Les Australes unies pour le rahui

    mercredi 6 avril 2016

    Présentée au gouvernement, le projet d’aire marine protégée aux Australes, Rahui Nui no Tuha’a pae, tente de convaincre.  Si elle voit le jour, cette réserve marine deviendrait la plus étendue au monde, avec plus de 1 million de km2.  Mais le Pays a, dans ses cartons, un projet “d’aire marine gérée”, qui devrait être présenté dans les 15 jours.

    “Les ressources halieutiques sont menacées sur l’ensemble du Pacifique à cause de la surpêche internationale, mais les eaux des îles Australes sont encore relativement épargnées, avec une pêche hauturière très limitée.”
    Tout le monde s’accorde là-dessus, scientifiques en tête, et la fondation Pew en a fait son cheval de bataille et milite, en totale harmonie avec la population de l’archipel, pour une réserve marine protégée, qui serait, si elle voit le jour, la plus grande au monde avec un million de km2.
    Une délégation de 20 représentants des Australes, composée d’élus, de pêcheurs, d’associations, de prestataires touristiques et d’enseignants, est arrivée lundi à Papeete pour présenter ce projet aux forces vives
    de Tahiti, mais également à
    la presse, hier matin, dans les jardins de Paofai et surtout, ce matin, à la CCISM, tout au long de la journée.
    Afin de maintenir cette préservation des poissons pour la population locale et pour les générations futures, les cinq communes des Australes, ont voté tour à tour, dès 2014, une délibération appelant à la création d’une grande réserve au large, au-delà des zones de pêche traditionnelle : le Rahui Nui no Tuha’a Pae.
    Et durant de longs mois, île par île, district par district, l’ensemble de la population, pêcheurs en tête, ont dessiné les contours, au propre comme au figuré de cette réserve marine protégée, divisée en deux zones distinctes.

    La plus grande aire marine protégée

    Enfin, dans un document (écologique bien sûr), la proposition a été détaillée et élaborée par les mairies des îles Australes, avec le soutien de la Fédération des associations de protection de l’environnement polynésienne (Fape) – avec le frère Maxime en qualité de témoin – et Pew Polynésie française.
    Ce Rahui Nui no Tuha’a pae a été soumis au gouvernement de la Polynésie française, le 15 mars, et est présenté à Tahiti, cette semaine, par cette délégation hétéroclite, mais exhaustive.
    La réserve marine proposée, si elle est approuvée par le gouvernement, pourrait constituer le plus grand sanctuaire marin du monde, “propageant ainsi la culture du rahui et le rayonnement des îles Australes, bien au-delà des frontières de l’archipel”.
    Oui, mais voilà. L’ensemble de la délégation, présente hier, se dit “déçue”, comme a pu notamment le préciser un des deux tavana présents, Fernand Tahiata, maire de Tubuai ou encore, Artigas Haitio, pêcheur et président du club de va’a de Rimatara.
    En effet, même si le “témoin” de la Fape, le frère Maxime a pu rencontrer – sans un représentant de l’archipel –, le ministre de l’Environnement, Heremoana Maamaatuaiahutapu, même si le président de l’assemblée, Marcel Tuihani, leur a accordé une audience, hier après-midi, les Tuha’a pae présents hier se plaignent de “ne pas être entendus, ni même reçus”, sauf par le CESC qui les accueillera, demain matin, avant d’avoir un rendez-vous, dans l’après-midi, avec l’Église protestante ma’ohi.

    À l’eau ? Ou pas ?

    “C’est notre projet”, ont clamé en chœur les hommes et femmes présentes hier avant de regretter, quasi à l’unanimité, que “c’est encore Tahiti qui décide”.
    Mais sans mauvais jeu de mot, la réserve marine protégée proposée risque de tomber à l’eau. Au mieux, de rester entre deux eaux pour le moment.
    En effet, selon le frère Maxime qui a commenté sa visite ministérielle, l’heure (gouvernementale) est plutôt à pas “d’aire marine gérée” sur l’ensemble de la Polynésie, qui centraliserait toutes les actions menées séparément dans les cinq archipels.
    Selon l’homme d’église, des propositions devraient être annoncées dans ce sens “dans les quinze jours qui viennent”, mais pour les partisans du projet Rahui Nui no Tuha’a pae, cette “aire marine gérée” n’est autre qu’un plan de gestion de l’espace maritime (PGEM) à l’échelle du Pays.
    Selon le “témoin” qui a participé aux multiples réunions sur place, le projet des Australes, une fois cette “aire marine gérée” mise en place, pourrait être greffé à cette dernière.
    Malheureusement, l’enthousiasme du frère Maxime n’est pas partagé par ses confrères réunis hier, qui semblaient plutôt voir couler leur “aire marine protégée”, happée par les hauts fonds des projets restés en gestation.
    Mais l’espoir fait vivre, les aires marines protégées aussi.

    Christophe Cozette

    Waiki 2016-04-06 19:14:00
    Il ne s'agit pas d'ici d'une Aire Marine Gérée, mais plutôt d'une Aire Marine Protégé....!! Je ne c'est pas pourquoi on n'utilise encore ce mot alors que, il y a eu une explication à cela, et que personne ne voulais changer cela...Donc ne jouons pas trop avec les mots.
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