L’économie bleue : 5 % du chiffre d’affaires global du Pays en 2015

    mercredi 15 juin 2016

    De nombreux acteurs du secteur maritime et économique ont assisté, hier matin, à une présentation de “l’analyse inédite du poids  de l’économie bleue dans l’économie du Pays”. (Crédit Pascal Martin)

    De nombreux acteurs du secteur maritime et économique ont assisté, mardi matin, à une présentation de “l’analyse inédite du poids
    de l’économie bleue dans l’économie du Pays”. (Crédit Pascal Martin)

    En 2015, hors tourisme, l’économie maritime a généré un chiffre d’affaires de 39 milliards de francs, soit 5 % du chiffre d’affaires global du Pays. L’économie bleue concentre 4850 emplois directs répartis dans 7 % des entreprises du pays. Un quart des dépenses des touristes serait directement lié à la mer, apportant ainsi 11,7 milliards de francs de recettes au Pays, principalement via l’industrie de la croisière.

     

    Malgré une zone économique exclusive (ZEE) qui fait de la Polynésie française la collectivité d’outre-mer possédant la plus grande surface maritime avec près de 5 millions de km2, et qui apporte également à la ZEE française – en deuxième position mondiale derrière les États-Unis – près de la moitié de sa superficie maritime, le constat est sans appel.
    Le poids économique des activités liées à la mer est en effet “modéré” au regard de ce formidable potentiel, puisqu’en 2015, hors tourisme, l’économie maritime a généré un chiffre d’affaires de 39 milliards de francs, soit 5 % du chiffre d’affaires global du Pays.
    Cette économie concentre par ailleurs 4 850 emplois directs répartis dans 7 % des entreprises du pays.

    Des activités matures et d’autres en développement

    Si certaines activités matures, comme la pêche et la perliculture, sont à la recherche d’un second souffle, par contre, la plaisance et les énergies marines renouvelables constituent des activités en développement ou en devenir. En parallèle de ce constat, il existe une imbrication étroite entre l’économie bleue et le tourisme puisque les experts estiment qu’un quart des dépenses des touristes serait directement lié à la mer, apportant ainsi 11,7 milliards de francs de recettes au Pays, principalement via l’industrie de la croisière.

     

    Domination des produits de la mer dans les exportations

    Les produits de la mer occupent le premier poste d’exportations de biens de l’économie polynésienne avec, en valeur, 79 % des exportations de produits locaux du territoire en 2015, soit 9,7 milliards de francs.

     
    La perle et la pêche représentent l’essentiel des biens maritimes exportés. Les produits perliers sont les principaux produits exportés. Avec 7,6 milliards de francs de recettes, ils constituent 79 % des exportations bleues. Les produits de la pêche (poissons, mollusques) constituent le deuxième poste d’exportation avec 20 % du total.
    La grande majorité des produits perliers exportés sont des perles brutes (98 %) pour seulement 2 % de produits perliers travaillés. De même, les produits non transformés représentent 85 % des poissons exportés en 2015.
    À titre de comparaison, les produits de la mer représentaient seulement 1,3 % des exportations en Nouvelle-Calédonie en 2015, 12 % à Fidji et 13 % aux îles Salomon.

    Solde commercial positif malgré une chute de moitié des recettes en 15 ans

    La valeur des exportations de produits de la mer a diminué de moitié entre 2000 et 2015, passant de 22,6 milliards à 9,7 milliards de francs, alors qu’en parallèle, les importations de produits de la mer se sont élevées à 8,6 milliards de francs, soit 5 % des importations.

     
    Ces importations concernent principalement les biens liés à la navigation (68 %) parmi lesquels les bateaux (62 %), leurs composants (5 %) et les instruments de navigation (1 %).
    Les produits alimentaires bruts transformés issus de la mer constituent le 2e poste d’importation (20 %) suivi des articles liés aux sports nautiques (7 %) et à la marge les importations de matériel de pêche et de perliculture (3 %) et des produits perliers bruts et travaillés (2 %).
    Hors achat exceptionnel (cargo mixte Aranui 5), les importations de produits de la mer s’élèvent à 4,3 milliards de francs en 2015 contre 9,7 milliards de francs pour les exportations.

