L’équipe de décoration du film Gauguin à pied d’œuvre

    vendredi 30 septembre 2016

    gaugin

    Le fare de Gauguin, entre deux tournages. (Photo : Anne-Charlotte Bouleau)

     

    Hier matin, du côté de la plage de Tautira. La journée de tournage n’a pas encore commencé qu’Emmanuelle Cuillery, chef décoratrice du long-métrage Gauguin, s’affaire déjà à régler les derniers détails pour les besoins des séquences à venir.

     

    Parmi les urgences du jour soulevées par son assistante : une canne à pêche en bambou, encore verte, jure au sein du lot. Cela peut paraître anecdotique, mais c’est le quotidien de l’équipe de décoration. “Notre rôle, c’est de répondre à toutes les envies artistiques et esthétiques du réalisateur. C’est un métier prenant, mais passionnant ! Mon exigence, c’est d’obtenir un rendu le plus naturel et réaliste possible”, précise Emmanuelle Cuillery, interlocutrice privilégiée du chef opérateur et du réalisateur, Édouard Deluc.

    C’est un travail en trio pour essayer d’avoir une belle image. Dès le départ, il y avait une envie d’Édouard d’avoir une esthétique légèrement “western”, avec des tonalités de bruns et peu de couleurs vives”, ajoute-t-elle.

     

    L’art du détail

     

    La chef décoratrice est donc arrivée début juin pour s’imprégner des différents lieux de tournage et “imaginer”, sous la forme de croquis, les scènes du film. Elle chapote actuellement une équipe d’une vingtaine de personnes, toutes spécialités confondues, résidant pour la plupart en Polynésie.

    Trois semaines ont été consacrées à la reconstitution du village de Mataiea à la fin du XIXe siècle, à Tautira. Mer et rivière ont déjà donné lieu à plusieurs scènes de pêche, pour les besoins desquelles des pirogues et des abris ont été construits, et quantité d’outils fabriqués.

    Au même endroit se trouve la maison de Iotefa, voisine de celle du peintre, en ni’au tressé. “Le fare dans lequel vit Gauguin est le décor principal du film. On y tourne presque trois semaines sur les huit que compte le tournage. Mais ce fare n’est pas totalement traditionnel, car, avec la colonisation, les influences se mêlent. Il comporte, par exemple, beaucoup plus d’ouvertures, avec un toit moins bas”, souligne Emmanuelle Cuillery, attentive aux moindres détails, et ce, jusqu’au début du tournage, où elle cède la main à l’accessoiriste de plateau.

    Notre travail se termine quand l’équipe arrive pour tourner. On est toujours en décalage. Être dans l’ombre, c’est ce que j’aime”, confie-t-elle. Le fruit du travail de ces petites mains au talent de parfaits illusionnistes se retrouvera pourtant face à la caméra, sublimant le jeu des acteurs. Mais impossible de se perdre dans de telles contemplations, car leur travail ne s’arrête jamais.

    Il y a encore beaucoup de choses à faire. En ce moment, on reconstitue le port de Papeete, à Teahupo’o, ce qui passe par la construction d’une grande halle”, explique Emmanuelle Cuillery. La semaine prochaine, l’équipe de décoration se rendra à Moorea, pour les besoins de plusieurs scènes de rue, mais également d’intérieur.

     

    A.-C.B.

     

        Retrouvez dans notre édition du Vendredi 30 septembre 2016 :   

    • Réactions :
      – Isabelle Magos
      , chef peintre – “Mon rôle, c’est de faire du vieux avec du neuf”
      – Tristan Bivaud
      , chef constructeur – “C’était presque impossible d’éviter le bois d’importation” 
    • “Système D” : quand décorateur rime avec débrouillardise
    • Plus de photos des décors du film

     

     

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete