“L’enfant terrible” de Faa’a, Maxime Aubry, a soufflé ses 100 bougies

    lundi 29 mai 2017

    maxime aubry

    Enfants et petits-enfants entouraient papy Aubry pour souffler avec lui ses bougies. (© Florent Collet)


    Samedi dernier, Maxime Aubry, engagé auprès de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale, a fêté, entouré de ses proches, son centenaire. “L’enfant terrible” de Faa’a, féru de football, lit La Dépêche de la première à la dernière page. Inventif, il est à l’origine du ahima’a ambulant et d’un tournebroche breveté depuis.

    Les années passent et sa vitalité et sa bonne humeur ne prennent pas une ride. Près de 400 personnes, dont le président du Pays, Édouard Fritch, et le maire de Faa’a, Oscar Temaru, ont pu en témoigner, samedi dernier.

    Ils faisaient partie des 400 personnes conviées au centenaire de Maxime Aubry, un monument de Faa’a que tout le monde appelle papy Aubry. Un personnage haut en couleur et à la bonne humeur contagieuse, dont les souvenirs et anecdotes sont encore plus nombreux que ses 12 enfants, 26 mootua, 39 hina et ses 4 hinarere.

    Quelques jours avant cette célébration, La Dépêche de Tahiti est allée à sa rencontre chez lui, dans le quartier familial Aubry.

    Chaque matin, après sa prière, le même rituel, peut-être le secret de sa santé, la lecture de La Dépêche, de la couverture jusqu’à la dernière page. Un côté studieux qu’il n’a pas toujours eu voilà moins d’un siècle.

    “J’étais un enfant terrible. L’école finissait à 16 heures et à 21 heures, je n’étais pas encore rentré à la maison. Pendant ce temps-là, je jouais au football avec mes copains, je courais à gauche et à droite ou j’allais en ville à pied. Quand j’arrivais à la maison, j’étais accueilli à coups de ceinture. J’étais un enfant terrible”, se remémore-t-il.

     

    Cent ans de sourire

     

    Le fils d’Adolphe Fanomaimua Aubry, alors chef du district de Faa’a, goûte peu de passer son temps sur les bancs de l’école. À 14 ans, il devient apprenti à la forge des travaux publics et à l’appel du général de Gaulle, il s’engage. “Je ne suis pas marié avec les travaux publics”, explique-t-il alors à son chef qui veut le retenir.

    À bord du Chevreuil qui le mènera sur les terrains de bataille de l’Afrique du Nord, il ne supporte pas les fausses notes, alors le fusiller marin des forces navales françaises libres devient clairon. Le plus âgé à bord, il joue aussi le rôle de papa auprès des plus jeunes, à la fois sévère pour calmer les plus excités et réconfortant et amuseur.

    C’est lui, par exemple, qui sacrifie son salaire pour acheter punching-ball et gants de boxe aux membres d’équipage.

    Amoureux du sport, Maxime Aubry joue d’abord à Tefana, mais sa famille, très croyante, refuse qu’il joue le dimanche et à quinze ans, il intègre Fei Pi. Une passion dont il lui reste encore de beaux restes, en témoigne ses reprises de volée depuis son fauteuil roulant lors de ses séances de kinésithérapie.

    “Il est plus en forme que certains de mes patients qui ont 30 ans de moins”, confie le professionnel subjugué. Maxime Aubry, c’est aussi, une imagination débordante et un esprit inventif. En témoignent le ahima’a ambulant et un tournebroche breveté depuis. Une invention imaginée lors d’une grillade à Nuutania, où il finira sa carrière en tant que surveillant principal.

    Samedi dernier, c’est avec non pas un, mais deux ahima’a géants et un orchestre local, que Papy Aubry a célébré en chansons et en fous rires, 100 ans de sourire.  

     

    F.C

     

     

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