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Leptospirose : un malade fait condamner le Pays

mercredi 14 juin 2017

lepto boue

Marcher pieds nus dans l’eau sale ou la boue augmente les risques de contact entre la peau et ces germes infectieux. (© archives LDT)

Le tribunal administratif a condamné hier la Polynésie française, dans une affaire “d’erreur médicale”, plus précisément “de faute dans le choix et la mise en route d’un traitement qui est à l’origine de l’aggravation de l’état de santé” de Joseph.

Tout a commencé le 21 avril 2013. Joseph, aujourd’hui âgé de 63 ans, souffrait d’une forte fièvre et de courbatures.  Transporté par les pompiers à l’hôpital de Moorea, après l’avoir ausculté, le médecin de permanence l’a renvoyé à son domicile avec du paracétamol et la prescription d’examens biologiques afin de rechercher notamment des marqueurs de la dengue et de la leptospirose, en lui demandant de revenir le jeudi suivant en cas de douleur.

Mercredi 24 avril, le laboratoire a informé l’hôpital de la découverte de leptospires dans les prélèvements. Joseph a été évacué dans l’après-midi au centre hospitalier de Taaone. Il présentait de graves complications cardiaques, pulmonaires et rénales qui ont nécessité sa prise en charge dans le service de réanimation où il est resté jusqu’au 5 mai, puis dans le service de médecine interne jusqu’au 14 mai, date de retour à son domicile de Moorea.

Dans ce dossier, il appartenait à l’hôpital de Moorea de tenir compte des antécédents du patient, sauf que cela n’a pas été le cas. L’expert relève par ailleurs que, dans le cas d’une suspicion de leptospirose, il est conforme de mettre en route immédiatement un traitement probabiliste. Un traitement qui réduit les risques de complications. Là, un traitement tardif a fait encourir au patient des risques infinitésimaux, ce qui présente un caractère fautif. En effet, l’état antérieur de Joseph, pris en charge en longue maladie depuis 2006 pour une cardiopathie hypertensive, est de nature à aggraver plutôt qu’à atténuer cette faute de l’hôpital, dès lors qu’il l’exposait à des complications potentiellement mortelles.

Au final, le tribunal administratif a donc décidé de condamner le Pays à verser une indemnité de 2 450 000 F à Joseph et 11 263 940 F à la Caisse de prévoyance sociale pour le remboursement des soins. La Polynésie devra en outre payer les divers frais d’expertise.

 

Je.H.

 

 

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