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Législatives – Forte abstention dans l’Hexagone et les pro-Macron en tête

lundi 12 juin 2017

Environ un électeur sur deux a boudé les urnes, hier, lors du premier tour des élections législatives. (Photo : Julien Mattia/NurPhoto/AFP)

Environ un électeur sur deux a boudé les urnes, hier, lors du premier tour des élections législatives. (Photo : Julien Mattia/NurPhoto/AFP)

Le parti du président Emmanuel Macron se dirige vers une victoire écrasante aux législatives après le premier tour, hier, marqué par une débâcle historique du PS, un net revers pour la droite et le FN et une abstention record, environ un électeur sur deux ayant boudé les urnes.

Selon les projections par sièges, le mouvement présidentiel, la République en marche (REM), et son allié du MoDem raviraient dimanche entre 400 et 455 des 577 sièges de l’Assemblée nationale, largement au-dessus de la majorité absolue (289 élus).

Le Premier ministre Édouard Philippe a jugé que les électeurs avaient confirmé leur “attachement dans le projet de renouvellement, de rassemblement et de conquête” d’Emmanuel Macron.

Ce score tient de la performance pour un mouvement qui, après seulement un an d’existence, a réussi à dynamiter les partis traditionnels de gauche et de droite qui se partageaient le pouvoir en France depuis 60 ans.

Le Parti socialiste, qui contrôlait la moitié de l’Assemblée sortante, s’effondrerait avec ses alliés autour de 15 à 40 sièges, soit encore moins que les 57 de la débâcle de 1993. C’est un “recul sans précédent de la gauche”, a reconnu son premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, qui a mis en garde contre le risque de “l’unanimisme” au Parlement.

Le patron du PS, éliminé à Paris, fait partie du cortège des battus, avec les anciens ministres Mathias Fekl, Pascale Boistard, Aurélie Filippetti, François Lamy, Kader Arif, Christian Eckert… Le candidat du PS à la présidentielle, Benoît Hamon, a également été éliminé dès le 1er tour, tout comme les ex-ministres écologistes Cécile Duflot et Emmanuelle Cosse. D’autres sont en ballottage très défavorable, comme Najat Vallaud-Belkacem.

Protégés par le camp Macron, Stéphane Le Foll, Marisol Touraine et l’ex-Premier ministre Manuel Valls sont en ballottage favorable. Un autre ancien locataire de Matignon, Bernard Cazeneuve, a appelé à “rebâtir la gauche de gouvernement”.

La droite, qui espérait priver le nouveau président Macron de majorité, terminerait avec 70 à 130 élus LR et UDI. Dont une partie devrait soutenir la majorité présidentielle. Un score “décevant pour notre famille politique”, a convenu l’ex-président de l’Assemblée Bernard Accoyer.

Chef de la campagne LR-UDI, François Baroin a appelé à la mobilisation pour éviter des “pouvoirs concentrés” dans “un seul et même parti”. À Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet parvient au second tour mais est en ballottage très défavorable derrière le candidat REM.

 

Le FN en net repli

 

Quant au Front national, un mois après son score record au second tour de la présidentielle, il obtiendrait seulement 1 à 10 sièges, contre 2 lors de la précédente législature. Avec un score de 13,2 % très éloigné du score de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle (21,3 %).

C’est “une déception”, a reconnu son vice-président Florian Philippot.

Marine Le Pen, en tête avec 46 % des voix dans le Pas-de-Calais, a centré sa riposte sur le “taux d’abstention catastrophique” qui “pose la question du mode de scrutin” majoritaire.

La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, obtiendrait, elle, 10 à 23 fauteuils, PCF inclus. Mais “la division des forces de gauche se paie très cher”, regrette le communiste Pierre Laurent.

“L’immensité de l’abstention montre qu’il n’y a pas de majorité pour détruire le Code du travail”, a jugé Jean-Luc Mélenchon qui, contrairement à la présidentielle, a immédiatement appelé ses électeurs à “ne jamais permettre l’élection d’un candidat Front national”.

