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L’élevage local se renforce

lundi 4 décembre 2017

taureau

Les deux “petits” nouveaux, reconnaissables à leur robe cuivrée et à leur musculature imposante, avoisinent déjà 600 kilos chacun,
à seulement 15 et 16 mois. (© Anne-Charlotte Bouleau)


Vendredi soir dernier, les éleveurs de la coopérative Fa’a’apu Manahune ont réceptionné deux taureaux reproducteurs de race Droughtmaster, en provenance de Nouvelle-Calédonie. Plus de deux ans de procédure auront été nécessaires, dans le cadre d’un partenariat entre plusieurs services polynésiens et calédoniens. Plus docile, tout en restant productive, cette race d’origine australienne est, comme sa cousine Brahmane, résistante aux parasites.

C’est une cargaison un peu particulière que les éleveurs de la coopérative agricole Fa’a’apu Manahune ont réceptionné, vendredi soir dernier, à l’aéroport de Tahiti-Faa’a.

Après un vol de six heures depuis la Nouvelle-Calédonie, les deux taureaux reproducteurs de race Droughtmaster tant attendus ont passé les formalités d’usage, avant d’être acheminés par camion jusqu’au site de la Société civile d’exploitation agricole (SCEA) Polycultures, à Taravao, où ils ont pu quitter leur caisse de transport le soir même.

“Les passagers de l’avion étaient sûrement loin de se douter qu’il y avait ces deux grosses valises dans la soute !”, s’amuse Bruno, membre de la coopérative, heureux d’accueillir ces nouveaux pensionnaires, au même titre que l’ensemble de ses collègues.

Plus de deux ans de procédure auront été nécessaires, avec le soutien de différents services, dont les ministères de l’Agriculture de Nouvelle-Calédonie et de Polynésie, ainsi que l’Union de promotion des races bovines (Upra). L’importation, financée par la coopérative avec la participation du territoire, revient à 3 millions de francs par animal, tous frais compris.

Sur le plan sanitaire, ce type de démarche est soumis à une réglementation très stricte.

“Les taureaux sont préparés deux mois avant le changement de pays. Le troupeau naisseur est contrôlé, l’animal aussi, plusieurs fois, avant d’être placé en station de quarantaine, avec de nouveaux contrôles à l’entrée, pendant et à la sortie, pour réduire au maximum les risques liés aux maladies. Ils font aussi très attention à l’alimentation. Les deux dernières semaines, l’animal ne consomme que des aliments cuits, pour éviter qu’il y ait des graines ou des insectes dans le transit intestinal”, explique l’éleveur.

 

    
La génétique contre les produits chimiques

 

Les deux “petits” nouveaux, reconnaissables à leur robe cuivrée et à leur musculature imposante, avoisinent déjà 600 kilos chacun, à seulement 15 et 16 mois.

Ils ne semblent pas souffrir du décalage horaire : le cadet, particulièrement entreprenant, a réussi à rejoindre les génisses de l’enclos voisin dès la première nuit. Mais avant de se mettre au travail, les deux mâles profiteront encore de quelques semaines de vacances.

“Ils vont avoir trois mois d’adaptation. Ils sont encore jeunes et c’est indispensable pour qu’ils soient dans de bonnes conditions. Après, on passera à la reproduction, pour essayer d’avoir environ cinquante produits chacun la première année et autour d’une centaine les années suivantes”, précise Bruno.

Ces saillies naturelles interviennent en complément de l’importation de semences, dans un souci de renouvellement du sang, mais pas seulement.

“Le but principal, c’est d’avoir des élevages bovins où l’on n’utilise plus de produits chimiques contre les tiques, porteuses de maladies qui peuvent faire des ravages. Depuis sept ans, on a opté pour la solution génétique. Les premières importations de taureaux Brahmane, en 2012, ont complètement répondu à nos attentes, mais comme les conditions d’importation ont changé, on a opté pour leurs cousins. Pour les éleveurs, c’est un beau cadeau de Noël ! Ça va nous permettre de continuer à progresser. Dans l’agriculture aussi, il faut savoir innover et, justement, c’est une innovation”, souligne l’éleveur.

Les premières naissances devraient intervenir d’ici un an, avec la perspective de partager les mâles au meilleur potentiel de reproduction entre professionnels. En attendant, l’équipe a prévu de se concerter pour trouver un nom de baptême polynésien aux deux nouveaux, un privilège réservé aux mâles de leur catégorie. 

 

A.-C.B.

 

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