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L’Égat, un Épic sans queue ni tête

jeudi 1 mars 2018

égat

L’Égat est un de ces vestiges qui a survécu aux différentes vagues de fermetures, souvent annoncées, jamais mises en place. Tahitipress, la Sagep, le FDA et d’autres y ont eu le droit. L’Égat est passé entre les gouttes. On se demande encore comment.

Hier, la chambre territoriale des comptes, très active, ces derniers jours, dans la divulgation de ses rapports, s’est arrêtée sur l’Épic, constitué de plusieurs structures hétérogènes, qui n’ont en commun que leur potentiel touristique : un golf, un domaine agricole et un domaine de 1 500 hectares localisés à Atimaono, ainsi que le jardin botanique Harrison Smith, le musée Gauguin et le motu Ovini, localisés à Papeari.

Le rapport de la chambre dépeint un tableau dur sur cet organisme, qui n’a finalement ni queue ni tête. “Tant l’incapacité du conseil d’administration à arrêter des orientations stratégiques, que l’inadéquation des effectifs, composés de 31 agents, dont 29 agents d’exécution, ont paralysé toute possibilité de développement, sans qu’aucune mesure correctrice n’ait été prise”, résume la CTC, dans sa synthèse de document.

Disfonctionnements

S’en suit une longue liste de dysfonctionnements qui plombent le bilan de cet Épic, qui ne gère plus que le golf d’Atimaono, dans un triste état, qui plus est. “En matière financière, les comptes ne sont pas fiables, en dépit des interventions récurrentes du comptable public ; ils sont affectés tous les ans d’omissions suivies de régularisations, qui altèrent toute analyse financière”, poursuit le rapport. “Toutefois, une tendance globale peut néanmoins être dégagée : les ressources propres sont en chute, l’établissement n’étant pas rigoureux dans leur perception ; au surplus, les charges ne sont pas maîtrisées, en raison notamment d’un recours croissant et anarchique à des prestataires de services, dont les missions n’apparaissent pas toujours avoir répondu à un besoin dûment évalué ou avéré. En tout état de cause, l’établissement fait face à des dépenses annuelles de fonctionnement d’environ 300 millions de francs que grâce à une aide du Pays d’environ 150 millions de francs.” “Des mesures de redressement soient prises dans les délais les meilleurs et que l’établissement prenne en compte sa dimension d’établissement public. Si le statut d’Épic offre des avantages, il impose aussi impérativement que des règles élémentaires de gestion publique soient respectées, en matière budgétaire, comptable, fiscale et juridique”, conclut la CTC.

Bertrand Prévost

 

Quand l’Égat se fout de l’écologie, ou alors…

Quelques lignes du rapport font dresser les cheveux sur la tête alors que l’Épic est, à l’origine, censé être un outil fort de la promotion du tourisme en Polynésie française.

À l’occasion d’un inventaire en 2013, qui devait permettre d’acter la destruction ou la vente de vieux matériel, “une partie importante du matériel réformé aurait été enfouie sur site, au cours des années précédant la réforme, et notamment un véhicule Renault 5, un tracteur agricole, du matériel industriel (moteurs, tondeuses, débroussailleuses) du matériel de bureau (copieur, meubles, chaises, ordinateurs, imprimantes, vidéoprojecteur et écran de projection)”, relève la chambre territoriale des comptes. Une situation qui pose question. Si cet enfouissement contre toute valeur morale et écologique n’a pas été fait… Alors, où est passé le matériel ? Toujours du côté de la gabegie, près d’un million de francs d’articles touristiques se sont évaporés dans les comptes de l’organisme.

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