 

Renouvellement historique en vue

 

Pour la première fois de l’histoire de la Ve République, l’abstention aux législatives dépasserait la barre des 50 % au premier tour, pulvérisant le précédent record pour un premier tour, qui remontait à 2012 (42,8 %, puis 44,6 % au second tour).

En voix, la REM arrive nettement en tête (32,3 %), devant LR-UDI (21,5 %) et le FN (13,2 %), selon les résultats définitifs. Le PS et son allié PRG obtiennent 9,5 % et sont légèrement devancés en voix par La France insoumise (11 %) de Jean-Luc Mélenchon. À Marseille, ce dernier est en ballottage favorable pour faire sa première entrée à l’Assemblée.

Le parti macroniste est en passe d’obtenir une des plus larges majorités de la Ve République, sans effacer le record de l’UDF-RPR en 1993 (484 sièges). En revanche, il peut espérer battre le record de sièges pour un seul parti, détenu par l’UMP en 2002 (365 sièges).

Cinq des six membres du gouvernement – qui devraient démissionner en cas de défaite – virent nettement en tête : Richard Ferrand, malgré une affaire immobilière qui a terni la campagne de la REM, Christophe Castaner, Bruno Le Maire, Marielle de Sarnez et Mounir Mahjoubi. Seule Annick Girardin fera face à un second tour délicat.

L’Assemblée nationale sera profondément renouvelée à l’issue du second tour dimanche : 224 députés sortants ne se représentaient pas.

En fin de soirée électorale, quatre députés seulement (dont deux pro-Macron) avaient été élus au premier tour, contre 36 en 2012. Effet de la faible participation, une seule triangulaire s’annonçait pour le 18 juin, dans la 1re circonscription de l’Aube, contre 34 il y a cinq ans.

Fort de cette probable solide majorité, Emmanuel Macron aura les mains libres pour appliquer son programme : le nouveau Parlement va examiner cet été la prorogation de l’état d’urgence jusqu’au 1er novembre, le projet de loi sur la moralisation de la vie publique, ainsi que les ordonnances de la réforme du droit du travail, le premier grand chantier économique et social du quinquennat.

 

AFP

 

 

En outre-mer : Girardin et Bareigts en ballottage

Une ministre et une ex-ministre en ballottage, un seul député élu au premier tour et plusieurs députés sortants PS éliminés : voici les points forts du premier tour des législatives dans les outre-mer, marqué par une abstention record à l’exception des petits territoires de Wallis-et-Futuna et de Saint-Pierre-et-Miquelon.

 

Martinique

Les trois députés sortants en lice (le DVG Bruno Nestor Azérot, le DVG Serge Letchimy et le député REG Jean-Philippe Nilor) se retrouvent en ballottage favorable pour le second tour.

Dans la seule circonscription où le sortant (Alfred Marie-Jeanne) ne se représentait pas, un duel opposera une ancienne présidente de conseil général Josette Manin (DVG) à un ancien député DVG, Philippe Edmond-Mariette.

 

Guadeloupe

Des candidats de la majorité présidentielle, qu’ils aient été investis par la République en marche – Olivier Serva (1re), Diana Perran (2e) – ou qu’ils s’annoncent simples sympathisants – Aramis Arbau (4e) ou Max Mathiasan (3e) –, seront en lice lors des quatre duels du second tour.

Hélène Vainqueur-Christophe est la seule candidate investie par le PS à se placer en tête avec 38,70 % des voix dans la quatrième circonscription. Aucun candidat des autres partis phare n’est ressorti finaliste.

 

• Saint-Martin/Saint-Barthélemy

Le second tour des législatives opposera la candidate des Républicains (LR), Claire Javois, arrivée en tête avec 26,01 % des voix, à celle de La République en marche, Inès Bouchaut-Choisy (21,75%).

 

Saint-Pierre et Miquelon

La ministre des Outre-mer Annick Girardin (PRG), qui avait été élue dès le premier tour en 2012, est en ballottage inconfortable. Elle affrontera au second tour Stéphane Lenormand (Archipel Demain), vice-président du conseil territorial. Avec 41,59 % chacun, les deux candidats ont obtenu exactement le même nombre de voix.

 

Guyane

La députée sortante (apparentée PS) Chantal Berthelot a été éliminée dès le premier tour dans la seconde circonscription. Deux jeunes candidats, Lénaïck Adam (REM), 25 ans, et Davy Rimane, 37 ans, secrétaire général de la section syndicale UTG à EDF Guyane et porte-parole du collectif Pou Lagwiyann dékolé au cours du récent mouvement social, s’affronteront au second tour. Dans la 1re circonscription, le député sortant (DVG) Gabriel Serville sera opposé à Joëlle Prévot-Madère, présidente de la CGPME Guyane, soutenue par la REM.

 

La Réunion

L’ex-ministre socialiste Ericka Bareigts est en ballottage favorable dans la 1re circonscription (47,23 %), mais le Parti socialiste sort laminé de ce scrutin.

La seule des quatre candidates investies ou soutenues par la REM à accéder au second tour est Monique Orphé, députée sortante de la 6e circonscription. Dans la deuxième circonscription, la sortante divers gauche Huguette Bello semble bien placée pour décrocher un cinquième mandat d’affilée, avec 57,1 % des suffrages.

 

Mayotte

Deux candidats LR sont arrivés en tête du premier tour, dont l’ancien député Mansour Kamardine (2002-2007), qui pourrait retrouver son poste dimanche.

Les deux députés sortants, Ibrahim Aboubacar (PS) et Said Boinali (DVG), sont éliminés.

 

AFP

 

 

En Nouvelle-Calédonie : La droite en bonne position

Philippe Dunoyer, Sonia Backès, Louis Mapou et Philippe Gomès, candidats du second tour. (Photos : NC 1ère)

Philippe Dunoyer, Sonia Backès, Louis Mapou et Philippe Gomès, candidats du second tour. (Photos : NC 1ère)

Un taux d’abstention record a marqué le premier tour des législatives dans les deux circonscriptions de Nouvelle-Calédonie, où auront lieu un duel à droite et un autre entre le député sortant Philippe Gomès (UDI) et un indépendantiste.

L’abstention, en dépassant 60 % dans les deux circonscriptions (66,06 % et 62,83 %), est le fait le plus marquant de cette consultation, le dernier scrutin au suffrage universel prévu sur le Caillou avant le référendum d’autodétermination de 2018.

Une campagne sans relief, le choix d’un important parti indépendantiste de ne pas prendre part aux élections nationales, les vacances scolaires et la “saison” des mariages semblent contribuer à expliquer cette désertion des urnes.

Dans la première circonscription, fief de la droite, Philippe Dunoyer, candidat de Calédonie Ensemble (centre droit), est arrivé largement en tête, mais la victoire demeure incertaine.

Dimanche, il affrontera Sonia Backès, cheffe du groupe Les Républicains au Congrès de l’île, qui faisait partie des trois candidats issus des rangs LR, très divisés.

Bernard Deladrière, officiellement investi par LR, n’arrive qu’en quatrième position, faisant les frais de son profil très “technocrate” et du maigre soutien de son parti local, le Rassemblement-Les Républicains.

Les reports de voix de la droite républicaine et du FN (6,75 %) seront déterminants. Ayant mené campagne sur l’insécurité et le rapport de force avec les indépendantistes, Sonia Backès représente la droite “dure”, tandis que son rival, membre du gouvernement local, incarne la frange modérée de la droite calédonienne.

Dans la seconde circonscription, le député sortant Philippe Gomès (UDI) affrontera au deuxième tour le candidat indépendantiste Louis Mapou, arrivé en tête. Mais compte tenu des réserves de voix non indépendantistes dont il dispose, Philippe  Gomès semble en position de l’emporter. Il a exprimé hier soir sa “déception” face à la faible mobilisation de l’électorat.

 

AFP

 

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