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Législatives – Une goutte de bleu dans un fleuve rouge

lundi 19 juin 2017

bulletin législatives

Les bulletins du Tapura étaient sur toutes les tables, samedi dernier. Dans la troisième circonscription, ceux de Moetai Brotherson étaient plus nombreux. (© Élénore Pelletier)

Les urnes ont livré leur verdict samedi dernier au soir. Deux députés du Tapura huiraatira, un du Tavini, le Tahoera’a hors course et une abstention galopante.

Le jeune parti du président du Pays, Édouard Fritch, pouvait se réjouir de cette première bataille électorale en plaçant Nicole Sanquer et Maina Sage sur les bancs du Palais-Bourbon. Une joie tout de même ternie par la défaite de Patrick Howell dans la troisième circonscription, face au Tavini Moetai Brotherson.

Le nouveau bras droit d’Oscar Temaru qui, petit à petit, éclipse Tony Géros dans le cercle privé du maire de Faa’a, a mené une campagne active, bien aidé dans l’entre-deux tours par le report de voix des électeurs du Tahoera’a sur son nom.

Cette mobilisation orange pour faire battre le Tapura n’aura pas suffi dans les deux autres circonscriptions où le parti de Gaston Flosse prend deux corrections.

Les consignes de votes chuchotées aux électeurs du Tahoera’a pour faire battre le Tapura dans la troisième circonscription n’ont pas été remerciées par un retour d’ascenseur du Tavini dans les deux autres.

Maina Sage, députée sortante, Nicole Sanquer, ministre de l’Éducation, et Moetai Brotherson iront donc à Paris défendre les dossiers polynésiens à l’Assemblée nationale.

Dans la première circonscription, la victoire de Maina Sage (68,36 %) contre Moana Greig (31,64 %) ne faisait guère de doute. Large vainqueure lors du premier tour, la députée sortante n’avait pas grand-chose à craindre du candidat Tahoera’a, dont on se demande encore les raisons de sa candidature.

 

La défaite du statut de Pays associé

 

De deux choses l’une. Soit la candidature orange était une erreur flagrante de casting, soit le Tahoera’a s’est totalement effondré dans cette circonscription.

Pire, Moana Greig n’a même pas bénéficié du report des voix des électeurs du Tavini. En ne faisant que 2 300 voix de plus qu’au premier tour, il n’a pas su séduire les 4 764 électeurs de Richard Tuheiava ou encore les 2 000 électeurs de Tauhiti Nena.

Le discours politique de Gaston Flosse sur le statut de Pays associé a plongé son électorat dans le chaos. Les partisans de l’autonomie fuient cette modification statutaire pour se réfugier au Tapura, tandis que les sceptiques de l’autonomie se sont reportés vers le Tavini.

Même gueule de bois pour Teura Iriti (35,82 %) qui, décidément, ne parvient pas à réunir les électeurs derrière sa candidature.

Femme politique rodée aux joutes électorales, la nouvelle présidente déléguée du parti orange avait une carte à jouer dans un second tour qui s’annonçait indécis face à Nicole Sanquer (64,18 %), certes ministre, mais peu au fait des campagnes électorales.

Trois mille cinq cents voix séparaient les deux candidates, au soir du 3 juin. Une brèche qui s’est transformée en un fossé de 8 000 voix, samedi dernier.

Même constat pour les deux prétendantes. Nicole Sanquer, avec les voix de Tepuaraurii Teriitahi, a réussi à creuser l’écart.

Sans consigne de vote, Teura Iriti s’est essoufflée et réalise à peine plus de voix que son adversaire du soir… lors du premier tour. Les 4 600 voix de Tina Cross se sont là encore évaporées.

 

Howell si seul, Brotherson tout seul

 

Patrick Howell (47,50 %) n’a, de son côté, pas réussi à faire la passe de trois pour le Tapura. Battu par Moetai Brotherson (52,50 %), l’ancien ministre de la Santé a laissé filer la victoire. Bien aidé par les voix du Tahoera’a, le candidat du Tavini a nargué le Tapura sur des terrains qui ne lui étaient pourtant pas favorables.

Ainsi, il peut remercier Woullingson Raufauore à Maupiti, Thomas Moutame à Taputapuatea et Sylviane Terooatea à Uturoa. Mais la victoire du candidat souverainiste n’est pas à chercher derrière cette seule explication.

Carte jeune du Tavini, écrivain talentueux, Moetai Brotherson a su mobiliser largement dans sa commune de Faa’a et grappiller à Punaauia. Il sera le premier élu indépendantiste de la Polynésie post-statut de 1984 à l’Assemblée nationale.

La colère de Jean-Christophe Bouissou sur Polynésie 1ère, hier, à la lecture des résultats masquait peut-être aussi un “Ah, si j’y étais allé à sa place”.

Teva Rohfritsch s’était, à l’époque, désisté pour lui, mais finalement, Ronald Tumahai, maire de Punaauia, avait réussi à imposer Patrick Howell aux yeux d’Édouard Fritch. Une erreur de candidat qui pèse lourd pour le jeune parti.

 

 

Bertrand Prévost

 

abstention

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