Le Vanuatu dit avoir l’équivalent de trois semaines de vivres

lundi 23 mars 2015

Plus d’une semaine après le passage du cyclone Pam, les distributions d’aide alimentaire ont finalement commencé hier, dans le nord de l’île d’Éfaté. Des sacs de riz ont été donnés à la population par la municipalité de Port-Vila. Si l’aide a tardé à être distribuée, c’est parce que le gouvernement estimait ne pas avoir de quoi répondre aux attentes de tous, explique le porte-parole du gouvernement, Kiery Manassah. Depuis, « des containers sont arrivés, et le pays a de quoi tenir ces trois prochaines semaines », assure-t-il.
En parallèle de ces distributions d’aide, les Vanuatais sont invités à s’occuper de leurs jardins, de leurs potagers et de leurs vergers. Dans un pays où 80% de la population dépend de l’agriculture de subsistance, c’est une priorité, souligne Peter Iesul, responsable du développement rural au ministère de l’Agriculture : « Plus de 80% des plants de manioc et de patate douce ont été détruits par le cyclone. Pour le moment, les gens mangent les bananes arrachées, qu’ils ramassent par terre. Mais d’ici une semaine, ils seront à court de nourriture. Nous commençons à distribuer des sacs de riz, financés par l’aide internationale. En parallèle, nous conseillons aux cultivateurs et aux familles de replanter le plus vite possible les variétés qui poussent rapidement, à savoir le manioc et la patate douce, qui seront bons à récolter d’ici trois mois au minimum. »
Pour certaines familles, le taro, le manioc, les bananes, les choux, ou encore les noix de coco cultivés servaient non seulement à se nourrir quotidiennement, mais cela représentait aussi une petite rentrée d’argent. Depuis le passage du cyclone, les marchés sont quasiment vides. Quelques femmes font quand même le tour des halles et des nakamal, ces espaces communautaires où les hommes boivent le kava, avec ce qu’elles ont réussi à sauver de leurs jardins inondés. Caroline Lafargue a recueilli le témoignage de l’une d’entre elles, Elsa. Rencontrée sur un petit marché à la sortie de la ville, cette vendeuse originaire d’Ekipe, un village situé à une heure de voiture de Port-Vila, avait avec elle tout ce qui lui restait après le passage du cyclone : des racines de kava.
« Pendant le cyclone, toutes nos plantations, nos jardins ont été détruits. Pam a gâché toute notre nourriture – celle qui poussait dans les arbres et celle qui poussait dans la terre. L’eau a aussi noyé le kava. C’est pour ça que j’ai arraché les racines, comme ça je peux les vendre, on a besoin d’un peu d’argent. Si je les laissais dans le jardin, ça pourrirait. Il faut que je les vende rapidement, tant que c’est encore bon. Je vends le kava 500 vatus le kilo. D’autres le vendent 600 le kilo. Je suis honnête ! »
En attendant les premières récoltes, les Vanuatais vont donc dépendre de l’aide internationale. En visite, hier, à Port-Vila, la ministre australienne des Affaires étrangères, Julie Bishop, a promis un soutien sur le long-terme.
Selon elle, 11 avions militaires australiens ont déjà été envoyés au Vanuatu, avec des équipements de première nécessité et de la nourriture. Des travailleurs humanitaires, et notamment des médecins et infirmiers ont aussi été envoyés en urgence. Cette aide pourrait être complétée dans les prochaines semaines et les prochains mois, au besoin, a assuré la responsable australienne.
 
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