Le uru se mange… et se boit !

    samedi 23 mai 2015

    « Une grande première. » En effet, comme l’a résumé hier Thierry Mosser, directeur général de la Brasserie de Tahiti dans les locaux de l’usine-mère au fond de l’usine de la Punaruu, la Pia uru, la dernière née de la Brasserie de Tahiti, est la première bière « industrielle », « avec des produits tahitiens », à savoir le uru, le fruit de l’arbre à pain. « Industrielle » mais « limitée » car, pour le moment, cette bière ne sera tirée que pour 108 000 canettes de 33cl uniquement.
    Cela aurait pu être le manioc, le taro mais c’est finalement le uru qui a été retenu par l’équipe, pour cette bière dont le projet a démarré, il y a trois ans environ. « Le uru est reconnu pour ses propriétés et ses qualités gustatives et est vraiment un fruit emblématique du fenua », a souligné Thierry Mosser, lors du lancement officiel de cette neuvième bière produite par la Brasserie de Tahiti depuis 20 ans, la 5e en 3 ans.
     
    Initié en 2012, la Pira uru a nécessité deux ans d’effort et de test. « Le uru n’est pas un des ingrédients naturels de la fabrication de la bière, il nous a fallu donc réorganiser notre processus de brassage pour l’intégrer avec le malt qui reste l’ingrédient de base de fabrication de la bière » a précisé le directeur général. « Nous sommes partis de 0 », a précisé Jérôme Kimpe, maître-brasseur.
    « Pour la Pia uru, une partie du malt a été remplacée par de la farine de uru locale. Toute la complexité et l’objet des recherches aura été de réussir à la dissoudre pour pouvoir en tirer les sucres. Un procédé unique a été développé afin d’y parvenir. Les enzymes du malt sont utilisées pour «casser» les molécules d’amidon du uru et en extraire les sucres. »

     
    Mais même si chacune des six cuves de la brasserie peut produire 18 000 litres par heure soit 180 000 hectolitres par an ou encore 30 000 canettes à l’heure de bière, la production de la Pia uru n’est pour l’instant, qu’un « coup d’essai » autrement dit, une édition limitée. Se fournir en farine de uru en quantité suffisante, reste un challenge.
    Si le succès est au rendez-vous, la Brasserie pourrait envisager de créer sa propre filière d’approvisionnement. Quoiqu’il en soit, cette édition limitée sera disponible à partir du 1er juin dans tous les magasins de Polynésie, au prix de 230Fcfp, soit légèrement plus que sa grande sœur, la Hinano.
     
    Plus légère que sa grande sœur – 4,6°C au lieu de 5°C -, la Pia uru a un emballage aux couleurs rouge et vert où l’arbre et la feuille de uru prennent toute leur place. Et le goût ? Selon les privilégiés qui ont pu la tester en avant-première, c’est une réussite. Une vraie bière du soleil, rafraîchissante à souhait, avec la touche subtile, d’un arrière-goût du uru. À boire avec modération.
     
    La Brasserie de Tahiti ne manque pas de projets. « C’est clairement une volonté d’apporter de la nouveauté aux amateurs de bières, a confié le directeur général. Notre objectif est de sortir très régulièrement des bières aux goûts différents. » Alors d’autres bières sont-elles prévues avant la fin de l’année ? « Nous avons toujours des projets en cours », a-t-il lâché. La rumeur court sur une bière blanche, pour les fêtes. Dans les cartons mais pas dans les chopes, la Brasserie de Tahiti souhaiterait, à la demande des tours opérateurs touristiques, mettre en place un musée dans ses locaux ainsi que des visites à vocation touristique de son usine. Ces projets sont aussi en cours.
     

    Christophe Cozette

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