     

    Un quart des dépenses touristiques est directement lié à la mer

    En 2015, les estimations portaient à 11,7 milliards de francs les dépenses touristiques des croisiéristes en Polynésie française, soit 25 % des recettes touristiques totales du territoire.
    Le montant dépensé par les touristes terrestres dans les activités liées à la mer est évalué à 2,8 milliards de francs, dont près de 300 millions pour les activités de plongée qui attirent entre 15 % et 20 % des touristes.

     
    Au total, le budget bleu des touristes serait de 14,4 milliards de francs en 2015, soit près de 31 % du total des dépenses des touristes.
    Après avoir traversé une période de crise de 2009 à 2011, le secteur de la croisière s’est inscrit depuis en forte croissance avec un nombre d’escales en hausse de 67 % depuis 2012 et 15 % par rapport à 2014.

     
    Cette croissance concerne aussi bien la croisière inter- îles sous forme de circuit au départ de Tahiti (+37 % sur les cinq dernières années) que le trafic des paquebots incluant la Polynésie française comme escale (+16 % sur un an grâce à l’augmentation du nombre de rotations effectuées par des paquebots internationaux de taille importante).

     

    Pascal Martin

    Réaction de Teva Rohfritsch, ministre de la Relance économique et de l’Économie bleue
    “Faire de l’ensemble de la ZEE une aire marine gérée”

     

    “Lorsque j’ai pris mes fonctions, nous avons démarré la nouvelle stratégie de développement de la pêche que nous sommes en train de définir aujourd’hui avec les experts de l’AFD (Agence française de développement, NDLR), l’idée étant de se projeter sur dix ans pour atteindre l’objectif de doubler notre tonnage de poissons pêchés en Polynésie, tout en restant en dessous des limites fixées pour garantir la reproduction des espèces et en respectant le critère d’une pêche sélective à la palangre avec interdiction de l’utilisation de filets.

     
    La construction navale n’est pas oubliée puisque nous allons modifier la loi du Pays pour donner un bonus sur la défiscalisation locale avec condition de construire des bateaux en Polynésie. À ce propos, j’ai pris contact avec des constructeurs locaux qui se sont déclarés prêts à absorber la construction d’une quinzaine de bateaux qui sont déjà en projet depuis mon annonce sur les deux à trois années qui viennent. Cela va permettre de créer de l’emploi dans la construction navale ainsi que dans la maintenance et dans le tissu lié à l’activité maritime en général.

     
    L’autre objectif du gouvernement est de faire de l’ensemble de la ZEE (zone économique exclusive, NDLR) une aire marine gérée avec une pêche écoresponsable à l’intérieur de celle-ci. La réforme de la perliculture est également bien avancée puisqu’elle est sur le point d’aboutir en concertation avec les professionnels du secteur et je vais bientôt la présenter à l’assemblée.

     
    En même temps, nous travaillons sur le reste de l’économie bleue, notamment sur le transport maritime qui a été revu avec le nouveau schéma directeur du transport maritime, ainsi que l’aménagement du territoire qui sera précisé au travers du Sage (schéma d’aménagement général et d’équipement, NDLR). C’est en effet dans les îles que nous avons des potentiels de développement de l’économie bleue et par voie de conséquence, des possibilités pour les jeunes peu qualifiés de trouver un emploi. Cela passera certainement par un retour dans les îles et par le développement d’activités dans les îles.”

     

     

    Économie maritime ou économie bleue

     

    L’économie maritime englobe toutes les activités économiques liées aux océans, mers et côtes. Elle comprend aussi l’ensemble des activités de soutien directement et indirectement nécessaires au fonctionnement de ces secteurs économiques, quelle que soit leur localisation.
    L’économie bleue recouvre ainsi des domaines très variés, du secteur primaire (pêche et aquaculture en mer), du secteur secondaire (transformation des ressources halieutiques, construction et entretien de navires de plaisance et d’ouvrages flottants, production énergétique, pose et entretien de câbles sous-marins) et du secteur tertiaire avec les (prestations de transport de passagers et de fret maritime, exploitation des ports, recherche et développement, sauvetage en mer, aménagement du littoral, signalisation et cartographie, formation aux métiers de la mer et prestations de banques et d’assurances).

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