Les bûcherons taillent à tout va

    mercredi 4 novembre 2015

    En ce moment, ça bûche. Saison cyclonique à tendance El Niño sévère oblige, les bûcherons professionnels et autre élagueurs en tout genre, ainsi que les services communaux, ne chôment pas. 
    Les uns interviennent à tour de bras et de tronçonneuse chez les particuliers ou les privés, comme les hôtels par exemple, les autres, du moins pour les mairies qui disposent d’un service dédié comme à Pirae, s’occupent principalement du domaine public, mais tous s’activent pour éviter d’éventuels dégâts en cas de cyclone.
    “Je suis débordé en ce moment avec la saison cyclonique, je suis actuellement dans les hôtels pour du décocotage et de l’abattage”, assure Gustave Pouira, élagueur professionnel depuis 2011 après une formation reçue au centre de formation professionnelle et de promotion agricole (CFPPA) de Moorea. 
    Même planning overbooké, même formation pour Moana Huteau, patenté depuis quatre ans. 
    “En ce moment, je suis full jusqu’à la fin du mois, je suis surbooké, je suis obligé de refuser des chantiers”, a-t-il confié au téléphone, entre deux coupes, car son vini est bien évidemment éteint lorsqu’il se trouve à parfois plus de dix mètres du sol, harnaché dans sa tenue de sécurité. 
    “Il y a plein de demandes, les gens sont dans la prévention en ce moment”, précise Moana Huteau. Ce dernier travaille à Tahiti, Moorea, et souvent à Raiatea, alors que Gustave Pouira exerce le plus souvent dans les communes de Punnauia et Paea, qui ne possèdent pas de services communaux spécifiques (seules Papeete, Pirae et Punaauia en ont un). 

    Plus de dix professionnels formés

    Les deux font partie de la grosse dizaine de professionnels formés qui exercent à Tahiti. Il en existe également dans les îles Sous-le-Vent, tous étant passés par le CFFPA, qui fait partie du domaine agricole de Opunohu, avec le lycée professionnel agricole. 
    Le CFFPA a formé depuis trois ans entre 25 et 30 bûcherons professionnels, notamment grâce à la venue de professionnels de métropole qui, chaque année, mettent aussi à niveau les “anciens”, devenus aide-formateurs à leur tour, comme Moana Huteau. Tous n’exercent pas forcément aujourd’hui cette activité mais ceux qui en ont fait leur gagne-pain gagnent bien leur vie en ce moment. 
    Le Sefi reprendra très certainement à son compte une formation l’année prochaine mais ces dernières devraient s’arrêter néanmoins, afin de ne pas former trop de professionnels et de saturer l’offre dans les années à venir. Si vous n’avez pas encore pris vos précautions, sachez qu’il n’est pas possible de donner un tarif pour l’élagage ou l’abattage d’un arbre par téléphone. En effet, chaque situation est différente, le prix est calculé en fonction du volume de l’arbre, de sa situation (proximité avec une habitation ou des réseaux), son accessibilité (terrain accidenté ou encombré) et aussi suivant l’évacuation ou non des rémanents (branches et bois). Les professionnels, à l’instar de ceux que nous avons interviewés, se déplaceront systématiquement avant d’intervenir afin d’évaluer le coût du chantier. 
    Et dans un chantier de ce type, couper, c’est bien, mais nettoyer, c’est mieux, mais cela a également un coût, d’autant plus que les volumes de déchets verts engendrés sont également exceptionnels, à l’aube de cette saison cyclonique. 
    En effet, le convoyage ou le broyage des déchets sont payés par la commune, a assuré la mairie de Pirae. “Nous avons acquis une broyeuse mais nous essayons de sensibiliser les habitants car cela a un coût pour la commune”, a confié Charles Richart, directeur adjoint général des services de la commune.

    Redistribution gratuite des déchets aux particuliers

    “Les gros troncs et les déchets broyés peuvent être laissés sur place. Quoi qu’il en soit, le tarif communal comprend l’intervention ainsi que la destruction des déchets verts, ces derniers pouvant être également ramenés sur un terrain de la ville, pour être ensuite redistribués gratuitement aux particuliers pour en faire de l’engrais, par exemple.”
    “En ce moment, on en a des montagnes, à savoir bien plus de 100 m3, juste pour le mois dernier”, a renchéri Moea Maamaatuaiahutapu, sa collègue, chef du service cadre de vie à Pirae. “On demande aux administrés de nous prévenir avant de couper leurs arbres avec un prestataire privé, qui n’assure pas forcément le convoyage des déchets. La réglementation est de 1 m3 par semaine, par habitation. Aujourd’hui, face à une situation exceptionnelle, on se retrouve avec des volumes considérables. Nous les mettons ensuite en relation avec des prestataires qui peuvent les collecter et traiter leurs déchets verts. On trouve toujours une solution”, assure la chef de service. 
    En ce moment, c’est un peu la psychose, les gens demandent d’intervenir sur des arbres qui ne nécessitent aucune intervention car ils ne représentent aucun danger, ont assuré divers services ainsi que des professionnels. Néanmoins, ne laissez pas pousser trop longtemps vos falcata, ce sont les arbres les plus pénibles à élaguer, et prenez votre mal en patience, les bûcherons ne connaissent pas la crise. 

    Christophe Cozette

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