Le Vanuatu a évité le pire grâce à une combinaison de savoirs anciens et modernes

jeudi 26 mars 2015

Des vents soufflant à parfois plus de 300 km/h pendant plusieurs heures, accompagnés de fortes pluies : c’est un « monstre » qui s’est abattu sur le Vanuatu dans la nuit du vendredi au samedi 14 mars, comme l’a qualifié le président de l’archipel. Le passage du cyclone Pam a fait des ravages dans les îles, mais le bilan humain est bien inférieur aux craintes initiales : 11 personnes ont été tuées, selon les autorités – 3 à Port-Vila, 5 à Tanna, une à Lelepa et deux à Mataso. « Je ne pense pas que quiconque osait espérer que les dommages en termes de vies humaines seraient si bas », raconte Dan McGarry, technicien en chef à l’Institut des politiques publiques du Pacifique. Pour lui, il y a plusieurs raisons qui expliquent la capacité du peuple vanuatais à survivre alors qu’il est confronté à un cyclone de catégorie 5. Il y a d’abord une certaine habitude de ces phénomènes naturels, et donc un savoir traditionnel qui se transmet de génération en génération : « Depuis que les premiers habitants sont arrivés sur les îles du Vanuatu, ils ont dû affronter des cyclones. Les structures traditionnelles sont restées : les maisons sont construites de telle sorte que le vent puisse passer dessous et permettre au toit de rester en place ; dans la plupart des villages, les bâtiments publics sont construits avec des bois très résistants ; les matériaux utilisés pour construire les toits et les murs sont un peu poreux, ce qui empêche de créer cette énorme différence de pression  que l’on observe avec les structures modernes. »
Le Vanuatu a donc su préserver ses savoirs ancestraux adaptés à sa géographie. Mais pour Dan McGarry, en parallèle, le pays a aussi su se doter des technologies d’alertes les plus modernes pour réduire au maximum les pertes en vies humaines : « Nous sommes passés de capacités réduites de communication dans les municipalités à un accès quasi universel aux communications mobiles, et cela a contribué à nous permettre d’avertir l’ensemble de la population que nous n’étions pas confrontés à un cyclone habituel. On a aussi pu mieux travailler avec les autorités locales, pour identifier les centres d’évacuation, par exemple. »
Malheureusement, ces technologies ont été mises à rude épreuve pendant le passage du cyclone, mais elles ont rempli leur rôle, se félicite Dan McGarry. Pour le technicien en chef, le Vanuatu devrait être pris comme exemple par toutes les autres îles menacées par ce type de phénomènes climatiques dans le monde.
 Signalons, par ailleurs, que toutes les îles de l’archipel devraient avoir reçu de l’aide, aujourd’hui. Près de deux semaines après le passage du cyclone, certains habitants de villages reculés n’avaient toujours pas reçu la visite des secours. Les résidents de l’île d’Erromango, située entre Éfaté et Tanna, disaient se sentir « abandonnés », hier, manquant désespérément d’eau et de nourriture. Des vivres devaient leur être distribués aujourd’hui.
 
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