Les bombes passent à l’attaque

mardi 5 mai 2015

Pschiiiiiiit ! Alors que les invités du festival international du graffiti sont arrivés pendant le long week-end dernier, les stars du street art n’ont pas manqué, sur les chapeaux de buse, d’attaquer les murs qui leur ont été attribués, pour cette deuxième édition. 
Certains sont déjà venus l’année dernière et ont déjà changé la face de notre capitale ; d’autres, comme Seth, le Français, viennent pour la première fois, non sans enthousiasme, laisser leur patte et leur style. 
Seth, de son vrai prénom Julien, graffeur depuis 20 ans, tague sur le mur de la résidence Papeete Iti, face au complexe sportif de Papeete, sur le terrain Temana Import, souvent investi d’engins de chantier. 
Accompagné dans sa tâche par HTJ, artiste et graphiste-graffeur bien connu au fenua, il réalise une splendide vahine, drapée d’un tifaifai, qui pourrait sembler d’inspiration Matisse, aux couleurs prédominantes rouge et blanche. 
Pour l’instant, “coincée” dans son smartphone, elle ne demande qu’à exploser, d’ici quelques jours, sur ce mur de près de 300m2, situé entre deux écoles, qui donne sur la rue Dumont d’Urville. 
Cette dernière pourrait d’ailleurs devenir le boulevard du graffiti car ce n’est pas moins de cinq fresques géantes (sur huit prévues) qui y seront réalisées dans les prochains jours, entre l’imprimerie officielle et le pont de l’est. 
Des murs de cette taille, Seth en a fait 4-5 maximum dans sa vie. Il a fait beaucoup de recherches sur Internet pour trouver son inspiration polynésienne. 
“J’aime garder et transformer les traditions culturelles”, a avoué l’artiste, entre deux coups de rouleau. “Il est important que chaque pays garde un peu de ses spécificités, on est envahi par la mondialisation. Je reviens de Chine, on voit des Starbuck Coffee partout, dans un pays où on boit du thé. Avec un mur, cela reste, tout le monde va passer devant, cela reste vivant.” 
Il arrive de Chine, où il vient de réaliser 15 murs, notamment en campagne. “Il est important que le mur ait une âme”, avoue celui qui aime jouer également avec l’architecture, si possible sur des murs délabrés. 

Les tagueurs ne passent pas inaperçus

À un pâté de maison de là, c’est le Brésilien Kobra qui “installe” ses visages sur un des murs du lycée La Mennais. 
Encore avant, derrière le conseil économique, social et culturel (CESC), la paire Soten-Kems se colle à la façade triste de l’imprimerie officielle qui déjà brille de mille feux. 
À pied ou à vélo, les passants n’ont pas manqué de regarder ces virtuoses de la bombe de peinture. 
Au total, ce sont huit nouvelles fresques géantes qui vont être peintes cette année, rejoignant ainsi les 10 premières bombées en 2014 (que vous pouvez retrouver sur notre carte interactive, sur notre site Internet). 
C’est aujourd’hui que le spectacle commence. En effet, dès neuf heures ce matin, les 
30 graffeurs en compétition officielle, dont cinq artistes du fenua, se livreront dans une battle tout le long du mur du stade de la Fautaua, repeint en blanc pour l’occasion. 
Le thème pour cette première journée de compétition tourne autour de mots polynésiens, une façon d’allier tradition et modernité, en quelque sorte. Trente mots seront choisis, puis sublimer par des artistes du monde entier. 
Mercredi, c’est l’école Sainte-Thérèse qui passera sous les bombes des compétiteurs, avant que ceux-ci se départagent, jeudi et vendredi. Les dix meilleurs participeront à la grande finale prévue samedi. 
Ils tenteront de remporter le 1er prix, 10 000 $, soit environ un million de francs.  

Christophe Cozette

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