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Législatives – Le point avec Maina Sage et Moana Greig

jeudi 15 juin 2017

Maina Sage, du Tapura : pas de triomphalisme

maina sage

Malgré presque 20 % de mieux que son poursuivant du Tahoera’a au premier tour et sans report défavorable contre elle, Maina Sage
ne crie pas encore victoire. (© archives LDT)

En tête, au premier tour, dans la première circonscription, avec 45,94 % des voix exprimées, Maina Sage pourrait se sentir à l’abri. D’autant que les 16,06 % du Tavini ne devraient pas se reporter sur son poursuivant Tahoera’a, Moana Greig, qui n’a récolté que 26,02 %. Mais la députée sortante se garde bien de crier victoire avant l’heure.

Comme le travail de terrain semble lui avoir réussi, l’élue du Tapura huiraatira entend bien mettre à profit cette dernière semaine pour mobiliser encore plus les électeurs.

“Nous sommes encore en pleine action. C’est beaucoup de terrain, c’est beaucoup d’appel à la mobilisation. Car si je suis confiante pour le second tour, notre objectif est d’aller plus loin, de maximiser le score. Il faut que nous puissions inciter tous les électeurs à se mobiliser. C’est un droit de voter, mais on oublie souvent aussi que c’est un devoir. L’important pour nous, dans cet entre-deux tours, c’est d’expliquer aux gens l’importance de ce vote, l’importance du rôle du député. Si nous travaillons à 20 000 kilomètres de la Polynésie, le travail que nous effectuons là-bas est fait pour l’ensemble de la Polynésie, pas pour une commune, ni pour un camp politique. On travaille vraiment pour tout le monde, pour le pays, pour les communes, pour les entreprises, et on soutient aussi nos associations.”

La forte abstention du premier tour (58,29 % dans la première circonscription) peut s’expliquer, selon Maina Sage, par un calendrier peu favorable du fait du long week-end de la Pentecôte, et elle ne doute pas que le taux de participation soit plus fort au second tour.

 

Expliquer encore le rôle des députés

 

Si des électeurs avouent leur désintérêt pour cette élection faute d’en comprendre les enjeux, Maina Sage assure que sur le terrain, elle donne des exemples concrets de la mission des députés dans l’Hexagone. “C’est l’exemple du RST (régime de solidarité territorial, NDLR), pour lequel on se bat à Paris afin d’avoir des financements complémentaires de l’État pour aider notre caisse de solidarité qui sert à tout le monde et notamment aux familles en difficulté. Lorsque l’on trouve des financements exceptionnels pour soutenir des championnats, c’est en faveur du sport, de la jeunesse et de tous les enfants de Polynésie. Lorsque l’on se bat pour aider les entreprises à pouvoir bénéficier de la défiscalisation, c’est pour le maintien des emplois et le développement de ces entreprises. Lorsque le député agit pour créer un tribunal foncier, c’est une action très concrète pour permettre aux Polynésiens de sortir du problème de l’indivision. On est régulièrement amené à expliquer ce que l’on fait et ce que l’on va faire.”

Samedi, Maina Sage a de très fortes chances d’être confirmée dans son poste, mais la députée sortante reste mesurée : “On remercie tous les électeurs du premier tour et nous avons la conviction de faire encore mieux au second tour. Je regarde peu les alliances possibles, mais je fais appel à la population qui s’est déplacée au premier tour et qui n’a plus de candidat au second tour. J’espère aussi convaincre ceux qui ne sont pas venus voter. Rien est joué d’avance, mais c’est sûr que nous avons réalisé un bon résultat au premier tour et cela nous conforte pour le second.” 

 

J.-L.M.

 

 

Moana Greig, du Tahoera’a, pour le statut de pays associé

moana greig

L’objectif majeur de Moana Greig, s’il accède à l’Assemblée nationale, est de faire aboutir le statut de pays associé à la République française, pour plus de liberté d’action, tout en obtenant plus de financements d’État. (© archives LDT)

À 50 ans, Moana Greig, ancien directeur d’école et inspecteur d’académie, qui fut ministre de l’Éducation de 2009 à 2011, revient en politique pour briguer la députation dans la première circonscription sous les couleurs du Tahoera’a Huiraatira. Face à Maina Sage, députée Tapura sortante et “bonne élève” de la précédente promotion, la tâche n’est pas aisée, comme en témoignent les chiffres du premier tour : Moana Greig n’a rassemblé que 10,63 % des inscrits, contre 18,77 % pour Maina Sage.

Le grand sujet du programme du Tahoera’a, c’est bien sûr le statut de pays associé. “Il s’agira d’offrir une autonomie plus large pour le Pays, tout en maintenant les liens avec la France qui conservera ses compétences régaliennes, l’armée, la police, la justice pour ne citer qu’elles.”

La Polynésie “consolidera son ancrage au sein de la République” par ce nouveau statut, qui serait soumis aux Polynésiens par référendum avant d’être inscrit dans la Constitution. L’élection du président du Pays au suffrage universel direct “garantira une stabilité politique”, assure-t-il.

Parmi les exemples de ce qu’un pays associé pourra faire sans tutelle, Moana Greig cite la délivrance directe de visas (y compris de longue durée) aux investisseurs étrangers, la création d’une fiscalité attractive et de zones franches, la prolongation de la défiscalisation au-delà de 2025, l’accès à l’euro sans attendre une coordination avec les autres collectivités du Pacifique, ou encore l’adaptation du code civil en matière de foncier et l’accès aux fonds européens sans l’intermédiation de la France.

 

“Le projet de statut associé est très avancé”

 

Un tel statut ne représente-t-il pas un travail de très longue haleine ? “Le projet de statut associé est très avancé et pourra être proposé dans la première partie de la mandature et ratifié bien avant sa fin”, assure le candidat. “Il sera l’assurance d’un développement économique exponentiel pour notre pays, ce qui résorbera le chômage.”

Développement qui passe toujours, pour le Tahoera’a huiraatira, par les “grands projets” qui “produiront 12 000 emplois directs” et relanceront le tourisme : “Passer de 200 000 à un million de touristes par an, c’est parfaitement faisable avec nos projets”, dit-il, notamment grâce au développement de l’économie bleue, depuis les énergies renouvelables issues de la mer jusqu’au secteur primaire en passant par le yachting et la création d’une Université de la mer.

Moana Greig, vocation oblige, a des idées précises sur l’éducation au fenua. S’il prend soin de remercier les acteurs du secteur “pour leur implication à trouver les solutions pédagogiques les mieux adaptées”, il estime qu’il reste beaucoup à faire et qu’en tant que député, il pourra contribuer à la fin de l’échec scolaire par “une diminution conséquente des effectifs à l’école maternelle et un accueil renforcé des moins de trois ans”, par “le renforcement des systèmes de passerelles pour des modules de formation adaptés” et “en faisant revenir l’État à la prise en charge des infrastructures scolaires”, y compris “la construction d’internats supplémentaires”. Il entend également réformer l’Université de la Polynésie française pour proposer des formations plus courtes (DUT) mais répondant mieux aux besoins du Pays, “en remplacement de celles peu ou pas utiles”.

Enfin, le candidat orange défend, comme pratiquement toutes les formations politiques en présence, le retour de l’État au financement du régime de solidarité, la baisse des tarifs électriques grâce à l’application de la contribution au service public de l’électricité (CSPE), la continuité territoriale renforcée, y compris entre les îles, ou encore le maintien de l’indexation des fonctionnaires d’État.

Pour Moana Greig, la Polynésie est “une société en souffrance”. Il entend y remédier en “libérant les énergies, dans la fierté et la dignité”.

 

C.P.

 

 

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