Les Australiens sont de nouveau les bienvenus à Bougainville

    mardi 2 juin 2015

    La brouille diplomatique a pris fin : la Papouasie-Nouvelle-Guinée et l’Australie « ont trouvé un terrain d’entente », affirme le ministre papou des Affaires étrangères, Rimbink Pato. Il y a deux semaines, le pays avait fermé l’accès de la province autonome de Bougainville aux touristes australiens, en réaction à l’annonce de l’ouverture prochaine d’une mission diplomatique australienne à Buka. La province autonome est engagée dans un processus qui doit mener à la tenue d’un référendum d’autodétermination d’ici 2020. À Port-Moresby, certains ont donc estimé que l’Australie prenait de l’avance et pariait sur la victoire du camp pro-indépendance.
    Les rencontres diplomatiques se sont alors multipliées pour tenter d’apaiser les tensions. Un accord aurait finalement été trouvé entre le Premier ministre papou, Peter O’Neill, et la ministre australienne des Affaires étrangères, Julie Bishop, lors d’une rencontre au Japon. Les autorités papoues affirment que l’Australie a accepté de renoncer à ouvrir une mission diplomatique à Bougainville, ce que ne confirme pas Canberra.
    Quoiqu’il en soit, pour les habitants de la province autonome, c’est un soulagement. Bougainville a besoin du soutien de l’Australie, souligne l’ancienne ministre de la Santé de la province, Rose Pihei : « C’est dans l’intérêt des habitants de Bougainville, surtout avec le processus dans lequel on est engagé actuellement, le référendum d’autodétermination. Donc à Bougainville, on est très heureux que l’interdiction des touristes australiens ait été levée. Tout obstacle au référendum sur la destinée de Bougainville constituerait une menace, dans tous les sens du terme. »
    Le président sortant, John Momis, avait d’ailleurs appelé le gouvernement papou à revenir sur sa décision, en affirmant que cela constituait une violation de l’accord de paix, qui a donné son autonomie à Bougainville.
    Depuis, l’interdiction a donc été levée. Elle n’aura duré que deux semaines, sans avoir vraiment d’impact sur l’économie locale, témoigne Aloysius Laukai, journaliste à New Dawn radio : « Non, ça n’a pas eu beaucoup de répercussions. Si l’interdiction avait duré trois mois, ou six mois, là, cela aurait eu un impact. »
    La grande majorité des étrangers qui se rendent à Bougainville sont australiens, mais l’industrie du tourisme est encore petite dans cette région qui a connu des années de guerre civile.
    Par ailleurs, ces deux semaines d’interdiction ont coïncidé avec la tenue des élections à Bougainville. Aujourd’hui, le dépouillement des votes se poursuit. Pour le moment, le président sortant, John Momis, est largement en tête : il recueille plus de 20 000 voix, alors que son principal rival, Sam Kauona, n’en recueille que 4 000. Mais le dépouillement continue dans la moitié des bureaux de vote.  Les électeurs étaient aussi appelés à choisir leurs députés : 13 des 39 sièges ont été attribués, pour l’instant.
     
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