Habillage fond de site

“L’empire Pageau” détricoté par la justice

mardi 15 mai 2018

FC 1 affaire pageauDeux cents dossiers frauduleux pour un total d’investissement de 2,87 milliards de francs et un manque à gagner de recettes fiscales de 820 millions de francs pour l’État, et 323 millions de TVA pour le Pays. Lundi se tenait le premier jour d’audience d’un procès qui s’étalera sur sept jours pour se terminer mercredi prochain.

Si l’affaire d’arnaque à la défiscalisation dite “Sofipac”, jugée il y a quelques semaines, portait sur des montants plus importants, c’est un procès fleuve qui a débuté avec l’affaire dite “Pageau” du nom de l’homme qui dirigeait plusieurs cabinets de défiscalisation en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie et à Wallis via sa compagne, un ami d’université ou sa mère.

Au terme de l’enquête menée par deux juges d’instruction, l’ordonnance de renvoi de 154 pages a appelé 13 prévenus à la barre du tribunal correctionnel pour escroquerie en bande organisée et faux et usages de faux. Deux jours de procès seront normalement consacrés à neuf prévenus jugés pour recel de cette escroquerie.

Si le président du tribunal a parlé de “l’empire Pageau”, l’arnaque est relativement simple. De 2005 jusqu’à 2010, les prévenus ont trompé l’administration fiscale et les investisseurs privés en établissant des dossiers de défiscalisation, soit surévalués avec de fausses factures pour des travaux non réalisés, soit pour des prestations ou produits ne pouvant profiter de la loi Girardin.

Le service des contributions tire la sonnette d’alarme

Le tribunal s’est ensuite consacré aux agissements de Thierry Pageau, de l’ancien maire de Taiarapu ou de la sœur et du frère Min Chiu du nom de l’entreprise de services funéraires.

C’est à partir des suspicions constatées dans les facturations de cette entreprise, que le service des contributions de la Polynésie tirera la sonnette d’alarme en alertant la justice. Au total, l’entreprise avait monté neuf dossiers de défiscalisation pour un total d’investissement de 209 millions qui avait permis d’empocher 59 millions de francs de rétrocession.

Mais l’enquête révèle, sur ce cas-là, des faits symboliques de toute cette arnaque à l’escroquerie. Dans le dossier de défiscalisation présenté, l’entreprise souhaite créer un bureau de direction et une chapelle annexe. Comme l’explique le juge, “quelques petits travaux sont faits pour faire croire à du neuf”, mais en réalité, bureau et chapelle annexe existent déjà. Le gérant réalise les travaux lui-même pour un coût d’un million et demande à son oncle de réaliser une fausse facture pour un montant de 8 millions. Ils empocheront ainsi 2 millions des poches des contribuables métropolitains ayant choisi la loi Girardin pour payer moins d’impôts.

Avec cet argent, le frère et la sœur disent avoir acheté des terrains et alimenté la trésorerie de leur entreprise “à cause des clients qui ne paient pas”. Si les deux reconnaissent les faits qui leur sont reprochés, ils renvoient à demi-mot la faute sur Albert Poirson, leur apporteur d’affaires, pour les avoir incités à procéder ainsi. “L’idée première était de rénover, après on ne savait pas comment cela se passait pour les papiers”, s’est ainsi défendu le frère. “Quand on pouvait avoir de l’argent facilement pour certains dossiers, autant continuer pour d’autres”, a commenté le juge. De son côté, l’apporteur d’affaires a nié avoir procédé ainsi se présentant comme un simple rassembleur de documents qu’il transmettait à son entreprise.

F.C.

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

French bee propose un aller retour PPT - San Francisco à moins de 40 000 F :

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete