L’Église protestante ma’ohi a organisé un séminaire sur les changements climatiques

    jeudi 31 mars 2016

    L’Église protestante ma’ohi terminait hier un séminaire de trois jours sur les changements climatiques, avec l’intervention de trois représentants de la Conférence des Églises du Pacifique (PCC, pour Pacific Conference of Churches) : le pasteur François Pihaatae, secrétaire général du PCC, Frances Namoumou, représentante œcuménique, et le Dr Julia Edwards, spécialiste en changements climatiques.
    Un sujet qui fera l’objet de débats en août lors du prochain synode des protestants et sur lequel le conseil permanent de l’Église a souhaité davantage d’informations suite à la COP21 qui s’est tenue à Paris en fin d’année dernière.
    Le public, composé d’une trentaine de pasteurs et responsables de groupes de paroisses issus des cinq archipels de la Polynésie, a ainsi assisté à une présentation de la vision œcuménique du sujet lundi, un état scientifique de la situation dans le Pacifique mardi et un topo sur l’issue de la COP21 hier.
    “C’est très important pour l’Église en elle-même, pour ses activités d’informer notre population au niveau de ce qui se passe mondialement et aussi dans la région”, explique le pasteur François Pihaatae.
    “Je pense que le rôle de l’Église inscrit dans sa constitution, c’est d’être la sentinelle qui veille sur le peuple ma’ohi. Le rôle de l’église est de se lever et aussi de dire les injustices qui se passent non seulement dans le pays, mais aussi dans la région. Il a été engagé toute une chaîne de discussions, d’informations, de contributions avec la Conférence des Églises du Pacifique. Mais nous aimerions aussi que les autres Églises s’engagent sur ces discussions. Car le problème des changements climatiques ne concerne pas seulement les protestants, mais toute la Polynésie. Tout le monde a un rôle à jouer dans ce défi.”
    La délégation de la Conférence des Églises du Pacifique doit rencontrer le président Édouard Fritch en fin de matinée pour s’entretenir sur les problèmes liés aux changements climatiques et les possibilités des dirigeants politiques, avant de rentrer dès demain à Fidji. 

    V.H.

    Dr Julia Edwards, spécialiste en changements climatiques : “Éclairer les consciences sur le problème”

    “Durant cette session sur la COP21, nous avons mis en exergue comment nous, peuples du Pacifique, avons pu faire entendre notre voix à Paris, quand bien même nous pensons être de petits pays”, explique Dr Julia Edwards, basée depuis six ans à la Conférence des églises du Pacifique à Fidji. Employée par l’Église méthodiste d’Angleterre, elle avait été envoyée dans le Pacifique pour travailler avec les autres Églises sur les problèmes de changements climatiques et l’exode des populations. Elle a pris part aux discussions avec la délégation gouvernementale de Fidji et confie que “comme les médias l’ont dit, cela a été un succès, puisque c’est la première fois que nous obtenons un document juridiquement contraignant concernant les changements climatiques. Aussi, plusieurs demandes issues des régions du Pacifique y figurent. Nous sommes donc heureux de cette issue car il s’agit d’un premier pas. Nous avons demandé de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré et il fait mention de cela. Nous voulions un engagement financier pour des projets environnementaux, nous avons eu cet engagement. Nous voulions que soit intégré un article sur les pertes et dégâts, et c’est dans l’accord. C’est un très bon début. À présent, nous devons travailler à rendre ce document effectif. Et le séminaire demandé par l’Église protestante ma’ohi est important pour éclairer les consciences sur le problème des changements climatiques, ses impacts, notamment sur l’exode des populations, et l’influence que nous, en tant qu’Églises et membres de la société civile, pouvons avoir sur les négociations de haut niveau des lobbies.”

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete