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Léonard Pia, producteur de mitihue astucieux

samedi 22 octobre 2016

Sur son stand, Léonard Pia propose deux produits, l’eau de coco et le mitihue, qui devraient prochainement être complétés par du jus de canne à sucre. (© Anne-Charlotte Bouleau)

Sur son stand, Léonard Pia propose deux produits, l’eau de coco et le mitihue, qui devraient prochainement être complétés par du jus de canne à sucre. (© Anne-Charlotte Bouleau)

 

Léonard Pia, producteur de mitihue, a hérité ce savoir-faire traditionnel de ses parents. Pour rentabiliser au maximum sa production, il tend à se tourner vers la vente en direct et valorise l’eau de coco, prélevée en amont de la fabrication. Egalement agriculteur, il ne manque pas de réutiliser la bourre de coco à des fins de fertilisant.

 

 

Comme ses parents avant lui, Léonard Pia est producteur de mitihue. Trois fois par semaine, ce résident de Toahotu s’approvisionne auprès de plusieurs familles en cocos verts (‘omoto), dont la noix, encore tendre, est l’ingrédient principal du fameux condiment, sur toutes les tables à l’heure du ma’a Tahiti.

« Je les achète à 50 francs l’unité. Je vais les ramasser moi-même, par ici, à Taravao et même jusqu’à Papara. J’ai plusieurs contacts, pour m’approvisionner régulièrement. En général, j’en prends deux cents le lundi, le mercredi et le vendredi, pour toujours avoir de l’eau de coco fraîche », explique-t-il.

Avant de fendre les noix en deux, le précieux liquide est extrait et aussitôt mis en bouteille pour être stocké au frais, dans le but d’être vendu. En plus de limiter le gaspillage, cette opération permettrait au petit producteur de financer l’achat des cocos.

Cette étape passée, hier matin, Léonard Pia était en pleine production de mitihue, avec l’aide de sa femme et de son gendre. Il n’aura fallu que quelques minutes à ce dernier pour extraire les noix, qui passent ensuite entre les mains de la maîtresse de maison pour être méticuleusement nettoyées, puis découpées en lamelles. Vient ensuite l’étape de la fermentation, réalisée dans une immense marmite en inox, dont Léonard Pia a hérité de ses parents, au même titre que leur savoir-faire.

 

 

La vente en direct

 

 

Cinq jours plus tard, les morceaux de noix sont rincés. Après quelques heures de trempage, ils sont mixés avec un peu d’eau et du sel. La préparation est prête à être commercialisée. Pour ce faire, la petite entreprise familiale est en train de changer sa stratégie.

« Notre objectif, c’est de faire en sorte que le mitihue reste un produit accessible, et pas de luxe. Dans les magasins, la bouteille peut atteindre 1000 francs ! En vendant directement, on peut la proposer à 500 francs », précise Léonard Pia, souhaitant s’affranchir, au passage, des contraintes liées au dépôt-vente. « A terme, on ne veut plus déposer dans les magasins », assure-t-il.

Dans cette optique, il a construit son propre stand en bord de route, directement à son domicile, pour écouler le maximum de sa production par ses propres moyens. Au plus fort, elle tournerait autour de 250 bouteilles par semaine, mais elle serait moins importante en ce moment.

« La fraicheur des mois passés a eu des répercussions sur la production de cocos : les récoltes sont plus faibles. On est soumis aux aléas du climat », explique Léonard Pia. Mais il se dit fier d’avoir pu élever ses enfants grâce au mitihue – le prénom de sa fille ainée, Jenny, est d’ailleurs associé à la production depuis ses débuts –, malgré un petit pincement au cœur. « Je les ai formés pour prendre la relève, mais ils préfèrent être salariés. Ils changeront peut-être d’avis un jour, qui sait ? ».

 

 

A.-C. B.

 

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