de garder, puisqu’une dizaine de places seront supprimées…

    “Dynamiser” Mahana Park

    Parallèlement au réaménagement de PK 18, le service du tourisme souhaite “dynamiser” à partir de janvier 2016 le Mahana Park, situé un kilomètre plus loin. Des sanitaires, des douches, des vestiaires et une loge de gardien seront construits pour 20 millions de francs environ. Un appel à projets est aujourd’hui à l’étude pour reprendre l’ancien restaurant de la Mangue Verte, déjà réhabilité pour 7 millions de francs. “Notre objectif, c’est de réaménager, mais surtout de faire vivre le site.” À terme, la plage, détériorée par de fortes houles, il y a quelques années, devrait, elle aussi, être réhabilitée.

    hiro 2015-10-11 13:07:00
    tu peut couper l herbe en bord de route et tailler tes arbres apres avoir ramasse les feuiiles et rendu le coin superbe...y aura toujours un cretin pout jeter un punu coca ou une machine a laver...Faut pas baisser les bras a cause de ces cons...si chacun fait pour soit et sa conscience, on va avancer...
    Pito 2015-10-10 22:33:00
    Enfin ça bouge, mais une amende de 15 000 fcp est elle suffisante quand se triste personne saccage des installations qui coûtent 10 fois plus ?
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