Les apiculteurs demandent la tête de Riveta

    mardi 4 août 2015

    Le syndicat des apiculteurs de Polynésie appelle tout le secteur primaire à manifester samedi. Cette manifestation, née de l’opposition des apiculteurs aux nouvelles dispositions réglementaires prises par Frédéric Riveta, le ministre de l’Agriculture, a désormais un dessein bien plus grand : obtenir la démission de ce dernier. 
    “Dans chaque dossier, il y a un fond et une forme, explique Raiarii Crawford, président du syndicat des apiculteurs et instigateur du mouvement. 
    Dans le fond, ça concerne les abeilles, mais dans la forme, il y a un mépris des acteurs du secteur primaire en général. Il suffit de regarder en ce moment la vanille, l’ananas… 
    Il y a beaucoup de problèmes, et il y a des choses qui m’intéressent là-dedans parce que, en 2003 par exemple, c’est M. Riveta qui a lancé le programme Épic Vanille. Aujourd’hui, 12 ans et 2,4 milliards de francs après, ça porte les fruits que l’on connaît. 
    Donc c’était juste pour dire : ça suffit ! L’heure du bilan de 
    M. Riveta est arrivée. Nous ne voulons pas qu’il prenne des décisions dans d’autres filières dont on verra les effets négatifs dans dix ans. Lui ne sera plus là, mais nous, oui. Donc nous demandons à M. Riveta sa démission. Je pense que c’est la meilleure solution pour lui.”
    Les apiculteurs sont toujours remontés contre le fait que le ministre ait pris un arrêté sans les avoir consultés au préalable, “alors que nous sommes les premiers concernés”, poursuit le président du syndicat des apiculteurs. 
    “Ils prennent des arrêtés sans savoir les impacts réels que ça peut comporter. Dans l’arrêté, on parle du miel, mais il est également question du pollen. Et le pollen, ça peut contaminer les abeilles très vite. C’est comme ça que la loque est arrivée à Huahine. Donc, c’est tout simplement incroyable de faire comme s’il n’y avait pas d’acteurs responsables. 
    Pourquoi je dis responsable ? Parce qu’en 2012, on a fait un audit, qui a coûté de l’argent au Pays et aux apiculteurs. Des recommandations ont été faites et aujourd’hui, on fait comme si cet audit n’existait pas. 
    Donc, nous demandons à ce que les recommandations de cet audit soient mises en œuvre.”
    La “manifestation pour la valorisation du secteur primaire et de ses acteurs” a également d’autres revendications, comme “un audit du SDR (service du développement rural, NDLR), parce que les agents du SDR, eux, restent, pendant que les ministres tournent”. 
    “Ils rencontrent des experts et ils font comme si de rien n’était. Nous demandons aussi un audit de la chambre d’agriculture. Parce que la chambre d’agriculture et de pêche lagonnaire est aujourd’hui un outil qui ne fonctionne pas et qui ne permet pas d’aider les agriculteurs.”
    Cette manifestation était au départ une marche qui devait partir samedi matin du SDR, jusqu’à la place Tarahoi. 
    “Démarrer au SDR, c’était symbolique, pour mettre les projecteurs sur cette institution qui nous coûte plus de deux milliards par an et qui, force est de constater, ne remplit pas son rôle”, confie Raiarii Crawford. 
    Finalement, elle prendra la forme d’un événement avec musique et intervenants sur une scène installée place Tarahoi. 
    Des informations plus précises seront communiquées cette semaine via la page Facebook “Les apiculteurs polynésiens en colère”.  

    V.H.

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