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L’eau au cœur des préoccupations à Faa’a

mercredi 21 juin 2017

conseil municipal faa'a

Les membres du conseil municipal se sont réunis, hier, pour approuver le rapport annuel sur le prix et la qualité des services publics de l’eau potable, de l’assainissement et des déchets. (© Élénore Pelletier)


Les membres du conseil municipal se sont réunis hier pour approuver le rapport annuel sur le prix et la qualité des services publics de l’eau potable, de l’assainissement et des déchets, document imposé aux maires, avant le 30 juin de chaque année, dans le cadre du Code général des collectivités territoriales (CGCT). Lors du conseil municipal de mai, les élus s’étaient déjà alarmés quant à la “situation catastrophique” du service eau, qui comptabilisait un déficit de 20 millions de francs pour l’année 2016, malgré une subvention d’équilibre de 238 millions de francs (soit presque le double de l’année précédente). Une fois encore, les élus ont cherché à comprendre pourquoi un tel déficit, malgré les investissements réalisés qui devaient pourtant conduire à des économies de fonctionnement.

• Réseaux vétustes à remplacer

Des travaux ont été effectués entre 2002 et 2014 pour rénover la majeure partie des artères principales de distribution en eau de la commune.

Un budget de 2,5 milliards de francs avait été dédié à ceux-ci. Mais aujourd’hui, il reste encore plus de 50 % du réseau à rénover, voire même à remplacer (20 % des canalisations principales et toutes les canalisations secondaires qui pénètrent dans les quartiers).

Ces canalisations ont été posées en 1980. Avec le temps, elles ont fini par se dégrader et elles sont aujourd’hui sujettes à de nombreuses fuites.
On estime d’ailleurs à 5 millions de mètres  cubes de perte d’eau par an sur le réseau communal ; ce qui est énorme.

“Sur les deux dernières mandatures, la priorité du maire, c’était de fournir toute la population en eau potable et nous y sommes parvenus. Aujourd’hui, il faut nous concentrer sur l’entretien de notre réseau pour cesser le déficit de ce service public”, explique-t-on à la mairie de Faa’a.

Si aujourd’hui, la commune envisage le remplacement de toutes ses canalisations vétustes, elle explique devoir, dans un premier temps, finaliser la mise à jour de son schéma directeur de l’adduction de l’eau potable (SDAEP).

Cela fait depuis janvier 2017 qu’elle y travaille et espère le boucler d’ici la fin de l’année. Celui-ci permettra à la mairie d’évaluer la situation actuelle et d’être plus efficace dans les travaux à mettre en œuvre.

“Aujourd’hui, nos équipes techniques travaillent souvent sur les mêmes canalisations, tellement il y a de fuites à réparer. Ils interviennent sur une canalisation un jour et la semaine d’après, ils doivent à nouveau intervenir cinq mètres plus loin… Dans ces cas-là, c’est toute la canalisation du quartier qu’il faut changer”, insiste-t-on à la mairie.

Mais changer les canalisations n’est pas une mince à faire : cela nécessite des travaux lourds et donc des investissements lourds qui ne peuvent être supportés par la commune toute seule.

Une fois son SDAEP mis à jour, la mairie devra donc faire appel à l’aide financière du Pays et de l’État… Et là, on connaît la lenteur des rouages administratifs.

 

• Des équipements modernes, mais pas encore efficaces

Depuis trois ans, la commune s’est équipée d’un logiciel de télégestion “Topkapi”, capable de surveiller le niveau des bassins d’alimentation en eau en temps réel.

Cet outil devait permettre à la commune de dégager de grosses économies (elle avait d’ailleurs évalué  à 3 millions d’économie réalisés tous les deux mois)…

Malheureusement, celles-ci ne sont pour le moment pas visibles. En réalité, pour que le logiciel soit véritablement efficace, il est nécessaire que les bassins d’alimentation en eau potable soient automatisés.

Aujourd’hui, ce sont les équipes techniques de la mairie qui doivent intervenir sur chaque bassin pour ouvrir et fermer manuellement les vannes en fonction du remplissage de ceux-ci.

“On perd un temps fou (…) et pendant ce temps-là, l’eau continue à s’écouler. Avec des bassins automatisés, on aurait une meilleure maîtrise de nos bassins et donc, on pourrait faire de vraies économies”, explique-t-on au service eau de la commune.

D’ici la fin de l’année, la commune envisage d’automatiser cinq de ses bassins (sur les 19 existants).

Elle a choisi de prioriser les bassins réceptionnant l’eau fournit par le syndicat Te oropaa en provenance du captage de la Punaru’u, qui lui coûte moins cher que l’eau provenant de ses forages.

 

• Des forages qui coûtent cher

Il faut savoir qu’à Faa’a, un tiers de l’eau potable provient des captages communaux. Cette eau là ne coûte presque rien à la commune ; un autre tiers provient du captage du syndicat Te Oropaa, dont la commune paie le service.

Le dernier tiers provient des forages, qui utilisent une grande quantité d’énergie.

Faire fonctionner les forages et les systèmes de pompage des bassins coûte cher puisque cela nécessite une grande consommation d’électricité.
“Nous consommons environ 200 millions de francs par an d’électricité, pour le pompage”, confie-t-on à la mairie. 

La commune aimerait remplacer certains de ses systèmes de pompage par des systèmes gravitaires ne nécessitant pas d’électricité, ce qui lui permettrait de faire de bonnes économies.

“Cela fait un an et demi que l’on travaille sur ce projet. Nous avons mené des travaux d’étude sur la nappe d’eau existant sur la terre de Mumuvai (au-dessus de la décharge), qui alimente déjà en gravitaire le quartier de St Hilaire, pour tirer des canalisations jusqu’à Pamatai et Heiri. Aujourd’hui, on est obligé de pomper l’eau des bassins pour alimenter Heiri et Pamatai. Avec cette solution, l’eau proviendrait directement de la nappe de 3 000 m3 par un système gravitaire, donc bien moins onéreux”, commente-t-on au service eau de la commune.

 

• Des compteurs d’eau manquant pour une partie de la population

Deux tiers des foyers de Faa’a sont aujourd’hui équipés de compteur d’eau et paient à la consommation réelle.

“On peut dire qu’en général, la pose des compteurs a eu pour effet de faire baisser la consommation d’eau dans les foyers. Les gens font plus attention.. On a encore des cas où la consommation reste élevée, mais à partir du moment où les foyers sont équipés de compteurs, il est plus facile pour nous d’intervenir et de sensibiliser les gens. Généralement, cela provient de fuite au niveau de leur canalisation. Malheureusement, les familles n’ont pas forcément les moyens de payer un plombier pour refaire leurs réseaux”, explique la mairie.

Deux mille foyers sont, quant à eux, toujours au forfait. Pour la mairie, impossible donc d’évaluer leur consommation réelle et de repérer un quelconque gaspillage dû à une fuite.

“Les 5 millions de mètres cubes d’eau perdue chaque année incluent également les pertes d’eau dans ces foyers puisque nous n’avons pas les moyens de l’estimer. C’est un problème, puisque ça représente un tiers de la population tout de même”, précise-t-on au service eau.

La commune prévoit donc de continuer l’équipement des foyers en compteur d’eau pour les années à venir.

 

 

É.P.

 

 

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