Les accès à la CPS sont rétablis, l’Huilerie de Tahiti en roue libre

    mercredi 8 avril 2015

    La situation s’était quelque peu débloquée hier à la CPS puisque l’accès au public était de nouveau possible à partir de midi.  La grève à l’Huilerie de Tahiti semble devoir se prolonger jusqu’au retour du directeur. En attendant, l’achat de coprah dans les îles est suspendu.  À la Presqu’île, c’est au tour des médecins de l’hôpital de Taravao de se mettre en grève aujourd’hui.

    Les conflits sociaux se succèdent mais ne se ressemblent pas. À EDT, les négociations sont toujours en cours pour éviter le dépôt d’un préavis de grève.
    Du côté de la Caisse de prévoyance sociale (CPS), les accès ont été rétablis pour le public et le travail a repris, même s’il demeure perturbé par l’absence de 40 % de salariés grévistes. Mais il n’en est pas de même à l’Huilerie de Tahiti, où près de 75 % du personnel est en grève depuis jeudi dernier. L’activité tourne donc au ralenti, et seuls les stocks existants partent du hangar de l’entreprise. Si la grève devait se prolonger au-delà d’une quinzaine de jours, l’activité de l’huilerie s’arrêtera, faute de stocks disponibles. Les négociations sont en attente du retour du directeur, actuellement en déplacement hors du territoire.
    Le préavis de grève porte sur 14 points qui, selon le syndicat CSTP/FO, avaient préalablement été discutés lors d’une rencontre avec la direction le 24 octobre dernier, “sans qu’aucune réponse ni proposition n’aient été formulées”.
    Pour Patrick Galenon, leader de la CSTP/FO à l’origine du préavis de grève, cette situation est la conséquence de discussions qui n’ont pas abouti : “Nous n’étions pas au courant de l’absence du directeur de l’Huilerie de Tahiti. Nous ne l’avons appris qu’à l’issue du préavis de grève, lorsque le directeur technique nous a avertis que le directeur général était en vacances et qu’il ne pouvait négocier à sa place. On nous a demandés de reporter le début de la grève au 23 avril mais cela nous a semblé impossible dans la mesure où les discussions avaient déjà eu lieu le 24 octobre sans qu’elles n’aboutissent.”
    Pour Patrick Galenon, dans ce conflit, “c’est au gouvernement de prendre ses responsabilités”, et de poursuivre : “Je ne sais pas si le gouvernement conçoit que des directeurs d’Épic (établissement public à caractère industriel et commercial, NDLR) puissent s’absenter alors que des négociations n’ont pas abouti.”

    “Des grévistes éloignés de la réalité” pour la direction

    Du côté de la direction de l’huilerie, on s’interroge sur le bien-fondé des revendications en période de crise économique : “Dans l’état où se trouve l’économie du Pays, avec des sacrifices réalisés par certaines entreprises pour conserver l’emploi, les revendications des grévistes de l’huilerie sont en décalage total avec la réalité économique. Aujourd’hui, l’Huilerie de Tahiti est dans une phase tendue et ces revendications ne font que compliquer la situation.”
    En ce qui concerne l’absence du directeur, le directeur technique de l’huilerie confirme que ce dernier “fait tout ce qu’il peut pour rentrer plus tôt, mais que tous les vols au départ de Los Angeles sont pleins”.
    En attendant, l’Huilerie de Tahiti a envoyé un courrier aux armements, aux coprahculteurs et aux maires des communes concernées par la production de coprah pour les avertir que celle-ci “suspendait provisoirement” les achats de coprah en attendant une solution au conflit. La situation dans les îles devrait donc devenir rapidement tendue car celles-ci ne disposent pas de suffisamment de hangars pour mettre la production de coprah à l’abri des intempéries. Le risque de voir les stocks dans les îles se retrouver rapidement impropres à la commercialisation est donc très important.

    Pascal Martin

    Lire plus sur les conflits sociaux dans La Dépêche de Tahiti de mercredi 8 avril ou au feuilletage numérique

    Huilerie de Tahiti – Les 14 revendications des salariés

    Les 14 points de revendication figurant sur le préavis de grève déposé par la CSTP/FO à l’Huilerie de Tahiti sont les suivants :
    – dans le cadre d’une évacuation sanitaire d’un salarié ou d’un membre de sa famille d’un salarié de l’entreprise (sic),
    – paiement des jours fériés,
    – maintien du paiement des heures de nuit de 23 à 7 heures et non jusqu’à 6 heures,
    – versement de la prime de mise à la retraite un mois par année d’ancienneté plafonné à 420 000 F,
    – versement d’une prime de 13e mois,
    – versement de la prime de pénibilité à forfaitairement 15 000 F,
    – reclassement du personnel à partir du mois d’avril et tous les deux ans,
    – revoir à la hausse les indemnités de départ à la retraite,
    – en cas de décès d’un salarié, on demande le versement d’une indemnité en tenant compte de l’ancienneté du salarié décédé,
    – retrait des caméras car elles sont installées face aux salariés, donc elles fonctionnent continuellement pour les surveiller,
    – annulation des sanctions non méritées,
    – paiement des heures supplémentaires effectuées les samedi, dimanche et jours fériés,
    – réorganisation de la direction technique,
    – respect des dispositions du code du travail relatif aux acomptes.

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete